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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 20:05

On a aujourd'hui plus de 3 millions de chômeurs et ce sera encore pire à la fin de 2013.

Pourquoi ? parce qu'on espère encore que ce soit la croissance qui permette d'inverser la courbe. Parce que tous nos décideurs ont été formés à cette même idée dogmatique professée par les grandes écoles de la nation: seule la croissance crée l'emploi.

Mais la croissance dans les pays occidentaux ne reviendra pas par la seule volonté et les incantations des gouvernements. 

En effet, ce à quoi on assiste aujourd'hui, c'est à un partage international du travail. Le travail s'exporte. Et chez nous, davantage que les marchandises. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que la Chine est devenue l'atelier du monde. Et que dire de l'Inde et d'autres pays émergents ? Donc, tout se passe comme si c'était le travail qui crée la croissance, et non le contraire. 

D'autre part, les profits , surtout dans les grandes entreprises, sont beaucoup trop consacrés à la rémunération des actionnaires et des grands patrons, au détriment de l'investissement, de l'innovation et du pouvoir d'achat des collaborateurs. Et cette cupidité ne semble pas vouloir, à ce jour, se tempérer.      

Comment se fait-il que les voitures françaises se vendent moins bien que les voitures allemandes alors que le coût du travail dans cette industrie est le même en Allemagne et en France ?

Pourquoi la famille Peugeot négocie-t-elle pour supprimer des emplois ? Le problème de Peugeot ce n'est pas d'avoir davantage fabriqué à domicile, son problème c'est un défaut d'investissement dans l'innovation, notamment dans l'esthétique de ses voitures, alors que, dans le même temps, des dividendes confortables enrichissaient la famille. 

Quand on est dans une situation aussi critique que celle qu'on connait, les gouvernants doivent avoir le courage de prendre des mesures audacieuses.

En voici une : redistribuer la quantité de travail, passer à la semaine de travail de 4 jours, sans diminution de salaire, avec la contrepartie d'une diminution conditionnelle et proportionnelle des cotisations chômage des entreprises qui adopteront cette mesure.

Il y a en France des entreprises qui ont déjà adopté ce schéma de travail : Mamie Nova, Fleury Michon, par exemple. 

La semaine de 4 jours, c'est une des mesures proposées par le Collectif Roosevelt (www.roosevelt2012.fr) 

On entend à l'avance les cris d'orfraie de ceux qui, depuis des années, vilipendent la loi sur les 35 heures, Alain Minc en tête.

Mais c'est faire preuve d'une mauvaise foi patente, car la durée moyenne de travail (réelle, et non conventionnelle) est plus longue en France qu'en Allemagne,  mais on ne veut jamais le dire.  

On nous dira que c'est insensé, impossible, que ça va mettre la France à genoux.

Mais on nous a dit la même chose quand on a voté la loi qui interdisait le travail des enfants de moins de 8 ans (1841) et quand on a interdit que les moins de 12 ans descendent à la mine (1874).

Ils ont crié aussi fort quand on a accordé les congés payés en 1936. Et ils ont vociféré contre les 40 heures, les 5 semaines de congés, et les 35 heures. Ont-ils fait moins de profit ?

En répondant à cette question, il faudrait aussi qu'ils nous expliquent par quel mécanisme, en rallongeant la durée hebdomadaire du travail, ils parviendraient à faire baisser le chômage.

Autant dire que le jambon cru désaltère, parce que quand j'en mange, j'ai soif, et quand j'ai soif , je bois. 

C'est un dogme de la classe dominante : l'employé/l'ouvrier doit passer sa vie au travail . Les loisirs, c'est pour les chefs, ils doivent être réservés à une élite. Ils n'ont pas fait cinq ans d'études supérieures, et parfois plus, selon la fortune des parents, pour se retrouver dans les mêmes avions que les cohortes subalternes qui partent chercher du bronzage dans des pays où il fait toujours beau. 

Ils n'aiment pas partager . Alors il est temps de prendre le taureau par les cornes et de lui tordre le cou. 

La croissance des pays industrialisés va stagner aussi longtemps que celle des pays émergents n'aura pas atteint un niveau qui puisse équilibrer les forces en présence.

Il faut, chez nous, redistribuer la quantité de travail, arrêter de cotiser pour un chômage endémique, changer nos modes de pensée, de sorte qu'un nouveau modèle social, visible dans le monde entier, renchérisse la valeur du travail dans les pays où tout est à faire dans ce domaine.

Ce n'est ni une utopie, ni une hérésie. 

ML

 

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Published by lahune - dans économie-social
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Roosevelt 2012 17/09/2013 10:02

Témoignage d'un patron de concession auto, passé sa PME à la semaine de 4 jours (modulable) grâce à la loi De Robien de juin 1996:

http://www.dailymotion.com/video/x10v9bb_un-patron-4-jours-de-travail-semaine-ca-marche_news#.UcMl49h4_Kc

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

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