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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:35

Ah la li la la, ah la li, hallali, hallali chantent d’une même voix, frondeurs du PS, Mélenchonistes de toutes origines et écolos sans perspective quant à l’avenir de la gauche de gouvernement, et cela, singulièrement plus fort depuis la démission de Christine Taubira !

Rendons cette justice à l’ex ministre du même nom, sa personnalité, sa force de caractère et son action au Ministère toujours du même nom laisseront une empreinte durable sur le quinquennat. L’Histoire retiendra qu’elle aura contribué à faire évoluer notre société vers plus de tolérance alors même que ses détracteurs faisaient, eux, assaut d’intolérance, voire de racisme à son endroit.

Pour autant, Christine Taubira ne pouvait demeurer au sein du gouvernement en continuant à jouer les électrons libres, même s’il s’agissait en l’occurrence d’une liberté assez conditionnelle vis-à-vis du Président. On ne peut prétendre à l’exercice d’un ministère en s’affranchissant comme elle le faisait régulièrement, des règles de solidarité et de cohérence de l’équipe dirigeante et cette règle a cours dans toute institution.

Quoi qu’il en soit, ce départ fragilise encore un peu plus un exécutif dont on peut réellement craindre qu’il soit durant l’année 2016, plus attaché à la préparation de la campagne de 2017 qu’à la gestion des préoccupations qui rendent la vie insupportable à des cohortes de chômeurs ou de mal logés. On n’aura pas ici la naïveté de penser que les frondeurs, l’extrême-gauche, l’extrême-droite ou les répus ont la moindre solution crédible à la crise, mais c’est bien pour cela qu’à gauche, un débat d’idées est le moins que l’on puisse attendre pour affronter l’avenir. L’organisation de primaires à gauche va dans ce sens et même si on doit considérer qu’à l’évidence, un président en exercice a d’autres priorités que de s’investir dans un combat interne pour se succéder éventuellement à lui-même, on doit admettre avec la même évidence que faute de débats au sein de la gauche de gouvernement, les électeurs sont pris en otage dans l’attente de la décision du « candidat naturel » de faire le choix de se représenter ou non. Et dans l’affirmative, où pourra se situer le débat ? Et si une majorité de Français souhaite qu’il existe un jour un véritable contrat de gouvernement entre des formations politiques de sensibilités différentes, sur quelles options se fera le compromis indispensable ? On ne saurait réduire l’exercice démocratique au dépôt d’un bulletin dans l’urne à chaque nouveau quinquennat.

Christine Taubira nous laisse en partant une jolie image du « casque et la plume » ; le casque qu’elle a mis en enfourchant sa bicyclette en quittant son Ministère, la plume, le livre qu’elle a écrit ces dernières semaines et qui vient de sortir…

Et à propos de livre…

Casses toi, pauv’ confessé !

La littérature classique nous avait gratifié des confessions de Jean-Jacques Rousseau et il faut avouer que depuis quelques temps, on ne compte plus le nombre de responsables politiques devenus adeptes de l’écriture. Notre bibliothèque rose s’est enrichie d’un ouvrage de Cambadélis tiré à 600 exemplaires, un triomphe ! La bibliothèque verte n’a pas hésité à propulser celui de Cécile Duflot en tête des flops littéraires de l’année 2015. Quant à la bibliothèque bleue, elle a connu plus de succès avec les productions de François Fillon et d’Alain Juppé, ce qui a dû susciter un peu de jalousie confraternelle du grand écrivain que semble être devenu le lecteur assidu de la princesse de Clèves, à savoir, Nicolas Sarkozy.

« La France pour la vie », puisque tel est le titre du livre commis par l’ancien Président, se veut être le socle non pas d’une nouvelle philosophie politique, mais de la énième  stratégie de reconquête d’une image positive dans l’opinion, pour celui dont quoi qu’il en écrive, reste obsédé par la reconquête du pouvoir présidentiel. Et pour se forger une nouvelle image, rien de tel qu’une bonne confession des erreurs passées, un zeste de fausse humilité, une réécriture de l’histoire du quinquennat précédent comportant erreurs et amnésies, bref, « j’ai changé » puisque je vous le dis! Nicolas Sarkozy s’emploie à « confesser » des fautes vénielles pour mieux taire ses péchés mortels, voulant ainsi s’éviter tout jugement critique de la part de ses fidèles sur le fond de son action à l’Elysée.

Tout cela préjuge de la guerre impitoyable qu’ont commencé à se livrer les postulants à la primaire de la droite ; Pour l’heure, c’est la bataille des mots, des livres, des tirages ; demain, les livres deviendront des pavés, les plumes deviendront fleurets non mouchetés, les porte-plume se transformeront en porte-flingues et les tirages d’éditions seront moins nombreux que les tirages de maillots. Tout ça sous l’œil impitoyable des Thénardier de la politique que sont Le Pen père, fille er poupée Barbie, attendant comme des crocodiles l’heure de se repaitre des restes du combat.

Le présent et l’avenir de la France méritent pourtant mieux que des regards de droite ou de gauche braqués seulement sur la date d’une élection. Les Français mériteraient des responsables politiques soucieux de l’intérêt général plus que de leur boutique électorale, des projets plus que des promesses. Le partage des idées donne l’envie de cheminer ensemble alors que les tactiques politiciennes n’aboutissent souvent qu’à l’impasse dans laquelle vieillit le Président.

Solitaire.

dr

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Published by lahune - dans politique
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Michel Lachartre 02/02/2016 19:04

Simple petite remarque de forme sur l'intertitre : ne devrait-on pas, depuis le 6 mai 2012, écrire "casse-toi pauv' con... fessé". Car il en a pris une , non ?

Le Galès Benjamin 09/02/2016 16:52

Très bien vu Michel.....je souscris.... et...."bel article Dominique!...merci"

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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