Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:31

Ton père, feu Hara Kiri Hebdo est mort le 17 novembre 1970, interdit de séjour en France suite à son titre «Bal tragique à Colombey, 1 mort »…

En ce 7 janvier 2015, des assassins totalement étanches à l’humour et à la liberté ont voulu te tuer définitivement avec leurs balles tragiques rue Richard Lenoir. Ils nous ont laissé des larmes de plomb mais notre amour de la liberté n’a pas été touché et s’en sort grandi.

Toi et tous tes copains, vous aviez le dessin impertinent mais le trait immensément pertinent. Vous avez appris à des générations entières à rire d’abord, mais aussi à penser aussitôt après.

Mon beauf, ta vulgarité, ton bling-bling, ton racisme ordinaire nous faisaient rire, nous qui pensions que nous n’étions pas ce beauf… mais ton immense talent, c’était de nous amener à réfléchir après sur cette part d’ombre que nous avons tous en nous, d’intolérance, d’esbroufe, de certitudes… Notre propre humanité s’esquissait alors dans ce jeu d’ombres et de lumières.

Vous tous, vous nous avez aidé à comprendre que la vie est plus importante que les croyances et que la simple humanité est de loin préférable à la sainteté.

Nous faire rire d’abord, comme la bouffée d’oxygène préalable à toute vie ; nous amener à réfléchir en même temps, pour devenir conscience, et passer ainsi de la vie à l’existence.

Bien sûr, mon beauf, il va nous rester de vous tous des images, des rires, de saines colères ; mais il faudra bien qu’après vous, d’autres crayons se lèvent, d’autres voix se mettent à tonner, d’autres insolences viennent rabattre le caquet des pseudo-maitres de la pensée, de l’ordre social et de la morale. Il faudra bien que d’autres continuent à ouvrir en grand nos fenêtres sur le monde, nous fassent respirer à plein poumons les parfums de la tolérance, pour nous faire oublier les immondes flatulences des assassins de liberté, des cultes serrés de toutes confessions qui ont l’irrespect de parler au nom d’un Dieu qui n’appartient à personne.

Parce que, si cela n’était, comme le disait si bien Françoise Xénakis, « les autres (en l’occurrence, nous), ceux qui suivent les cortèges, conscience en berne, auraient encore plus de difficulté à vivre ».

dr
 

Partager cet article

Repost 0
Published by lahune - dans politique
commenter cet article

commentaires

Le Galès Benjamin 22/01/2015 11:48

Chapeau à toi Dominique et merci pour ce superbe article!... On ne voit bien qu'avec le coeur! Ta formulation est juste et talentueuse. Quel noble et beau métier que celui d'aider à comprendre. Je salue l'expert en la matière que tu es devenu. Bien à toi

dominique 23/01/2015 12:07

merci Benjamin; à bientôt j'espère autour d'une table! amitiés

Pichon 09/01/2015 16:45

excellent

Elvire Grimaud 08/01/2015 22:08

Formidable article....
Merci.

carole 08/01/2015 11:07

Bonjour Dominique, bravo pour ces toujours bons articles, ne pouvez-vous pas rajouter un bouton pour partager sur Facebook ?

ML 08/01/2015 20:08

Même chose pour twitter STP

carole 08/01/2015 12:28

Merci....

dominique 08/01/2015 11:42

bonjour Carole, il y a un bouton facebook en haut à gauche, le " F " blanc. A bientôt

Présentation

  • : LA HUNE
  • LA HUNE
  • : humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
  • Contact

Profil

  • lahune

Abonnement

Abonnez vous en cliquant sur l'espace "Abonnement" situé en bas à droite

Faites connaître à voscontacts et invitez les à nous rejoindre

Recherche

La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

Catégories

Les Copains D'abord