Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 10:46

Ainsi, Christine Lagarde, ex ministre de l’économie en royaume Sarkozien doit aujourd’hui tenter de se justifier devant la Cour de Justice de la République, au motif qu’elle aurait fait preuve de négligence dans la procédure d’arbitrage ayant entrainé le versement par l’Etat de plus de 400 millions d’Euros d’argent public.

Mais comment peut-on définir la négligence ? Monsieur Larousse m’indique que cela tourne autour du manque de soin, d'application dans l'exécution d'une tâche , du manque d'attention, de vigilance à l'égard de choses, d'événements, que cela peut être également une faute non intentionnelle résultant de ce manque de soin ou de ce manque de vigilance, voire une indifférence réelle ou affectée, bref,  de la  nonchalance …

Mon point de vue de simple citoyen n’intéressera sans doute pas les juges de la C.J.R. mais je vais quand même le donner en proposant une sorte de parabole.

Il était une fois un camionneur qui devait transporter une cargaison de nourriture pour poisson (par exemple). C’était en hiver et les routes étaient dangereuses. Des experts de la circulation avaient jugé que l’itinéraire décidé pour le trajet comportait des risques avérés, le camionneur n’avait pas pris la précaution élémentaire d’écouter les bulletins des spécialistes météo qui pourtant, déconseillaient le trajet… Et ce qui devait arriver arriva, de la négligence à la neige glissante, il n’y a qu’un dérapage que le camionneur, toujours aussi sûr de lui, ne put cependant contrôler, toute la cargaison finissant son voyage dans le lac qui se trouvait près du virage manqué… Pour sa seule défense, le camionneur dit aux journalistes qui l’entouraient alors et trouvaient que le hasard avait quand même drôlement bien fait les choses pour les poissons du lac qui allaient ainsi pouvoir se régaler, « est-ce que j’ai une tête à être copain avec les poissons ? »

On imagine sans peine que pour une faute aussi grave, notre camionneur aurait été licencié sur le champ  de son entreprise. Mais quand le camionneur est ministre, que les experts en circulation comptent parmi les juristes les plus compétents, que les spécialistes météo sont les responsables de l’administration fiscale, que la nourriture des poissons valait 400 millions d’euros et que le requin qui s’est goinfré s’appelle Bernard Tapie, madame la Ministre peut continuer son petit bonhomme de chemin, négligemment…

On veut bien croire qu’elle n’est pas copine avec Tapie et que dans cette triste affaire, Christine Lagarde ne peut être suspectée du moindre pot de vin, du moindre enrichissement personnel (ce qui n’est pas le cas de tous les membres du gouvernement d’alors), mais en fermant les yeux sur une procédure qui ne tenait pas la route, ni sur le plan juridique ni sur celui de la morale politique, la ministre a sciemment refusé de jouer son rôle de garant de l’intérêt général, pour ne pas déplaire au maître élyséen d’alors. D’ailleurs, tout à fait entre nous, si elle était revenue sur l’arbitrage initié par son prédécesseur, serait-elle restée très longtemps ministre, aurait-elle été proposée par Sarkozy pour prendre la succession d’un DSK spécialiste de dérapages et cabrioles en tous genres ? Peut-elle sérieusement invoquer la surcharge de notes à signer dans des montagnes de parapheurs pour justifier que la note de 400 millions au profit du copain du Président pouvait passer inaperçue ? Peut-on imaginer qu’elle ignorait que Tapie et Sarkozy s’étaient rencontrés à de multiples reprises et que connaissant les individus, ils ne devaient pas parler uniquement de la pluie, du beau temps et des risques de dérapages sur les routes de neiges glissantes ? La responsabilité d’un ministre qui engage 400 millions d’euros d’argent public, cela à un sens et cela doit s’assumer.

Bien entendu, on ne trouvera jamais trace d’un écrit de Sarkozy intimant à la ministre de ne pas poursuivre la procédure d’arbitrage Tapie, ni bien entendu de le contester une fois rendu, mais il faut bien que la Justice puisse imputer la responsabilité politique de ce dérapage à ceux qui l’ont organisé ou qui ont fermé les yeux.

Pour l’heure, à travers la défense esquissée par Christine Lagarde, on a le sentiment assez désagréable qu’elle nous prend, nous petits citoyens de base, pour des imbéciles, des crétins capables d’avaler n’importe quelle Christinerie. Espérons que la C.J.R. ne fera pas, elle preuve de négligence.

dr

Partager cet article

Repost 0
Published by lahune - dans justice
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LA HUNE
  • LA HUNE
  • : humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
  • Contact

Profil

  • lahune

Abonnement

Abonnez vous en cliquant sur l'espace "Abonnement" situé en bas à droite

Faites connaître à voscontacts et invitez les à nous rejoindre

Recherche

La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

Catégories

Les Copains D'abord