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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 09:49

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas d’où Fillon venait ni où il voulait nous entrainer. Les sympathies qu’il manifeste à l’égard de Poutine ne font plus de doute, à l’heure où les avions russes déversent des tapis de bombes sur Alep, Fillon rejoignant ainsi les positions de Mélenchon et Le Pen. L’autoritarisme et l’opportunisme sont indiscutablement de véritables valeurs communes pour ces trois postulants qui rêvent de gouverner la France comme le maître du Kremlin, avec  le sens aigu de la démocratie qu’on lui connait. Fillon professe une admiration indéniable pour les régimes autoritaires. Il le traduit dans ses options en matière de politique internationale où il voudrait incarner la rigueur, alors que dans ce domaine comme dans d’autres, il n’est que rigide.

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas d’où Fillon venait ni où il voulait nous entrainer. Le retour aux valeurs traditionnelles qui fleuraient bon la bourgeoisie provinciale des années 30, s’accompagne de la tartufferie consistant à claironner que ses valeurs personnelles sont incompatibles avec l’IVG… mais qu’en qualité de responsable politique, il ne s’y est jamais opposé ! Hypocrisie de pharisien de province pourrait-on écrire, pour ce candidat qui étale ses « valeurs » personnelles pour siphonner les voies de l’extrême-droite et de la manif pour tous mais qui voudrait faire croire que ces valeurs n’interfèrent pas ses options politiques ! De qui se moque-t-il ? S’il s’agit de valeurs personnelles, il n’a pas à en faire état dans une campagne politique mais ne soyons pas naïfs, dans ses élans de foi profonde, Fillon n’oublie certainement pas d’accomplir ses dévotions envers sainte Nitouche…

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas d’où Fillon venait ni où il voulait nous entrainer. Il n’y a qu’un pas de la manif pour tous à la famine pour tous… Le candidat de la droite sévère persévère dans une vision archaïque de l’économie et du social et son programme de réduction des charges des entreprises ne saurait être financé par la réduction des charges de l’Etat qui serait rendue possible par une diminution drastique du nombre de fonctionnaires ou la suppression de certains services publics. Bien entendu, on concédera sans difficulté que certaines activités découlant de missions de service public peuvent parfaitement être concédées au secteur privé, sans être exercées par un personnel fonctionnaire et tout en demeurant missions de service public. C’est le cas des services de nettoyage urbain par exemple mais il n’en demeure pas moins que même quand cette activité est concédée au secteur privé, il faut bien que les communes la payent ! On peut ainsi diminuer le nombre de fonctionnaires sans diminuer substantiellement la dépense publique. Quant à dire que Fillon pourrait augmenter le temps de travail des fonctionnaires sans accroitre leur rémunération, c’est de la provocation, du clivage, du « bashing » anti fonctionnaire qui peut soulever des applaudissements sous les préaux de campagne électorale mais qui ne tiennent pas la route dès lors que les électeurs sont confrontés aux conséquences du manque de fonctionnaires dans les écoles ou les hôpitaux. Le réveil risquerait d’être brutal pour les électeurs ruraux et âgés de Fillon s’il était élu à la tête de l’Etat…

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas d’où Fillon venait ni où il voulait nous entrainer. Le souverainisme qu’il entretient, la réécriture de l’Histoire de France qu’il entend développer dans les écoles sent au mieux, la naphtaline, au pire, l’odeur insupportable du colonialisme d’avant-guerre. On avait fustigé à juste titre les « gauloiseries » de Sarkozy, la rigidité cocardière de Fillon est du même acabit.

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas d’où Fillon venait ni où il voulait nous entrainer. On l’a déjà écrit ici, Fillon est d’abord une bulle médiatique, une baudruche gonflée artificiellement et qui, comme toute baudruche qui se respecte, a vocation à se dégonfler aussi vite qu’elle est apparue. Il faut faire en sorte que cela intervienne dès dimanche prochain mais, si malheureusement Fillon parvenait à être désigné comme candidat de la droite sourcilleuse, on assisterait assez rapidement au dégonflement de la baudruche. Et une baudruche dégonflée, cela ressemble fort à une chiffe molle, à un « collaborateur » qui pendant un quinquennat entier s’est bien gardé d’ouvrir la bouche face aux errements de son patron d’alors.

Fillon rigide, oui, mais pas au niveau de l’échine… très souple, celle-là.

dr

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Published by lahune - dans politique
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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