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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:44

  

Tout comme un brillant candidat aux présidentielles, le père Woody a un talent inouï pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais ça fait beaucoup moins mal et c'est beaucoup plus charmant que dans notre réalité hexagonale.

Ca va très vite dans les dialogues, on court à perdre Allen, mais il nous rattrape par la manche, ou plutôt par la Méditerranée avec des prises de vues superbes et des décors somptueux.

Voilà, c'est fait ! Deux mauvais jeux de mots et une allusion politique empreinte d'amertume plus tard, que dire du nouvel opus de maître Woody ?

C'est un chef d'œuvre.

C'est jubilatoire, léger dans le ton, profond dans la réflexion.

Ca nous prend par surprise, ça nous retourne comme une crêpe au moment où l'on s'y attend le moins. Ca peut même nous faire réfléchir. Après.

Je vous pose la question : est-ce que nos illusions nous aident à vivre et faut-il s'y abandonner, ou bien n'y a-t-il que la raison qui puisse nous gouverner dans la quête du bonheur ?

Posé comme ça, on a envie de laisser Nietzsche, Kant et leurs copains de classe s'écharper sur le sujet et sur les hypothèses, plutôt qu'aller au cinéma.

Mais imaginez un instant qu'un spécialiste de la grande illusion fasse disparaître un éléphant sous vos yeux, sur scène, et qu'on l'applaudisse pour cette prouesse.

Vous aura-t-il menti ? Mérite-t-il le piloris ? Votre rationalisme a-t-il encore assez de force pour vous convaincre que cet homme est un escroc ?

Et cette charmante médium, fragile comme une plume, qui se met à deviner votre passé, votre avenir, et ceux de vos proches ? Est-elle sincère ? Ne doit-on pas chercher à la confondre, même si ses prédictions sont heureuses ?

Si celle-ci rencontre celui-là, sur quel terrain de jeu vont-ils s'ébattre, et sur quel serait l'enjeu ?

Dites, il ne faudrait quand même pas que ce soit ennuyeux, pontifiant. Il faudrait des dialogues vifs  et ciselés, sertis de perles et de brillantes reparties… Soyez rassurés, le professeur Allen a plus d'un lexique dans sa poche.

On l'a souvent décrit comme le plus français des réalisateurs américains, et, de Paris à la french riviera, il faut reconnaître qu'il sait tourner ses hommages, mais il faut croire aussi qu'il entretient à notre égard quelques infidélités du côté de la perfide Albion, et qu'il aura même poussé l'audace jusqu'à mettre un cierge volant en la très anglicane église de Statford upon Aven où naquit un certain William Shakespeare.

Il y a des comparaisons qu'on peut, dans certains occasions, se permettre.

D'où que son inspiration lui vienne, du ciel et des étoiles ou de l'enfer et du mensonge, Woody Allen nous propose ici un jeu de Cluedo esthétique, intelligent, séduisant, et amusant.

Car on ne s'ennuie pas une minute.

Il faut dire aussi que la performance des acteurs est à la hauteur du scénario. On retrouve un Colin Firth misanthrope et fragile qui nous avait bluffé dans le Discours d'un roi(réalisation Tom Hooper) et ému dans Les voies du destin (très mauvaise traduction pour The railway man - réalisation Jonathan Teplitzky), ainsi qu'une "petite nouvelle", Emma Stone, déjà un peu vue (La couleur des sentiments - réalisation Tate taylor) et qu'on aimera voir encore souvent.

Tout le monde rêverait d'avoir une tante Vanessa de la trempe d'Eileen Atkins, ou un copain Brice à ridiculiser comme Hamish Linklater qui pourrait rivaliser avec Julien Doré pour faire souffrir le ukulélé et nos oreilles profanes.

Mais que dire de cet autre copain, Howard, interprété par Simon Mc Burney, spécialiste des seconds rôles ? Méfiance, confiance ?

Tous ces personnages sont truculents et servis par des artistes en pleine forme et superbement dirigés.

J'entends un bruit… Esprit, es-tu là ?

Oui, assurément.

 

ML

visionnez la bande annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19545749&cfilm=220980.html

 

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Published by lahune - dans Culture
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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