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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 11:07

L’Ancien Testament de la Bible nous relate l’épisode dit du « buisson ardent » (Exode, 3) dans lequel le chef, en l’occurrence, Moïse, écoute avec attention la voix qui sort d’un buisson en flammes, mais qui ne se consume pas. L’actualité de la semaine se montre à nouveau facétieuse puisqu’elle a remis en quelque sorte l’histoire au goût du jour…

 

On savait depuis longtemps que l’ex chef de l’Elysée et de l’UMP tendait régulièrement l’oreille pour écouter un Patrick Buisson, ardent à instiller dans le discours des responsables de l’UMP, les thèmes de l’extrême-droite dont il vient. Mais ce que ces derniers semblaient ignorer, c’est que non seulement les murs ont des oreilles, mais le Buisson avait en plus un dictaphone dans la poche au cas où sa mémoire lui aurait fait défaut. Avec une belle unanimité, tous ces braves naïfs hurlent au traitre, au violeur et se mettent à brûler celui qu’ils adoraient encore hier ! Une fois de plus, ces beaux esprits se drapent dans une dignité de circonstance et s’exposent médiatiquement comme des victimes de la rouerie de l’un des leurs. Jolie brochette d’hypocrites en réalité, qui donnerait à beaucoup l’envie printanière de sortir le barbecue ! Parce que, quand même, on veut bien croire qu’ils n’étaient pas au courant des enregistrements réalisés sous le manteau du Buisson, mais ils connaissaient tous très bien le personnage, tout droit issu des fanges magouilleuses du FN, capable d’inventer une histoire de vol de pain au chocolat reprise par Copé, d’inspirer à Wauquiez la thématique du « cancer de l’assistanat », sans parler de « l’identité nationale » érigée par Sarkozy en ministère.

Comment pouvons-nous imaginer que des responsables politiques de ce niveau puissent être surpris des agissements tordus d’un homme qu’ils savaient tordu et qu’ils utilisaient pour cela ? A la vérité, ces braves gens sautent sur l’occasion de se démarquer du vilain malhonnête pour apparaître, eux, comme tout à fait recommandables. Ce faisant, ils font l’impasse évidemment sur les ignominies que le vilain leur avait soufflées et qu’ils avaient reprises. Mais on peut également imaginer que leur grande angoisse, c’est que Buisson ou l’un de ses proches sortent de nouveaux enregistrements dans lesquels ils n’apparaîtraient pas sous leur meilleur jour ! Passe encore de traiter Bachelot ou Mercier de ministres nuls, mais il y a peut-être bien plus compromettant dans les archives sonores du fantôme de l’Elysée… Un arbre peut cacher la forêt mais un Buisson peut aussi cacher un champ de ronces !

Et en amont de cette affaire, il ne faut surtout pas oublier qu’à son origine, il y a une enquête de la justice pour comprendre comment Nicolas Sarkozy a pu faire réaliser par ledit Buisson une foultitude de sondages au coût exorbitant, au mépris des règles qui s’imposent à tous ceux qui ont en charge l’argent public. Il ne faut pas oublier que les premières victimes sont les contribuables et non ceux qui crient aujourd’hui « au voleur ! »

 

Et voilà qu’on apprend que depuis près d’un an, les murs de la justice ont eux aussi de grandes oreilles qui ont mis sur écoute les échanges téléphoniques entre Sarkozy, citoyen et justiciable « normal » et son avocat. Et ainsi, on découvre que l’ex Président se tenait informé du déroulement de l’affaire Bettencourt (ça, c’est normal) et que des indiscrétions en provenance de la Cour de Cassation seraient parvenues aux oreilles de l’avocat qui les aurait retransmises à son client (ça, ce n’est pas normal). On n’ira  pas plus loin aujourd’hui et la justice doit suivre son cours. Nombre d’avocats s’offusquent cependant que la justice ait pu décider de placer l’un de leurs confrères sur écoute. On peut comprendre leur point de vue, même si, en l’occurrence, ces écoutes semblaient avoir respecté les prescriptions encadrant la procédure. A suivre cependant leur position, il n’empêche que Nicolas Sarkozy pouvait tout à fait, lui, faire l’objet de ces écoutes, comme tout citoyen. Peut-on imaginer alors que le procès-verbal des échanges téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog ne fasse état que des questions du client et que les propos de l’avocat ne figurent pas au PV ? Cela donnerait à peu près ceci :

« Allo, Thierry, c’est Nicolas,

-          Tuuuuuuuut

-          Quelles nouvelles aujourd’hui ?

-          Tuuuuuuuut

-          Ah bon ? tu es certain de l’info, tu es sûr du magistrat de la Cour ? tu sais combien je me méfie des juges et qu’ils m’ont dans leur collimateur ! au fait, c’est qui ?

-          Tuuuuuuuut

-          Ah bon, je préfère. Et quand l’affaire sera classée, qu’est ce qui lui ferait plaisir pour le remercier ?

-          Tuuuuuuuut

-          Ça, je peux m‘en charger. Au fait, on se retrouve toujours pour les vacances à Monte Carlo ?

-          Tuuuuuuuut »

 

PV imaginaire bien entendu mais qui ne doit pas nous interdire de réfléchir à la question du respect du secret pour les avocats, au secret des sources pour les journalistes… Jusqu’où le secret peut-il aller s’il vient à entraver le cours de la justice ? La réponse n’est pas simple.

 

Ce qui apparaît clairement, en revanche, c’est que l’ex Président semble entretenir des rapports ambigus avec l’institution judiciaire. Les multiples rendez-vous avec l’ex procureur Philippe Courroye de transmission, en plein dans l’affaire Bettencourt, la nomination de François Peyrol à la tête du groupe Bancaire BPCE sans respecter la procédure obligatoire, l’obstruction au cours normal de la justice en faisant trancher le contentieux Tapie par une cour d’arbitrage à la composition soigneusement étudiée, plutôt que de suivre la procédure administrative normale, et maintenant, Gilbert Azibert qui est soupçonné d’avoir illégalement renseigné le clan Sarkozy, toujours sur l’affaire Bettencourt…

 

Bien sûr, tout cela est couvert encore par la présomption d’innocence, mais comme le disait l’un des tontons flingueurs, dans cette mixture, y’a pas que de l’innocence… y'aurait peut-être bien aussi un peu de présomptions...

 

 

dr

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Published by lahune - dans justice
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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