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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 16:44

 

 

Un écran peut avoir des fonctions différentes : il permet de voir des images sur la télévision, au cinéma ou sur l’ordinateur ou à l’inverse, il peut « faire écran » et s’interposer entre nous et la réalité. Il en est de même pour les mots qui peuvent dire qu’on fait ou qu’on va faire … et cacher qu’on ne va rien faire ou faire toute autre chose. Nous en avons quelques exemples ces jours-ci avec notre gouvernement.

 

Leçon numéro 1 : la burka et le Conseil d’Etat :

 

Malgré deux avertissements du Conseil d’Etat concernant le risque d’inconstitutionnalité d’une loi qui prétendrait interdire d’une manière générale dans l’espace public, le port de la burka, François Fillon persiste et signe ! Ce grand rebelle devant l’Eternel assure que le gouvernement ira jusqu’au bout et à l’UMP, on invoque le précédent du général de Gaulle qui était passé outre un risque identique quand il s’était agi de permettre l’élection du Président de la République au suffrage universel. Il avait alors consulté le peuple en provoquant un référendum sur la question.

 

Envisager un référendum sur le port de la burka relève du délire ! Une infime minorité de femmes concernées, des moyens juridiques qui permettent en l’état actuel de concilier les impératifs de la sécurité publique avec les libertés individuelles… l’enjeu serait-il à ce point important qu’on ne pourrait traiter la question que par référendum ? Si certains à l’UMP ou ailleurs l’estiment nécessaire au nom de la démocratie, on souhaite que leur sens démocratique nous permette de trancher aussi par référendum la question des retraites par exemple…

 

Mais il n’en sera sans doute rien… Derrière le discours tartarinesque de Fillon et les mots de va-t-en guerre, suivra un projet de texte dont le fond sera évidemment plus nuancé. Exactement comme pour le démantèlement des régimes de retraite spéciaux, par exemple ou le fameux « service minimum » dans les services publics.

 

 

Leçon numéro 2 : L’aide à la Grèce…

 

Sauvons la Grèce, sauvons l’Euro ! On ne peut que souscrire à ce noble but qui nous concerne en premier lieu en tant qu’Européens. Mais derrière les mots utilisés pour l’annonce des milliards d’Euros et la proclamation de la solidarité, des intentions tout à fait intéressées pour permettre notamment à l’industrie d’armement française d’envisager de juteux contrats de fournitures d’armes à ce pays au bord du gouffre financier. Ce marchandage assez odieux a été à juste titre dénoncé par un certain nombre de nos hommes politiques. La cure d’austérité imposée à la Grèce en contrepartie de l’aide apportée serait moins choquante si elle impactait en premier lieu les budgets militaires ! On remarquera au passage que les mots austérité et rigueur sont des mots de la langue grecque qui n’ont pas d’équivalent en français gouvernemental… Comme le nuage de Tchernobyl, la rigueur s’arrête aux frontières de l’hexagone ! Hélas, les réalités seront plus fortes que le poids des discours creux du Premier ministre et de sa ministre de l’économie…

 

 

Leçon numéro 3 : le bouclier fiscal :

 

De deux choses l’une : ou bien, les mesures qui seront prises pour le financement des retraites seront constituées (partiellement) par des prélèvements sur les « gros » revenus, et dans ce cas, le bouclier fiscal devient plus ou moins une passoire, ou bien le Président de la République a une fois de plus utilisé des mots pour un effet d’annonce qui ne sera suivi d’aucun effet. Qu’est ce qu’un « gros revenu » ? quel montant de prélèvement ? autant de questions qui demeurent en suspens et dont on peut tout à fait craindre que les réponses tarderont à se clarifier. Parallèlement, le même Président et tous ses amis continuent à clamer haut et fort que l’on ne touche pas au bouclier fiscal qui, par la magie du verbe de Frédéric Lefèvre (ça s’appelle un euphémisme), se trouve même « renforcé » ! Illustration quasi parfaite du fait que ce gouvernement utilise les mots pour dire tout et son contraire, pour faire semblant de faire et surtout, pour masquer son impuissance à réaliser ce qu’il avait promis.

 

Les mots ne font plus sens lorsqu’ils ne correspondent plus à la réalité. On a l’impression d’être au festival de Cannes en train de regarder les mauvais comédiens du gouvernement et de l’UMP réciter (mal) des textes écrits (encore plus mal) par quelques plumes serviles. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne crèvent pas l’écran et qu’ils ont peu de chances de remporter la Palme d’or… 

 

dr

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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