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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:57

 

La fête du cinéma s’est achevée avec une super production française, un western avec des personnages hauts en couleur, des intrigues aux multiples rebondissements, le tout sur des musiques interprétées par un vieux chanteur sur le retour, enfin, pas vraiment sur le retour en France puisqu’il s’est exilé dans les montagnes suisses… Allons-y, silence ! moteur !

Le gentil, c’est le juge du même nom qui officie à Bordeaux. La juge de Nanterre ayant été dessaisie de l’affaire Bettencourt, c’est lui qui, avec deux de ses collègues, est chargé de l’instruire. Il confronte des témoins avec un justiciable et il en arrive à la conclusion que le dit-justiciable doit être mis en examen. Il se trompe peut-être et les suites de l’instruction et d’un éventuel procès nous le diront. Déshonore-t-il pour autant la justice française ? Non, bien sûr, à moins que ceux qui le prétendent aient des informations dont les juges ne disposent pas. Non, la justice ne se sent pas déshonorée si l’on en croit la quasi-unanimité des magistrats. Ceux qui ont déshonoré la justice ne sont-ils pas ceux qui, en d’autres temps, lorsqu’ils tenaient les rênes du pouvoir exécutif, n’hésitaient pas à s’asseoir sur le principe de séparation des pouvoirs en convoquant à de multiples reprises le procureur de Nanterre Philippe Courroye qui s’introduisait à l’Elysée par la porte de service pour rendre compte à son maître de l’affaire Bettencourt… et des freins éventuels à actionner pour empêcher ses développements. Notre juge est à sa place dans le rôle du gentil et nous l’imaginons s’éloigner au terme de cette première séquence de notre western, en chantonnant une vieille chanson de notre vieux chanteur « Donne-moi une preuve » (Johny Hallyday, 1965)… sous-entendu, de ton innocence présumée…

La brute, on a pensé un instant attribuer le rôle à Henri Guaino qui a tenu des propos inadmissibles sur le juge Gentil. La « plume » de l’ex président nous avait habitués à beaucoup plus de mesure et de dignité dans ses propos. Ce rôle ne lui convient pas et en guise de cachet, il risque de devoir payer 7 500 euros pour outrage à magistrat, puisque plainte a été déposée contre lui par le Gentil. Mais c’est Jean Luc Mélenronchon qui, incontestablement, mérite qu’on lui confie ce rôle de brute. Si ses attaques « ad hominem » contre Pierre Moscovici n’ont pas eu la violence qu’on leur prêtait un peu hâtivement, ce qui a entraîné une riposte sans mesure du Parti socialiste, la recherche systématique du conflit comme ligne politique est une stratégie inacceptable. On peut parfaitement critiquer la loi de séparation des activités bancaires au motif qu’elle ne répond pas au problème de la toute-puissance de la finance internationale. C’est d’ailleurs ce que font nos amis de « lance-pierres » (http://lancepierres.com/accueil-2/) ou du collectif Roosevelt. Les « mélenchonneries » sans aucune vision programmatique et constituées avant tout de dénonciations du « système » et d’attaques personnelles nous paraissent un peu courtes pour faire du personnage un candidat crédible pour diriger la France. A trop vouloir paraître plus rouge que rouge, on risque de franchir le rubis con. Attribuons à notre néo-peau-rouge cependant le rôle de la brute, plus prompte à déterrer la hache de guerre qu’à fumer le calumet de la paix, et laissons-nous porter jusqu’à la fin de la séquence par la musique de notre chanteur. « Calumet, le feu, calumet le feu» (Johny Hallyday, 1998)…

Le truand, ils sont trop nombreux ces jours-ci à vouloir à tout prix se voir confier le rôle ! De Jérôme Cahuzac à Bernard Tapie, en passant par certains membres de la fédération des Bouches du Rhône du PS ou Nicolas Sarkozy, tous ces responsables semblent avoir dans leurs parcours certaines affaires qui pour le moins, méritent que la justice y regarde de plus près. Le casting est prestigieux et ils sont un certain nombre à briguer le César. L’avenir blanchira ceux qui méritent de l’être et ternira l’image des autres. Après avoir tenu des propos plus ou moins menaçants à l’endroit du juge Gentil, propos que n’aurait pas désavoué un Joé Dalton au sommet de son art, Nicolas Sarkozy s’est fendu ce lundi d’un communiqué protestant de sa totale innocence dans l’affaire Bettencourt. Dont acte mais comment pourra-t-il nous convaincre que ses multiples entretiens avec le procureur Courroye ne constituaient que d’aimables conversations autour d’une tasse de thé ? Tout cela fait évidemment l’affaire du Front National, un parti qui voudrait se draper dans une toge d’un blanc immaculé et virginal alors même qu’au-delà de ses positions d’un brun douteux, son programme est économiquement et socialement intenable et politiquement liberticide. Notre film comportera une suite, à n’en pas douter. Pour l’heure, contentons-nous de terminer cette première partie en écoutant un vieux chanteur fredonner « les portes du pénitencier » (Johny Hallyday, 1964)…

Aucune femme dans notre western ? On hésite encore à confier le rôle de Calamity Jane à Frigide Barjot, que Wikipédia présente comme une « humoriste et une chroniqueuse mondaine »… On n’est pas  obligé de partager ce point de vue, comme pour les critiques de cinéma qui voient parfois des choses que le spectateur moyen ne discerne pas vraiment. Ce qui reste vrai cependant, c’est que cette Calamity s’est trouvé un public et une renommée qu’elle n’aurait jamais connu si elle était demeurée dans son rôle de… comment dire, d’« humoriste et chroniqueuse mondaine » !  

 

dr

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Published by lahune - dans justice
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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