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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 11:52


Il y avait du monde dans les rues de la planète, ce dimanche 11 janvier. Il y avait des larmes, des rires aussi, de la révolte, de l’espoir, des minutes de silence faisant face à des années de chagrin à venir, des Marseillaises dont les paroles restent en travers de la gorge, et ce n’est pas à cause de l’émotion qui peut vous étreindre, mais plutôt en raison de l’évocation d’un sang impur qui pourrait abreuver nos sillons…

Mais le plus important, dimanche, c'était de répondre à peu près de la même manière à deux questions : oui à la liberté d'expression, non à la violence du terrorisme. Et ces réponses nous ont paru plus importantes que la question de savoir QUI répondait et quelles étaient les motivations de l'autre, à côté de moi, qui répondait de la même manière. Les absents ont eu tort, même si on est loin de regretter certaines de ces absences.

Il ne faut cependant pas être dupe de toutes les équivoques qui sont masquées par la couleur unie de la façade. La crise économique, l'abandon des banlieues depuis 50 ans, la politique de l'autruche menée par tous les gouvernements avec notre entière complicité, nous, les électeurs, font que les causes du racisme et de l'exclusion vont perdurer bien après le 11 janvier 2015. Le propos délibérément xénophobe de Le Pen-père et non remis en cause par sa fille vient nous rappeler que le racisme et la xénophobie veulent leur place dans l’espace politique. « Je ne suis pas Charlie, je suis plutôt Charlie Martel, si vous voyez ce que je veux dire… » n’est pas un trait d’humour « Charlie », comme le prétend sa poupée Barbie de nièce, mais un message destiné à tous ceux qui se plaisent à amalgamer l’islamiste, le musulman, l’arabe, même s’il a depuis longtemps la citoyenneté française.

Bien sûr, nous, nous ne sommes pas en responsabilité de la gestion du pays, c’est le rôle du personnel politique ; mais comme le dit très justement un ami, puisque nous ne gouvernons pas le pays, gouvernons au moins notre quotidien, là où l'on peut servir à quelque chose, chacun à sa place et selon ses talents.

Et puis Dieudonné, punissons le par le silence, c'est la pire des sentences pour un bateleur. N'en faisons pas un martyre puisqu'il ne le vaut pas.

Un dernier pour la route : la laïcité est une valeur fondamentale pour pouvoir vivre comme citoyen de la république. Mais la laïcité à sens unique ou à géométrie variable, c'est le cache-sexe de l'intolérance. Je dis ça pour tous les coincés du culte qui utilisent la religion pour instaurer ou préserver un ordre moral ou politique, et qui, tôt ou tard, de la période de l'Inquisition jusqu'à celle de l'Etat Islamique, remplit les fosses communes, de la Saint Barthélémy ou du Nigeria aujourd'hui.

dr

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Published by lahune - dans politique
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Michel Lachartre 15/01/2015 14:01

Le crime n'a pas de religion. Et parler de laïcité à des criminels, c'est comme parler de vertu à un dépravé. Prenons les salauds pour ce qu'il sont, et accordons aux dieux et aux prophètes de rester hors du débat.

carole 13/01/2015 21:34

à quand une colonne de LaHune dans un "grand" média ? Cet article le mériterait en tous cas !

Flury 13/01/2015 13:21

Rien à ajouter, la laïcité, c'est aussi le respect des religions, aux religions de respecter la laïcité, juste équilibre!

Pichon Loïc 13/01/2015 12:29

excellente analyse

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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