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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:24

Acte 1 : Emboitant le pas de Maggie Thatcher (cf. Union européenne: Les épisodes précédents) , Roméo Cameron vitupère et trépigne pour obtenir de meilleures conditions pour la participation de sa famille à la Société Capulet. Et les obtient.

Acte 2 : Adoptant un jeu de schizophrénie ou d'hypocrisie mal préparé, Roméo Montaigu-Cameron décide de demander à sa famille si, ces conditions ayant été obtenues de haute lutte, il convient de bannir quand même les Capulet du royaume.

Acte 3 : Roméo, initiateur du référendum, fait campagne pour que la famille réponde "non" à la question qu'il a décidé de poser.

Didascalie : Le chœur antique s'interroge sur la santé mentale de Roméo : "Roméo demande à ses frères s'ils veulent brûler en place publique Juliette qu'il vient de violenter, en espérant qu'ils disent non" .

Acte 4 : les partisans du "Remain" (on continue à s'aimer et à les entourlouper) et ceux du "Leave" (on ne veut pas d'étrangers chez nous) s'affrontent pendant des mois.

Acte 5 : les Montaigu trahissent Roméo et condamnent Juliette à l'exil. Les Capulet sont frappés de stupeur et la tristesse les envahit.

Didascalie : notre correspondant à Colombey-les-deux-Eglises nous informe qu'on aurait perçu, au cœur du cimetière local, des bruits d'ossements manifestant leur satisfaction par d'intenses bravos en cliquetis.

Que William nous pardonne cette liberté bien franchouillarde qu'on s'est autorisée, en pompant dans son encrier, pour écrire que rien ne va plus au royaume de Vérone.

En adoptant un ton résolument plus citoyen, et considérant les dégâts causés au décor, on pourrait se poser la question : "Qu'est-ce qu'un homme d'Etat ?".

En répondant à cette question avec la verve qu'on se connait, on pourrait répondre, ayant scruter l'horizon de notre village gaulois : " Nous n'avons pas ça en magasin !"

So what ? Nos british partners pourraient-ils nous proposer one example, please ?

Pas mieux lotie la perfide Albion !

En effet, qu'est-ce que c'est que ce petit Prime Minister de Sa Majesté, qui se lamente de voir la grange brûler, à cause du pétard qu'il a lui-même allumé ?

Et qu'est-ce que c'est que ce même minuscule futur-ex Prime Minister qui refuse d'appeler lui-même les assurances, et laisse cette pénible tâche à un hypothétique successeur de sa propre famille, en octobre, quand celle-ci passera devant le notaire pour régler l'héritage ?

"En attendant, dit-il, on va circonscrire les flammes, et business as usual."

Ça redonne un peu de lustre relatif à notre chef gaulois qui n'a pas toujours étincelé dans sa position de décideur…

Outre-Rhin, d'aucuns, conseillers de la reine des Teutons, sont bien décidés à envoyer balader Roméo sur les rives de son Styx, pour l'aider à trouver le chemin de l'Enfer qu'il a lui-même fait naître.

"Ils sont IN ou ils sont OUT, et s'ils sont OUT, c'est tout de suite-maintenant" (cf Wolfgang Schäuble "Deutschland über alles" et son précédent ouvrage "Tous les Grecs peuvent crever ").

Et nous, placés dans nos fauteuils d'orchestre, au balcon, ou sur nos strapontins, que pouvons-nous penser cette tragi-comédie bidouillée à l'emporte-pièce ?

Les constats:

Une Europe mal aimée.

Rappel : Séduite par Zeus ayant pris les traits d'un taureau blanc (Albion, Albion…), elle fut cédée par celui-ci, après qu'il l'eût connue bibliquement, au roi de Crète Astérion. Voyons les causes de ce désamour…

1/ Une démocratie bancale où tout se décide à Bruxelles (où siège la Commission européenne, non élue, mais nommée par les Chefs d'Etat après maintes et obscures négociations), plutôt qu'à Strasbourg (où siègent les députés élus par les peuples des 28 - maintenant 27 - états membres), sous l'œil de lynx de Francfort, siège de la Banque Centrale Européenne, qui veille au grain (de blé). Le Parlement européen est donc une assemblée sous tutelle.

2/ C'est cette Commission non élue qui a l'exclusivité de l'initiative législative, et pas le Parlement qui ne peut que voter, ou refuser de voter, ce que lui propose la Commission.

3/ Une famille unie au sein de laquelle les mauvais garçons (Luxembourg, Belgique, UK,…) n'hésitent pas, grâce à des appâts fiscaux, à faire venir dans leurs hôtels les entreprises nomades de la sphère du profit à court terme.

4/ Une famille unie autour d'un objectif originel de paix et d'humanité que d'autres mauvais garçons (Hongrie notamment) foulent aux pieds dans leur politique nationale.

5/ Une famille unie au sein de laquelle des enfants adoptés ont menti sur leur extrait de compte (la Grèce de l'époque) avec l'aide du plus gros trafiquant de fausse monnaie (la banque américaine Goldman Sachs).

6/ Une famille unie au sein de laquelle personne n'est d'accord pour inviter à sa table, fût-ce le temps d'un souper, les pauvres venus d'ailleurs.

Bref une Europe qui n'a pas bonne mine sur sa photo d'identité.

Conséquences possibles:

On a très envie de se réjouir :

"Les rosbeefs partis, on n'aura plus besoin de tenir compte de leur avis".

"La City va perdre son rang de première place financière en Europe".

"L'Allemagne sera plus isolée pour imposer à la famille sa traditionnelle austérité".

"Les américains perdent un allié naturel au sein de l'Europe"…

Mais on peut aussi avoir des craintes :

"Un oncle fortuné qui s'en va, ça affaiblit toute la famille".

"Les anglais vont se réfugier dans les bras des américains et leurs exportations de mouton sentiront l'eau de Javel" .

"Les cousins de l'Est pourraient avoir envie de se rapprocher de l'oncle Vladimir"…

On peut tout dire en somme.

Ce qui est sûr c'est que le divorce va durer au moins deux ans (Article 50 du traité de Lisbonne) mais peut-être plus, puisque les termes en seront négociés.

Ce qu'on peut craindre, c'est que les termes de ce divorce n'apportent de permanentes dissensions au sein des 27 restant.

Ce qui est probable, et ils ont déjà commencé, c'est que les partis populistes et majoritairement d'extrême-droite, profitent de cette confusion pour jeter de l'huile sur le feu allumé par Roméo, et pour demander qu'on brûle les Capulet, et que chacun retourne chez soi, bien enfermé entre ses quatre murs.

Exit la belle idée d'après-guerre d'une Europe de paix et de coopération .

Exit la liberté de circulation des personnes... Pour les capitaux, on peut leur faire confiance, ce sera toujours plus facile.

Exit le métissage de nos populations.

Exit le rêve.

Conclusion :

En fait Roméo n'a jamais aimé Juliette que dans le costume fermière qu'il lui faisait enfiler le samedi soir pour mieux la trousser. Et puis il allait rendre ses hommages à la vache Marguerite. Le beurre, l'argent du beurre, la fermière et la vache…

Roméo… l'élégance… le fairplay…l'Histoire…

Et Shakespeare dans tout ça ?

ML

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Published by lahune - dans politique
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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