Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 10:50

 

 

 

 

Puisez dans vos souvenirs d’enfance, quand vous usiez les bancs de l’école primaire… vous vous souvenez de cette poésie, L’enfant et le maître d’école de Jean de la Fontaine ? Elle raconte l’histoire d’un petit garçon qui, imprudemment sans doute, tombe dans la rivière et, accroché miraculeusement à un branchage, appelle au secours… Un maître d’école passant par là ne trouve rien de mieux à faire que de le rabrouer, lui donner une leçon de morale… avant de se résoudre enfin à lui porter secours… et La Fontaine termine ainsi :

 

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant
Se peut connaître au discours que j'avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand :
Le créateur en a béni l'engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
            Aux moyens d'exercer leur langue.
Eh! mon ami, tire-moi de danger,
            Tu feras après ta harangue.

 

 

Comment ne pas faire un rapprochement avec l’ennuyeux spectacle infligé par Nicolas Sarkozy jeudi soir sur TF1 ? Neufs élèves dociles, encadrés par un pion portant haut son bonnet d’âne (le désopilant Jean Pierre Pernault), des questions sans consistance ajustées aux réponses préparées à l’avance (et pas l’inverse)… et en face d’eux, un « instit » jouant les pères la morale alors que les habitants du pays dont il a la charge sont en train de se noyer… chômage, inégalités croissantes, précarité, démantèlement des services publics de la justice, de l’enseignement, de la santé…

 

 

Le Président-instit n’a fait que parler, parler, parler, sans rien apporter de vraiment neuf. On retiendra sa promesse purement verbale de consacrer 500 millions d’euros aux chômeurs de longue durée… mais nous avons déjà tellement entendu de promesses qui n’ont jamais été tenues ! Découvrir aujourd’hui seulement l’urgence à traiter le chômage des jeunes et des vieux relèverait même d’un certain cynisme.

 

L’instit n’a pu s’empêcher de distribuer des bons et des mauvais points… un mauvais point pour les ministres qui font du tourisme dans les dictatures arabes  et qui auraient mieux fait de lui en parler avant  mais un bon point pour les finances de l’Etat puisque cela ne s’est pas fait pas avec l’argent public ! Comme si c’était la question… Ce qui nous choque, dans cette histoire, c’est la proximité affichée de nos dirigeants avec des dictatures, alors même que ces dernières s’accrochent à leur pouvoir en réprimant les aspirations à la démocratie. Ce qui nous choque, c’est que nos dirigeants trouvent normal de profiter des largesses de ces dictateurs ou de leurs amis sans débourser un centime… rassurons-nous cependant, notre maître d’école a sévi quand même puisque dorénavant, les ministres qui étaient demi-pensionnaires seront soumis au régime de l’internat… plus question de sortir de l’enceinte de l’établissement-France sans un bon de sortie signé par l’instit lui-même !

J’en connais qui doivent se souvenir des vacances de leur maître d’école sur le yacht de Bolloré, de ses vacances au Maroc… bon, ils se consoleront en allant se cultiver dans notre beau pays, à Dysneyland, par exemple…

 

Il n’a pas été mal, non plus, notre instit, quand il a évoqué la fronde des magistrats… Il a voulu d’abord minimiser des propos qui se sont retournés en boomerang contre lui : en voulant draguer l’électorat d’extrême droite en utilisant honteusement un dramatique fait divers, il a réussi à déclencher un chahut comme jamais le monde de la Justice n’en avait connu ! Le comble, c’est lorsque pour justifier l’absence de moyens donnés à la Justice, il a tranquillement comparé la situation des chômeurs qui méritent (enfin !)  qu’on s’occupe d’eux… et celle des magistrats qui eux, quand même, ont un statut, une stabilité d’emploi… Là, il faut reconnaître que l’instit devient carrément pervers.

 

Notre maître d’école a voulu nous faire croire qu’il maîtrisait sa classe… alors qu’on se rend compte tous les jours que ça part dans tous les sens : Alain Juppé qui n’est « que » ministre des armées fait à New York des déclarations de politique internationale que la ministre en titre, Miam MAM ne fait pas… cette dernière qui n’est plus ministre de la Justice n’hésite pas à présenter la condamnation de Florence Cassez au Mexique comme « un déni de justice »… c’est peut être vrai mais est-elle vraiment bien placée pour le dire ? Peut-être aurait-elle du demander à Julien Coupat sa définition du « déni de justice »… L’instit lui-même veut tout faire lui-même, les programmes de TF1, rendre la justice à la place des magistrats, présider un G20 alors que la diplomatie française ne joue plus qu’un rôle de figurant, moraliser le capitalisme en continuant à fricoter avec les puissances d’argent… bref, dans cette école, tout le monde s’occupe de tout et personne, en réalité, ne fait rien de tangible…

 

 

…A part peut-être les cameramen qui ont du pain sur la planche, dans cet univers politique ou seules semblent compter, les images qui vont venir impressionner la rétine de l’électorat. Et tant pis si ces images ne sont que manipulation et dévoiement de la réalité.

 

 

On se prend à regretter que le CSA ne se comporte pas mieux que l’AFSSAPS ! L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a quand même réussi à faire retirer le Médiator mais le CSA laisse toujours circuler le Jean Pierre Pernault… Il y a pourtant urgence, nos vieux sont en danger !

 

 

 

dr

Partager cet article

Repost 0
Published by lahune - dans élections 2012
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LA HUNE
  • LA HUNE
  • : humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
  • Contact

Profil

  • lahune

Abonnement

Abonnez vous en cliquant sur l'espace "Abonnement" situé en bas à droite

Faites connaître à voscontacts et invitez les à nous rejoindre

Recherche

La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

Catégories

Les Copains D'abord