Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 20:02

  

L’orthographe du titre est importante. Quand j’en ai entendu parler la première fois, je me suis demandé en quoi le pitch avait un rapport avec Ramsès II.

En fait, il faut entendre Mommy comme Eddy Mitchell chantait M’man .

Et elle est loin des bandelettes la m’man de Steve. Bien moulée dans un jean qu’elle a du repérer en magasinant au rayon midinette de l’Aubainerie, elle a encore de beaux jours devant elle.

Elle aurait !

Parce qu’elle a bien de la misère avec son Stiiiiive.

Il est pas…comment dire ? Il est pas comme tout le monde, Steve.

C’est le genre teigneux alternatif. Tout doux quand il est sur 220, il peut être survolté quand il passe en mode 110. Steve, quand il pogne les nerfs, c’est une grenade dégoupillée. Du point de vue médico-pédo-légalo-technique, on dirait que c'est un « hyperactif  déjanté ».

Et à 16-17 ans, ça peut peser lourd un hyperactif déjanté sur les bras d’une mère veuve.

 C’est pour ça que Diane doit se résoudre à le confier à des institutions spécialisées quand ça va trop loin.

Mais quand elle le récupère, tout n’est pas réglé. Et surtout pas le vocabulaire avec lequel Steve s’adresse à sa mère. Et comme elle utilise le même champ lexical, on a parfois les oreilles qui frisent.

Il faut dire que Diane Després, alias Mommy, elle n’est pas comme tout le monde non plus. Parce que, des détours de la vie, elle en a connu des chars et puis des barges. Alors elle s’est fabriqué des défenses. Sûrement. Ou alors, c’est qu’elle a laissé des copeaux de maturité dans le caniveau des choses de sa vie.

Et c’est comme ça qu’elle fait jeune, Mommy.

Pas facile à gérer ça non plus quand on est un hyperactif déjanté de 16-17 ans qui passe du 220 au 110. Il peut y avoir les effets qu’on devine en sortant de la salle de bain.

Appeler sa mère Die (prononcer Daille), comme on donne un diminutif à une copine, ça semble hors normes. Mais il n’y a plus de normes dans ce petit cercle. Sauf l’amour, si tant est que l’amour soit quelque chose qui renvoie aux normes.

Asteur, c’est qui cette voisine d’en face ? Mariée, des enfants, même génération que Mommy. Elle s'appelle Kyla (prononcer Kaïla) , mais c'est à peu près tout ce qu'on sait de cette femme-là. Une énigme, elle aussi. C’est quoi son mal-être à celle-ci ?

Qu’est-ce qui fait, tabarnak,  que ce petit monde va faire famille ?

Il faut croire qu'entre handicapés de la relation aux autres on se reconnaît.

Parce que, justement, les choses auraient tendance à s'arranger quand ces trois-là sont ensemble.

Mais il en fait tellement, ce maudit niaiseux de Steve, qu'il y a des moments c'est plus possible !

 

Ne vous attendez pas à ce qu'on vous raconte la fin. Il faut aller voir ce film avant qu'il soit trop tard. Dans un accès de marketing virulent, les films pour enfants avaient squatté les écrans pendant les vacances de Toussaint, mais maintenant on retourne à l'école ! Et on court voir Mommy.

C'est le cinquième long métrage de Xavier Dolan, jeune québécois de 25 ans (à qui on a emprunté ici quelques expressions de chez lui) qui regarde la vie avec une incroyable maturité.

Prix du Jury à Cannes cette année, le bonhomme ira loin.

Ce film est un véritable "coup de poing dans la gueule" ; l'histoire est naturaliste et décapante.

Les acteurs sont magnifiques et indissociables, serrés les uns contre les autres dans un cadrage original. Anne Dorval campe une Diane fêlée qui cherche à rabouter les morceaux, Antoine-Olivier Pilon est un Steve tendre et inquiétant plus vrai que nature, et Suzanne Clément est Kyla, la voisine complice et dévastée. Mais les seconds rôles baignent aussi dans une justesse qui fait l'unité du film. C'est vrai pour l'autre voisin, Paul Béliveau, interprété par Patrick Huard, comme pour Patrick, le mari de Kyla (Alexandre Goyette) tout en discrétion. 

Mommy, c'est une grosse émotion. On ne saurait trop vous conseiller de prendre votre billet.

 

ML 

La bande annonce est disponible via le lien ci-dessous:

https://www.youtube.com/watch?v=GMWv6c6luZA

 

Partager cet article

Repost 0
Published by lahune - dans Culture
commenter cet article

commentaires

nathalie allart 02/11/2014 21:18

Parfaitement d'accord! Loin de la tiédeur de beaucoup de films, celui-là vous remue loin et fort; la langue y est savoureuse pour qui aime le parler pas trop académique. Dolan grandit de film en
film: à suivre ce jeune homme!
Tabernak, tu comprends tu c'que j'te dis? Prends ton chaaaar et va voir cte film là!

Présentation

  • : LA HUNE
  • LA HUNE
  • : humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
  • Contact

Profil

  • lahune

Abonnement

Abonnez vous en cliquant sur l'espace "Abonnement" situé en bas à droite

Faites connaître à voscontacts et invitez les à nous rejoindre

Recherche

La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

Catégories

Les Copains D'abord