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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 13:27

Ils sont fous ces wallons !

Et Jaco van Dormael peut prétendre à la couronne impériale des dingues d'Outre-quiévrain , n'en déplaise à Bouli Lanners, autre réalisateur belge bien déjanté lui aussi. (voir Eldorado si ce n'est pas déjà fait - la bande annonce ici : https://www.youtube.com/watch?v=gR_FL4n0tmM

Dieu, tabou ? Même pas peur ! Il faut dire que Jaco s'était déjà attaqué à un autre tabou, il y a presque 20 ans, avec Le huitième jour, dont les héros étaient Pascal Duquenne, un jeune comédien trisomique, et Daniel Auteuil. Résultat : prix d'interprétation masculine à Cannes, attribué aux deux.

Mais, et Dieu dans tout ça ? On y arrive !

Il est grognon le Créateur ! Bougon, colérique, n'accepte pas la moindre contradiction. Il prévoit tout, édicte des lois, comme celle bien connue selon laquelle la tartine de confiture tombe toujours par terre du côté où l'on a mis la confiture. Et cette autre selon laquelle, aux caisses du supermarché, c'est toujours la file d'à côté qui avance le plus vite.

Dieu est un jouisseur cruel ! Pourtant, Il est marié, Dieu, et Il a une fille, Ea, Elle en latin, car la sœur de J.C. Oui, J.C. , comme Van Damme, un autre belge déjanté. Pour de bon celui-ci !

Juché en haut de l'armoire, J.C regarde en pantocrator, et conseille sa frelotte. Alors Ea, cette petite peste qui ne supporte plus les crises de Son Glorieux Papounet, va lui jouer un bon tour : elle va balancer sur la toile les dates de décès de tout un chacun. Et tout un chacun de recevoir sur son ordinateur ou sur son smartphone la nouvelle du jour et de l'heure de sa mort.

Vous rigolez ? Eh bien réfléchissez un peu si ça vous arrivait…

A ce moment du film, trois jeunes enghiennois, que je soupçonne d'être aussi un tantinet catho-traditionalistes, se sont levés, et ont quitté la salle. Manifestement, ce n'étaient pas des enghiennois de la banlieue de Bruxelles !

Jaco ! qu'est-ce que c'est que ces façons de détourner le Livre ? Tu veux qu'on t'envoie un commando d'enfants de chœur de St Nicolas du Chardonnet armés de crucifix à eau bénite ? Popopop ! Doucement les basses, que s'exclame Jacques Deray, tout aussi iconoclaste en 1970. Nous allons connaître l'heure exacte de notre mort, très bien, qu'allons-nous faire du temps qui nous reste à vivre ?…

Petit moment de philosophie :

-Allo Epicure, c'est Kévin.

- Oui, c'est pour quoi ?

- Que pensez-vous de la mort ?

- "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation. Or, la mort est la privation complète de cette dernière…[tu me suis Kévin ?]. Ainsi, celui des maux qui fait le plus frémir n'est rien pour nous, puisque tant que nous existons, la mort n'est pas, et que la mort est là où nous ne sommes plus."

Et Kevin saute de joie…du 15ème étage. Même pas mal ! Ce n'était pas son heure. Et ainsi de suite…

Immergez cette idée fumeuse dans un océan de poésie, sur lequel Ea et ses apôtres naviguent avec un humour sans moquerie, et vous vous surprendrez à éclater de rire plus d'une fois…ou à réfléchir. Le belgo-déjantissime Benoît Poelvoorde en fait des tonnes, mais quand on est Dieu, bougon, irascible au possible, on peut tout se permettre, même jurer en Son propre nom.

Yolande Moreau, ex-Melle Deschien, est une Madame Dieu, bonne épouse et bonne mère, qui, en bonne ménagère, remettra un peu d'ordre dans tout ça.

Pili Groyne, est la petite peste, belge aussi, mais épatante, qui fait rien qu'à embêter Son Papa.

François Damiens, prince de Déjanterie, fait évidemment partie du casting, en tueur fou et maladroit.

Et Catherine Deneuve, qui a du abuser de la bière belge, et tout laisse à penser que ce soit la Mort subite brassée à 15°, nous refait le coup de Max, mon amour, film culte de toute zoophile patentée.

Et aussi Serge Larivière (belge et obsédé sexuel), Marco Lorenzini (parce que les belges acceptent aussi les luxembourgeois et les tickets restaurant), Laura Verlinden (belge et jolie), et d'autres encore, une fois. Que dire d'autre ? Que, comme beaucoup d'autres, cette histoire belge est plus fine qu'il n'y parait à première vue, et que, par conséquent, bienheureux les abonnés aux chaînes à péage qui pourront voir et revoir ce petit chef-d'œuvre d'onirisme pas bien sérieux teinté de surréalisme.

Mais allez au cinéma ! C'est beaucoup mieux.

ML

la bande annonce ici : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19555274&cfilm=222641.html

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Published by lahune - dans Culture
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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