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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 19:52

Et voilà, c’est reparti !

Les banques ont prêté des milliards de dollars à Dubaï World, une société immobilière appartenant à l’émirat de Dubaï.

On a construit des tours de plusieurs centaines de mètres de hauteur, on a construit des shopping centers démesurés, des golfs, même une montagne pour faire du vrai ski sur de la neige artificielle, sous une bulle de plexi-glass , on a tracé un circuit de Formule 1 d’une beauté esthétique incomparable, on a construit une île gigantesque en forme de palmier avec des immeubles les pieds dans l’eau.

Et voilà que Dubaï World ne va pas pouvoir honorer son échéance du 14 décembre.

Les banques occidentales qui ont largement prêté à Dubaï vont devoir provisionner des pertes possibles voire probables.

Oh,  bien sûr , on nous dit que les émirats arabes unis ne vont pas laisser tomber Dubaï et qu’ils vont l’aider . Il n’en reste pas moins qu’on a prêté des sommes astronomiques à un état uniquement au nom de la spéculation immobilière. Ce qui s’est fait en Espagne , c’est du monopoly de salon à côté de ce qui s’est fait à Dubaï.

Il n’y a pas de pétrole à Dubaï mais il y a des idées. Peut-être même qu’il n’y a que des idées à Dubaï. Des idées d’architecture débridée, des idées de luxe inégalable. Des idées de profit sans réflexion.

Ces banquiers qui sont tellement vigilants sur la façon dont on distribue le crédit dans leurs agences ont tout simplement oublié de s’appliquer la même vigilance quand il s’est agi de financer des projets pharaoniques à Dubaï.

Dubaï, il fallait y être, il fallait y mettre son enseigne, ne pas être le dernier à investir sur cet îlot de prospérité. On allait y faire des gains extraordinaires. Mieux valait financer la spéculation immobilière que financer l’économie réelle.

Et voilà qu’ils se sont encore mis le doigt dans l’œil.

Qui va renflouer cette fois ?

Est-ce qu’on va encore demander au contribuable, indirectement, par l’intermédiaire des Etats, de jouer les pompiers de service. Comme ça, sans davantage de surveillance, sans changement dans les nombreuses réglementations qui régissent et qui paralysent souvent le financement normal et ordinaire de l’économie, les entreprises et les particuliers.

Surtout surtout, il faut les laisser faire, ne pas permettre que l’Etat s’implique dans la gestion des établissement financiers.

Surtout surtout, il faut que les agences continuent à récolter l’épargne de leurs clients ordinaires, entreprises et particuliers.

Surtout surtout, il faut faire bien attention à ne pas prêter inconsidérément de l’argent à ces mêmes entreprises et particuliers, au nom de la crise et des risques d’insolvabilité que représentent ces clients ordinaires.

Surtout surtout, il ne faut pas spécialiser les établissements financiers, ne pas séparer la banque de détail et la banque d’investissement. Il faut laisser tout cela bien confondu, bien imbriqué, bien opaque.

Ce capitalisme-là, c’est fini , clamait notre Président de la République. Et le G20 s’est réuni pour dire aussi que c’était fini, que ça ne serait plus comme avant.

Mais quelles mesures a-t-on pris ? Aucune qui soit structurellement et durablement efficace.

Alors c’est pas fini , il faut se préparer à ce que ça dure encore un moment cette crise, parce que l’argent immobilisé à Dubaï, c’est de l’argent qui ne servira pas à financer les investissements d’ici et d’ailleurs. Et les investissements d’aujourd’hui , comme on dit toujours,  ce sont les emplois de demain.

Belle perspective pour tous ceux qui n’ont jamais envisagé de mettre les pieds à Dubaï et qui voudraient simplement travailler , et profiter du fruit de leur travail , ici et maintenant.

 

 

ML

 

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Published by lahune
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Claude Dapei 15/12/2009 18:52


Désastre économique et financier, certes...
Mais que dire des conditions inhumaines dans lesquelles ont été traités les ouvriers, indiens ou bangladeshi, qui ont construit ce monde artificiel pour milliardaires !
Mal payés ! mal logés ! maltraités ! tant par leurs employeurs que par la population.
Combien sont repartis au pays humiliés ? Combien de misères absolues ? Combien de morts tombés de ces tours géantes ? Combien de suicides ?
Là aussi il y a un monstrueux scandale mais heureusement, il ne menace pas la finance internationale !
Claude


ns 03/12/2009 19:53


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à bas le modèle anglo-saxon! (décembre 2009)


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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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