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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:29

Juillet 2010

 

 

 

Lettre ouverte à Madame Florence Woerth

 

 

Madame,

 

Vous êtes actuellement sous les feux (bien nourris) de l’actualité et les médias ne vous épargnent pas. Ces pénibles circonstances ont incité notre blog « la hune » (http://lahune.over-blog.fr/), dont un certain nombre de contributeurs et de lecteurs côtoient le monde financier, à tenter de vous faire échapper, ne serait-ce que quelques minutes, à un quotidien qui doit être bien morose… C’est pourquoi, nous vous proposons de jouer avec nous à un jeu qui s’apparente à une version simplifiée du jeu des 1000 €uros et qui consistera pour vous seulement à répondre à quelques questions. Vous êtes prête ? alors on y va !

 

1ère question (bleue) de monsieur X, ancien DRH de Banque :Pour quelles raisons avez vous été recrutée par Monsieur Patrice de Maistre ?

 

Selon le quotidien économique La Tribune, « Florence Woerth assure par ailleurs que sa nomination en novembre 2007 n'est pas liée à l'arrivée de son mari cinq mois plus tôt au poste de ministre du Budget, comme le laisse entendre Patrice de Maistre dans les enregistrements. Elle explique que c'est dans le cadre de son précédent travail, dans une banque de gestion de patrimoine, qu'elle a été amenée à rencontrer Patrice de Maistre, qui lui a proposé un poste quelques jours plus tard. ». La réponse pourrait être satisfaisante… si celà répondait à la question posée : en effet, si un candidat à un poste peut, et lui seul, indiquer les raisons qui l’incitent à faire acte de candidature dans une entreprise, c’est en général celui qui recrute qui, in fine, peut justifier ce pourquoi il choisit un candidat plutôt qu’un autre. En l’occurrence, vous prétendez que le fait que votre mari soit ministre du Budget à l’époque de votre recrutement n’est pas lié à votre recrutement alors que le recruteur dit l’inverse… Faut-il croire le recruteur ou le recruté ? Par ailleurs, votre réponse est biaisée puisque vous vous contentez de dire que c’est dans le cadre de votre précédent travail que vous aviez fait la connaissance de Patrice de Maistre, votre futur employeur … mais cette réponse n’est absolument pas contradictoire avec le fait que ce dernier vous ait recruté en raison de la position de votre mari…

 

Alors, Madame Woerth, avez vous une autre réponse à nous fournir ?

Tit…tit…tit…tit…tit…….ding, ding, dong… la réponse viendra plus tard ; passons à la seconde question…

 

 

2ème question (blanche) de Monsieur Y, gestionnaire de patrimoine : Quelles sont les raisons qui vous ont incité à rester 3 ans au service de Clymène ?

 

Toujours selon la Tribune, « cette société (Clymène) chargée de valoriser les dividendes versés par L'Oréal à Liliane Bettencourt, aurait enregistré cinq années de perte sur neuf années d'exercice... Sur neuf exercices, 107 millions de capitaux se sont volatilisés, sur un total de 170 millions de capital »…

 

A l’évidence, la société au sein de laquelle vous êtes entrée perdait de l’argent et a continué à en perdre avec vous de manière colossale. Même si comme vous le dites, la culture du secret est extrêmement poussée dans ce type d’entreprise, vous n’avez pas pu ne pas vous interroger sur les raisons de ces pertes et sur l’avenir de la structure. Vous avez forcément questionné à ce sujet votre employeur… Que vous a-t-il répondu ? Pour quelles raisons votre salaire a-t-il augmenté alors que manifestement, les résultats de l’entreprise étaient catastrophiques ? Vous êtes vous demandé pourquoi l’actionnaire unique de Clymène (Liliane Bettencourt) ne réagissait pas à cette situation ? Quel intérêt avait-elle donc à continuer à perdre de l’argent ? Vous ignoriez tout des éventuelles fraudes fiscales de Madame Bettencourt dont vous gériez les dividendes mais alors pourquoi, selon un banquier suisse (anonyme, hélas), auriez vous effectué autant de déplacements en Suisse ? Quelle était donc la réalité de votre travail consistant à contribuer à faire perdre de l’argent à votre entreprise en contrepartie d’un salaire extrêmement confortable ?

 

Vous voyez, Madame la candidate cette avalanche de questions est bien résumée dans notre question blanche à laquelle il serait temps de répondre maintenant…

 

Tit…tit…tit…tit…tit…….ding, ding, dong… la réponse viendra plus tard ; passons à la troisième question…

 

 

3ème question (rouge) de Monsieur Z, ancien responsable d’un groupe d’agences bancaires : Dans quelles conditions réelles quittez vous la société Clymène ?

 

Alors que votre mari soutient que, l’un comme l’autre, vous preniez soin d’ériger « une véritable muraille de Chine » (sic) pour justifier la séparation complète entre son ancien métier de ministre du Budget et le vôtre, le voici qui nous apprend lui-même , d’une part, que vous « démissionnez » de Clymène, d’autre part, que la raison de cette démission serait liée notamment à des relations difficiles avec votre supérieur… On remarquera au passage que la muraille de Chine est passablement trouée puisque votre mari annonce lui-même une décision qu’apparemment vous n’avez pas encore prise, et en expose en plus les raisons ! Tout salarié « normal » ayant des relations difficiles avec son employeur se soumet s’il n’a pas trouvé un autre emploi ou éventuellement négocie son départ ou est purement et simplement remercié avec indemnité s’il doit se retrouver au chômage. En l’espèce, vous avez déclaré en ce qui concernait votre démission : « Ce n'est que la suite logique de désaccords réguliers avec lui (Patrick de Maistre), aggravée par l'annonce de l'existence de comptes à l'étranger". … "En démissionnant, je perds mon job. Je ne sais pas si je peux continuer à exercer le métier qui est le mien depuis 1981 ! Aujourd'hui, je ne peux pas prendre un travail sans risquer de voir mon mari accusé de conflit d'intérêts !".

 

Manifestement, vous n’avez pas encore trouvé un autre emploi (hormis une fonction d’administrateur chez Hermès dont les jetons de présence seront loin de compenser votre salaire antérieur) et on ne peut que s’interroger sur les « conditions financières éventuelles » susceptibles d’accompagner cette « démission »…

 

 

Tit…tit…tit…tit…tit…….ding, ding, dong… la réponse ne viendra probablement jamais…

 

Banco ! Banco ! Banco ! Banco !…

 

Bien que l’absence de réponses aux questions de notre jeu ne vous permette pas de tenter la question Banco, nous allons cependant vous la poser : L’enseignement dispensé à HEC serait-il de nature à faire perdre tout sens des réalités aux anciens étudiants dès lors que ces derniers arpentent les allées du pouvoir ?

 

Dingue, dingue, dingue…

 

 

 

Vous le voyez, Madame, et sans qu’il soit ici question de mettre en cause votre intégrité, le moins que l’on puisse dire est que votre communication pose nombre de questions aux simples citoyens que nous sommes et dont « La hune » se fait modestement l’écho.

 

Dans l’attente d’une éventuelle réponse de votre part, recevez l’expression de nos sentiments distingués.

 

 

                                                                                                Pour « La Hune »

 

Dominique Rossignol

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François Lambda 10/09/2010 06:36


coin coin comme dit le canard


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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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