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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 17:50

 

La semaine passée a été fertile pour nos enfants qui ont pu admirer successivement une bande de jeunes entrepreneurs jouer à « pigeon vole ! » et un sémillant quinquagénaire défendre la cause du petit pain au chocolat à la française…

 

Pigeon, vole ! : On savait que certains de nos jeunes entrepreneurs étaient pleins d’idées pour inventer des sites internet, des « start up » à but lucratif immédiat mais à responsabilité limitée… On se doutait qu’ils maîtrisaient l’utilisation des réseaux dits « sociaux » mais on ne les avait pas encore vu s’en servir à des fins de pur lobbying pour la défense de leurs intérêts individuels. Le gouvernement semble bien s’être fait abuser par une poignée de jeunes gens auto proclamés les « pigeons » et qui, pour s’opposer au projet de taxation sur les plus values réalisées sur les cessions d’entreprises, n’ont pas hésité à prétendre que la mesure projetée allait étouffer dans l’œuf toutes les initiatives entrepreneuriales et pousser à l’émigration vers des cieux plus accueillants, la quasi totalité des cerveaux français. En réalité, en acceptant de revenir sans réellement négocier sur son projet, c’est le gouvernement qui s’est laissé pigeonner !

Parce que, s’il pourrait sembler injuste de taxer trop lourdement la cession d’une petite PME dont le dirigeant a travaillé lui-même pour innover, créer de l’emploi, produire des biens durables au service de la collectivité, il en va tout autrement de l’entrepreneur (certes innovant), qui crée une entreprise dans la bulle internet en gagnant un maximum d’argent sur une durée minimale, qui revend son entreprise 5, 10, 20 fois plus cher qu’elle ne lui a coûté en capital et en frais généraux et qui pétitionne sur Facebook pour payer le moins d’impôts possible. Ces irresponsables qui ne pensent qu’à leur intérêt immédiat et qui cèdent à prix d’or leurs brevets, leurs machines et leurs salariés n’ont cure de ce qu’il adviendra justement de ces salariés. Les dirigeants d’entreprise qui essaient honnêtement de remplir leur mission en intégrant la composante humaine dans leur projet n’ont rien à voir avec ces pigeons. Les artisans et petits patrons qui eux, ont souvent connu la dureté des temps avant de réussir à se développer au terme de longues années d’efforts et d’incertitudes n’ont rien à voir avec ces pigeons. Les salariés qui travaillent au sein de ces entreprises qu’on vend, qu’on achète, qu’on revend, qu’on rachète en deux clics de souris n’ont rien à voir avec ces pigeons. Le gouvernement aurait été bien inspiré de réfléchir un peu plus avant sur le sort de ceux qui ont fait crier si fort leurs « amis » sur Facebook : combien d’emplois durables ont-ils crées ? Quels biens durables leurs entreprises ont-elles produits ? Ces oiseaux n’ont pas le sens du service qu’avaient jadis les pigeons voyageurs. Eux ne sont que des « zappeurs » au gré des vents de la finance. Ils volent, certes, mais qui volent-ils ?

 

 Le pain au chocolat n’est pas du pain perdu (pour tout le monde) : On connaît tous maintenant l’histoire de ce pauvre enfant qui s’est fait racketter son pain au chocolat par un méchant qui lui dit qu’on ne mange pas de ce pain-là en plein Ramadan ! Il y a bien des chances pour que Jean François Copé ait inventé de toutes pièces cette histoire mais peu importe en réalité. On retiendra qu’une fois de plus, le postulant à l’élection présidentielle de 2017 joue sur la banalisation du racisme et de la xénophobie qu’il estime de plus en plus répandues à droite, pour ratisser le plus large possible une clientèle qui lui échappe au profit de son rival de l’UMP. Le procédé est écœurant lorsqu’il est utilisé par le Front National, parti qui demeure encore heureusement très minoritaire lors des consultations électorales ; il est à vomir quand il est le fait du responsable d’un parti de gouvernement tant il contribue à « dépénaliser » par avance les dérapages verbaux ou comportementaux d’électeurs de droite qui pourraient se sentir autorisés à stigmatiser telle ou telle population. Ce pain au chocolat est pain bénit pour le FN qui n’en demandait pas tant et dont le discours devient de fait de plus en plus réhabilité au sein de l’électorat de droite. Monsieur Copé qui n’est ni nazi, ni fasciste, dévoile encore une fois sa véritable personnalité, celle d’un grand cynique prêt à tout pour parvenir à ses fins, en dénonçant aujourd’hui grossièrement, tous ces pauvres, ces chômeurs, ces arabes, ces étrangers qui viennent manger le pain des Français…

 

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons

Jean Jacques Goldmann

 

 

 

 dr

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Published by lahune - dans économie-social
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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