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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 13:07

 Le débat télévisé de ce mercredi soir donnera l’occasion, n’en doutons pas, aux  18% de votants qui ont accordé leur suffrage à Marine Le Pen de revenir sur le devant de la scène, au nom du fait que « ces gens-là » doivent être écoutés. On fera aussi les yeux doux aux partisans de François Bayrou, au risque d’une sévère inflammation des muscles adducteurs. Preuve qu’il y aurait encore des indécis et des gens à convaincre. Peut-être parmi nos proches ! Ca vaut la peine de rassembler nos efforts et nos arguments et de nous adresser à ces amis, ces voisins, ces proches, et à nos opposants, pour que le changement intervienne maintenant.

 

Nous aussi nous voulons être écoutés !

 

N’entendez-vous pas ce peuple de gauche qui n’en peut plus de voir notre société glisser vers des abîmes d’hostilité réciproque, de division, d’injustice sociale, de déconsidération de notre nation ?

Pourquoi n’acceptez-vous pas de penser que la démocratie s’exerce dans l’alternance ? Qu’est-ce qui vous fait penser qu’étant de gauche on serait incapable d’administrer le pays ? Le peuple de gauche serait-il moins courageux ? Moins vaillant ? N’a-t-il pas largement démontré, pendant l’occupation des années 1940-44, qu’il était patriote ? N’a-t-il pas su déposer les armes à la Libération lorsque le général De Gaulle appelait au rassemblement, et n’a-t-il pas tout aussi largement contribué à reconstruire le pays sur des bases plus solidaires, plus généreuses ? Sont-ce la droite et le patronat qui, à eux seuls, ont refondé un socle sociétal solide autour des régimes de retraite et de la Sécurité sociale ?

 

Les gens de gauche sont-ils des citoyens de seconde zone ? Des parias ?

 

Acceptez d’entendre que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été une succession de promesses défuntes, de reculades, de coups de menton, d’effets de manche, de cadeaux fiscaux accordés aux plus riches, de compromission avec les puissances de la finance et du CAC 40.

Dès le début de la crise, n’avait-il pas annoncé que « ce capitalisme-là » était condamné ? Qu’on allait en finir avec les paradis fiscaux ?

Qu’en est-il aujourd’hui ? Rien ! Le néant ! Aucune mesure concrète pour mieux encadrer les mauvais travers de nos financiers.

Au lieu de cela, il n’a cessé de pointer du doigt l’immigré, le chômeur, le jeune de banlieue, et aujourd’hui les syndicats !

 

Quelle police nous a-t-il concoctée ? Une police qui ne compte plus dans ses rangs aucun « gardien de la paix » , mais seulement des « forces de l’ordre ». Les mots ont leur valeur !

Une police qui verbalise, qui cogne, qui déloge, qui expulse, qui, parfois, tire dans le dos et à laquelle il voudrait accorder la présomption de légitime défense, Service du roi ! On vient de voir ce que cette présomption de légitime défense produit aux États-Unis : une couleur de peau, une capuche et des lunettes de soleil suffisent à vous assimiler au grand banditisme, alors on tire sur un gamin de 17 ans qui revient de chercher des bonbons à l'épicerie du coin !

 

Dix ans de responsabilités ministérielles, au Budget, aux Finances, à l’Intérieur, et à la tête de l’État. Et il continue à dire que tout va mal, comme s’il n’avait été qu’un simple observateur, privé d'initiative.

Dix ans pendant lesquels la France, de droite comme de gauche, a vu ses services publics se dégrader, être de plus en plus confiés aux bons soins du secteur privé – à condition de pouvoir payer – dans les domaines de l’Enseignement, de la Santé, de la Sécurité, de l’Énergie ….

 

Et la crise serait responsable de tout ? De qui se moque-t-on ?

 

Ces cinq dernières années sans le moindre progrès culturel ! Au contraire, le président de la République a décidé qu’il nommerait lui-même les patrons de la radio et de la télévision en même temps qu’il ironisait sur la Princesse de Clèves !

 

Le tout couronné par cinq années d’une diplomatie hasardeuse qui nous a fait rejoindre l’Otan dont le général De Gaulle, homme de droite assumé mais patriote avant tout, avait décidé qu’il fallait en sortir pour ne plus être le croupion des États-Unis.

Une diplomatie qui engage de façon stérile nos troupes en Afghanistan. Une diplomatie d’arrière-boutique qui propose l’assistance de ses services de police au dictateur tunisien Benali lors des premiers soulèvements annonciateurs des printemps arabes. Belle maîtrise de l’anticipation ! Une diplomatie qui ouvre un camping rue du Faubourg St Honoré pour permettre à Khadafi d’y planter sa tente ! Comme celui-ci partira sans honorer sa promesse d’acheter nos avions de chasse, le directeur du camping, vexé, lui fera une démonstration in vivo de l’efficacité de ses « Mirages ».

Une diplomatie qui flirte avec Poutine : « it’s my wife » dit-il en passant, devant les télévisions, son portable à l’ex-patron du sinistre KGB.

 

Et sur le plan économique, une complicité de fait avec le Medef dont la patronne, Madame Parisot, clame qu’ils ont fait « un boulot exceptionnel », alors que le chômage atteint des sommets jusqu’alors inconnus, que des entreprises florissantes délocalisent le travail et ferment des usines sur notre territoire. Sans vergogne et sans la moindre sanction !

 

Alors oui, le peuple de gauche veut une autre politique.

Nous voulons rétablir l’équité en respectant  le mérite, que le plus fort salaire ne soit pas 400 fois plus important que le moins élevé dans un même corps social.

Nous ne voulons plus que l’héritage soit une base suffisante  pour prétendre au mérite. Et si Nicolas Sarkozy veut «  que celui qui travaille gagne toujours plus que celui qui ne travaille pas » (sic), nous disons « chiche » et nous retournons vers Liliane Bettencourt , vers Arnaud Lagardère et consorts, en les saluant bien bas et en leur souhaitant bonne chance. Au pro rata de leurs trimestres de travail réel, ils vont devoir rembourser pas mal d’argent !

 

Concernant la délinquance et les prisons, nous ne voulons pas que le budget de la France prévoie la création de 30.000 nouvelles cellules, alors même que les cellules actuelles sont dans un état sanitaire déplorable.

Nous voulons une justice qui punisse intelligemment et qui organise la réinsertion des délinquants par le travail, et avec une rémunération qui leur permette de sortir de prison, leur peine purgée, avec un métier et un pécule plutôt que les bons plans pour retomber dans le délit. Ces dernières années on a emprisonné de plus en plus de personnes - 1% de français sont privés de liberté, en comptant les nourrissons - et trop souvent la prison remet ses pensionnaires sur le trottoir sans autre solution que la récidive.

Nous ne voulons plus de cette politique uniquement répressive qui ne juge que les actes sans se préoccuper de la prévention et sans considérer les causes. Il faut aussi que le Parquet soit indépendant.

 

Nous ne voulons plus de cet entourage improbable de ministres d’opérette incompétents et vulgaires : les Morano, Estrosi, Lefèbvre, Besson, Hortefeux, Dati, …

Nous ne voulons plus d’un ministre des basses œuvres comme M. Guéant !

 

Nous avons à gauche des personnes qui savent gérer des projets, des entreprises, des villes, des départements, des régions.

Amis de droite, cessez d’inonder nos messageries de mails chargés de fausses informations (le CV fantaisiste de tel ou tel), de haine et parfois de xénophobie (l’immigré, l’Islam,…).

Comment pouvez-vous être si persuadés d’être les seuls dotés d’un jugement éclairé, équilibré, d’être les seuls vertueux ?

Acceptez qu’on emprunte d’autres voies que celles qui nous ont conduits où nous sommes.

Nous sommes en démocratie : si nous nous sommes trompés, vous pourrez toujours revendiquer de reprendre les rênes. Dans cinq ans. Ou plus tard. Mais n’ayez pas peur de nous.

 

Nous aimons la France autant que vous, et nous ne sommes pas irresponsables !

 

ML

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Published by lahune - dans élections 2012
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commentaires

Daniel Ramirez 02/05/2012 15:21

C'est très bien de récapituler des arguments, et il est peut-être vrai que ce n'est pas encore gagné. Je trouve néanmoins que l'usage répétitif de l'expression "peuple de gauche", n'est pas la
chose la plus adéquate avant un deuxième tour. Dans la dramaturgie de la République, on élit le président de la France et non du peuple de gauche. Sarko, qui s'est fait élire sans rougir au nom une
"droite décomplexée", n'arrête pas de parler maintenant de faire gagner la France. Les mots comptent parce chaque voix compte.

Jean-Guy Monnot 02/05/2012 15:12

Bravo mais n'y a-t-il pas une erreur de pourcentage avec un pour mille (et non pas un pour cent) de français privés de liberté (en prison)? une erreur de sigle du clavier?

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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