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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 11:16

                                                                                  6 février 2014

 

 

Chère Madame,                                                                    

 

Bon anniversaire tout d’abord puisqu’aujourd’hui, comme d’autres le font au Cap Horn, vous franchissez le cap des 70 ans. Vous quittez les eaux troubles des 69 ans et leur cortège de sous-entendus grivois pour entamer une croisière sereine qui vous conduira tranquillement vers le pays aux 80 berges…

Bon, ça, c’est fait !

En réalité, je ne vous écrivais pas pour fêter avec vous ce qui reste évidemment un non-événement pour moi. Madame Boutin, je suis préoccupé. Je pense en effet que si, par malheur, le ridicule se mettait un jour à tuer, vous seriez rapidement en danger de mort. C’est la raison pour laquelle, au nom de l’obligation faite à chacun de porter assistance à personne en danger, je m’autorise à vous mettre en garde contre celui qui vous menace.

Je ne fais pas partie de vos électeurs mais je réside depuis de nombreuses années au sein de votre circonscription. J’ai donc suivi les progrès funestes de ce mal, le Ridicule,  qui vous poursuit personnellement depuis des années. Quelques rappels (non exhaustifs) :

 

En 1998, lors de l’adoption du PACS à l’Assemblée Nationale, vous brandissiez la Bible d’une main en tentant de convaincre un auditoire passablement atterré par vos propos. Confondant ainsi votre siège de députée avec le Saint Siège (séquelle sans doute de votre passage à Rome en 1995 en qualité de Consulteur du Conseil Pontifical pour la famille), vous proclamez benoîtement « Qu’est-ce que l’homosexualité, sinon l’impossibilité d’un être à pouvoir atteindre l’autre dans sa différence sexuelle ? [...] Toutes ces acrobaties biologiques et sociales pour justifier l’accession d’un couple homosexuel à la paternité ou la maternité me semblent relever d’un fantasme narcissique d’auto-engendrement »…  Je ne suis pas certain que vous assumeriez aujourd’hui ce genre de propos totalement discriminant et digne d’un Vladimir Poutine.

En 2002, vous vous présentez à l’élection présidentielle avec un succès mitigé puisque vous ne recueilliez que … 1,19% des voix au premier tour. Le moins que l’on puisse dire, c’est que vos positions sur la famille, le PACS, l’homosexualité et d’un mot, votre propre ordre moral, ne trouvaient pas un écho flagrant au sein de la société, ni même au sein de l’électorat catholique qui, dans sa très grande majorité, ne vous a pas suivie. Vous faites l’impasse sur l’élection de 2007 mais en 2012, vous envisagez de vous présenter et vous tentez d’obtenir les 500 signatures indispensables pour pouvoir y prétendre. Vous menacez même Monsieur Sarkozy de dévoiler une véritable « bombe atomique » si vous ne pouvez y parvenir ! Vous pensez bien que dans mon jardin des Yvelines, je me hâtais de construire un abri antiatomique à la hauteur de la déflagration attendue ! Peine perdue quand j’appris que votre menace se résumait à une grève de la faim… l’abri antiatomique aurait pu se réduire à un simple garde-manger. De toute façon, cela n’aurait servi à rien puisque vous avez renoncé à votre projet sur la foi de promesses nébuleuses du candidat Sarkozy, promesses dont vous êtes particulièrement bien placée pour deviner que comme tant d’autres, elles ne deviendraient que des lettres mortes empilées sur son siège de Président réélu.

Comme tout le monde, vous avez le droit au respect de votre foi et de vos convictions religieuses ; mais si vous êtes réellement une républicaine, vous savez qu’aucun ordre moral ne saurait être imposé en France au nom de ces convictions. Lors de la dernière manifestation contre le mariage pour tous, dont je me dois de vous rappeler qu’il entre aujourd’hui dans le cadre d’une loi républicaine votée par un Parlement élu démocratiquement, vous êtes à nouveau couverte de ce ridicule qui finira par vous tuer politiquement, en vous insurgeant contre la fameuse « théorie du genre » qui serait enseignée aux enfants des écoles publiques ! Ou bien, vous manquez d’informations élémentaires et vous vous plongez dans le ridicule jusqu’au cou, ou bien vous mentez effrontément, vous tentez de manipuler l’opinion, comme ces islamistes radicaux qui sont pour vous, des alliés de circonstances et je vous laisse là, face à votre propre conscience.

Je passe sous silence la scène dans laquelle, à l’occasion d’une manif pour tous, vous êtes allongée sur le bitume, évanouie en raison de gaz lacrymogènes qui ont pu être lancés par les forces de l’ordre à … 800 mètres de l’endroit où vous vous trouvez alors… J’oppose également un silence consterné à votre prestation, voilée, sur une chaîne de télévision Iranienne, pour fustiger violemment la politique Française vis à vis du nucléaire iranien ou du mariage homosexuel, sans parler de votre dernière gaffe consistant à prendre pour argent comptant les pseudo-informations du site satirique « le Gorafi »…

Inquiétant aussi, le ridicule se transmettrait aussi à la génération suivante ; Le député des Yvelines Jean Frédéric Poisson, que l’on peut considérer en quelque sorte comme l’enfant politique naturel de Gérard Larcher, sénateur maire de Rambouillet et de vous-même, puisqu’il fut votre député suppléant, s’est à son tour couvert de ridicule en présentant dernièrement à l’Assemblée un amendement visant à supprimer le remboursement de l’IVG par la Sécurité Sociale… Tout ça parce que le gouvernement supprimait la notion de femme en « détresse » pour avoir la possibilité de recourir à l’IVG. Comme si la « détresse » était une notion pouvant être mesurée et qualifiée juridiquement ! Monsieur Poisson qui en plus, n’est certainement pas un mauvais bougre me paraît ici nager dans des eaux particulièrement troubles…

 

Avant de vous saluer, je vous laisse un petit cadeau d’anniversaire, deux phrases de Malraux qui ne font de mal à personne :

 

« Croyez-vous que toute vie réellement religieuse ne soit pas une conversion de chaque jour? »

 

Et, tirée de « la condition humaine » :

« 

Il ne faut pas neuf mois, il faut soixante ans pour faire un homme, soixante ans de sacrifices, de volonté, de... tant de choses ! Et quand cet homme est fait, quand il n'y a plus en lui-même rien de l'enfance, ni de l'adolescence, quand, vraiment, il est un homme, il n'est plus bon qu'à mourir

»

 

 

 

A 70 ans, vous avez encore largement le temps de balayer vos certitudes, c’est tout le mal que je vous souhaite.

A vous lire,

Meilleurs sentiments

 

 

Dominique Rossignol

« http://www.lahune.org/ »

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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