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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:43

 

Onze villes en ce matin du 31 mars, touchées par la pollution la plus néfaste qui soit, la responsabilité de leur gestion confiée à des équipes issues ou proches du FN. Le changement d’heure ne leur a pas été bénéfique mais on se gardera ici de trop plaindre des électeurs qui ont fait le choix du pire ou simplement, ont considéré qu’ils n’avaient pas le temps de se déplacer jusqu’au bureau de vote. Faute d’avoir consacré une heure de leur temps pour remplir leur devoir électoral, ils ont gagné « Minute », le presque nouveau journal officiel de leur commune. En revanche, on suivra avec attention les premières mesures qui seront prises dans ces localités et notamment, celles qui impacteront à la baisse les dépenses en matière d’éducation et de culture puisque ce sont les secteurs qui souffriront en priorité de la gestion orientée de ces nouvelles équipes. D’ici là, le simple citoyen vacancier que je suis évitera soigneusement l’atmosphère polluée de ces onze villes et choisira d’autres destinations, simple principe de précaution…

 

Le changement d’heure a incontestablement bien profité à l’UMP qui rejoue avec un succès certain le film main basse sur la ville. On a remis les pendules à l’heure, doit penser l’homme à la Rollex, la petite aiguille perchée sur ses talonnettes du même nom et accompagnateur occasionnel de la grande trotteuse Carla qui, telle un métronome, poursuit sa tournée de chansonnettes en France. Il aurait cependant tort de claironner car le résultat des municipales constitue davantage un cuisant échec pour l’ensemble de la gauche qu’il ne doit être interprété comme un grand mouvement en faveur de l’UMP, un parti qui demeure à 25% des intentions de vote aux prochaines européennes. Et les succès personnels de ténors du parti tels Xavier Bertrand, Alain Juppé ou Jean François Copé aiguisent déjà certains appétits pour l’échéance de 2017, d’autant plus qu’une candidature Sarkozy pourrait s’avérer bien risquée pour le parti, du fait des affaires en cours et de l’antipathie que continue de susciter le personnage, au-delà des frontières de l’UMP.

 

Ceci étant, ce changement d’heure se traduit par un séisme électoral pour la gauche dans son ensemble. Les verts qui donnent parfois l’impression d’être restés au cadran solaire peuvent se dire qu’ils ont sauvé quelques meubles grâce à des alliances avec le PS, mais la consolation sera maigre. Le refus de certains ex ministres de gouverner avec Manuel Valls risque de leur coûter très cher lors des prochaines consultations. Chez Mélenronchon, le sablier est resté coincé au siècle dernier et on continue à taper sur le PS en oubliant que la stratégie du Chavez de Massy Palaiseau s’avère un échec total pour contrer la progression des idées de l’extrême droite. Quant au Parti Socialiste, il paye cash son incapacité à être véritablement un parti de gouvernement.  Autant la gauche Française a prouvé qu’elle avait largement autant de légitimité que la droite à administrer et gérer des collectivités locales, autant elle s’avère incapable collectivement d’avoir l’autorité nécessaire pour s’en tenir à l’action. La gauche a depuis toujours une culture de débats, de démocratie relative au sein de partis comme le PS ou EELV, ce qui constitue incontestablement une qualité que n’ont pas d’autres formations. Mais cette qualité devient un inconvénient lorsque le débat continue au sein même du gouvernement, quand la composition même du gouvernement s’apparente à une recette culinaire aux dosages soigneusement négociés, quand les egos des ténors persistent à alimenter les petites phrases à destination des médias, quand une réforme courageuse est aussitôt suivie d’un discours lénifiant visant à rassurer les opposants, au risque de rendre la réforme soit incompréhensible, soit de la transformer en eau tiède insipide. Le Président et le gouvernement portent une lourde responsabilité dans cette débâcle électorale et le son du réveille-matin est douloureux pour les électeurs de gauche.

 

 La gauche n’a pas compris que la France n’est gouvernable que si l’exécutif s’appuie sur un véritable programme, sans promesses démagogiques mais surtout, qu’il se doit d'être rigoureux dans l’application dudit programme. Les compromis sont indispensables en démocratie mais une fois négocié le compromis programmatique, on s’y tient et on n’accepte pas de voix discordantes au sein de la majorité gouvernementale. La force de la droite n’est pas l’intelligence mais un sens de la discipline et de l’union qui font cruellement défaut à une gauche qui oublie qu’elle a été élue pour diriger. On a aujourd’hui la triste impression que le personnel politique dans son ensemble prend plus de plaisir à conquérir le pouvoir qu’à l’exercer. Oublié alors, l’électeur qui n’a soutenu la conquête que pour être gouverné au nom de l’intérêt général.   

 

Un dernier mot sur ces responsables politiques qui commentent le scrutin en prétendant tous avoir compris le « message » que leur ont adressé les Français. A les entendre, il y a trop d’impôts, trop de social-démocratie, trop de dirigisme, trop de charges, mais aussi pas assez de pouvoir d’achat, trop de chômage, passez de politique de gauche, pas assez d’écologie, trop de cadeaux au patronat, trop d’Europe, etc…Ces commentaires montrent d’une manière éclatante que ces « responsables » ne veulent surtout pas remettre en question leurs pseudo certitudes. Il semble pourtant assez évident que même si l’UMP a remporté un net succès par défaut des gauches, la leçon à tirer pour ces dernières est de s’entendre  et de s’unir pour gérer, ou sinon, tout simplement de renoncer à l’exercice du pouvoir. En d’autres termes, si le gouvernement Valls se heurte à une opposition conjuguée de la droite et d’une partie de la gauche et des verts, il deviendra nécessaire de dissoudre l’Assemblée et de rentrer dans une ère de nouvelle cohabitation. Il n’est d’ailleurs pas certain que François Hollande détesterait l’exercice mais nous, les simples électeurs de gauche, nous pourrions juste constater que cette gauche s’est suicidée politiquement, et que les conséquences en seront durables.

 

Attention car au quatrième top, il sera… trop tard.

 

dr

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Published by lahune
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Michel Lachartre 01/04/2014 14:31

Le meilleur des styles étant celui qui respecte l'orthographe, on met un pan sur ma plume, et l'on corrige "réformes" avec un S , et "demeurées" s'accordera mieux avec un E.

Michel Lachartre 01/04/2014 14:18

Il ne faudrait pas non plus, que brandissant le risque d'une dissolution dont sa politique, en priorité, serait responsable, le nouveau premier ministre s'égare sur des chemins de traverse qui lui
feraient franchir le rubicon de l'insupportable. Ce n'est pas tant une question d'homme qu'une question de politique que les français ont sanctionné. Et jusqu'à présent, cette politique a été celle
du reniement, au prétexte que la confrontation aux réalités du pouvoir vous forcent au pragmatisme. Même De Gaulle à propos de la guerre d'Algérie n'a probablement jamais utilisé ce langage. C'est
peut-être davantage chez Machiavel que chez Escampette qu'il prenait sa poudre.
Le nouveau premier ministre aura-t-il les coudées franches pour mener SA politique dans la feuille de route fixée par le Président ? Telle est la question. Il ne semble pas que son prédécesseur ait
eu cette latitude, et il est certain qu'il n'a pas osé la conquérir.
Alors évidemment, on ne s'avisera pas de déstabiliser par avance un premier ministre qui a plutôt l'air d'être droit dans ses bottes, mais il faudra, pour séduire ceux qu'il n'a pas convaincu
auparavant, qu'il obtienne des résultats sur le chômage et qu'il engage des réforme de justice sociale qui depuis deux ans sont demeurés dans le domaine des songes.
Quant au style, d'aucun, dont je suis, lui conseilleront de ne chausser les bottes que pour combattre ceux qui profitent de la situation de façon éhontée.
A suivre...de près!
ML

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

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