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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 12:07

La semaine passée, il fallait avoir du nez pour saisir toutes les subtilités de l’actualité politique ! Petit résumé des derniers jours :

 

Tout a commencé le samedi 17 novembre dans les rues de la capitale. Une odeur d’encens s’étirait au long du cortège bien fourni des manifestants contre le mariage pour tous. Manifestation assez réussie, il faut en convenir et après tout, on ne va ici ni s’en étonner, ni s’en plaindre puisque ce droit de manifester est évidemment reconnu à tous. L’odeur d’encens était cependant un peu forte dans notre république laïque et voir défiler à la queue leu-leu prêtres, rabbins et imams chantant à l’unisson le même refrain pouvait laisser songeur. Que tous ces braves gens soutenus par une armée de culs bénis veuillent protéger l’institution du mariage religieux, avec les rites, droits et devoirs propres à chaque religion, pourquoi pas ? Mais que les mêmes veuillent s’opposer à ce qu’au sein de la société civile, dans un contexte d’ordre social laïque et tolérant, on interdise à certains membres de notre communauté de pouvoir signer un contrat, voilà qui est choquant. Car le mariage civil n’est pas autre chose qu’un contrat entre deux personnes qui s’aiment (en principe) et qui entendent entretenir une relation faite de droits et devoirs réciproques dans un cadre défini par la loi civile. Ce contrat peut être rompu par le divorce. Sauf à considérer que nous ne serions pas dans une république laïque, ce qui est « péché » ou interdit pour un croyant est inopposable à un non-croyant La religion est du domaine de la sphère privée et si l’espace public doit permettre l’expression et la coexistence des sphères privées, ce ne doit pas être l’inverse : les sphères privées n’ont pas à réglementer l’espace public. Tout cela concerne le mariage pour tous. La question de l’adoption est d’une autre nature, tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’un contrat pouvant être rompu librement par l’une ou l’autre des parties.

Le dimanche 18 novembre, on ne prend pas les mêmes et on recommence ! C’était « Civitas » qui défilait, avec les mêmes mots d’ordre que la veille, mais en latin bien traditionaliste. On sentait moins l’encens que l’odeur des pieds enfermés dans des rangers nostalgiques des défilés au pas de l’oie. L’extrême droite religieuse (ou non) était au grand complet. On y chantait la gloire des saints mais on a pu se rendre compte que d’autres seins n’étaient pas en odeur de sainteté. C’est ainsi que des militantes du mouvement « Femen  et des journalistes, parmi lesquels Caroline Fourest, ont été pris à partie et certains roués de coups.

Samedi 17 novembre, c’était un autre pèlerinage qui était organisé dans la région nantaise. L’abbé Mélenchon était attendu à une grand-messe dont la dimension œcuméniste aurait pu faire baver d’envie tous les religieux du monde entier : des paysans du cru qui voulaient garder leur terre, des écolos venus des quatre coins de France, des militants du Front de Gauche fraîchement convertis à la religion verte, des membres du PC parisien venus s’opposer au PC local (favorable à la construction du nouvel aéroport) ! Et planant au-dessus de la « manif », comme une odeur de cannabis, sorte de « madeleine de Proust » venant rappeler aux plus anciens l’épopée du Larzac… Il faudrait un peu de sérieux et de sérénité pour gérer ce dossier : Un peu de sérieux car Notre Dame des Landes a peu de choses à voir avec le Larzac ; ce ne sont pas les mêmes enjeux économiques et sociaux, il ne s’agit pas de construire un terrain de jeu pour militaires, personne ne peut dire que la décision a été prise sans concertation avec tous les élus locaux… Mais il faudrait également un peu plus de sérénité : Jean Marc Ayrault est un jacobin pur jus qui, sans doute, s’accommode mal de ce qui peut contourner la démocratie institutionnelle. Il est pourtant nécessaire de reposer des questions essentielles sur ce dossier dont l’origine est trop  lointaine pour que certaines données échappent à une réactualisation : l’avenir réel du transport aérien ? L’enjeu économique réel du projet au regard des infrastructures existant déjà dans la région, l’enjeu écologique, financier pour la région, pour l’ensemble des contribuables, pour l’Europe (si une partie du financement provient de fonds européens). Autant de questions dont les réponses doivent être réactualisées afin que les habitants de la région, les élus locaux et les acteurs impliqués puissent réellement se déterminer. Il n’y a pas grand risque à donner un peu plus de temps à la concertation. Il était indispensable que Jean Marc Ayrault montre un signe en ce sens et la décision de mettre en place une commission ad hoc est un premier pas.

 

Depuis dimanche 18 novembre, c’est l’odeur de soufre qui embaume tous les couloirs de l’UMP. Une fois passé le moment d’hilarité que cela a provoqué de voir arrosés, les arroseurs de morale politique, il n’y a pas de quoi se réjouir d’une situation qui met en lumière le principe de relativité de l’intérêt général au regard de l’ambition de pouvoir et de l’ego particulièrement démesuré de l’homme politique. Le PS a raison de la jouer modeste car son passé ne plaide pas pour lui et certains de ses responsables seraient mal placés pour se gausser des chamailleries de droite. Le FN qui se réjouit du spectacle offert espère une fois de plus tirer les marrons du feu, à sa manière, perverse comme d’habitude. Tirer sur l’ambulance pour débaucher les maillons faibles de la droite forte et légitimer un peu plus un discours xénophobe et anti-européen. C’est là le véritable danger pour tous les républicains, la lente dérive vers le nationalisme outrancier et la désignation de l’étranger (de préférence arabe) comme bouc émissaire responsable de nos malheurs. Il n’est qu’à lire les messages véhiculés sur Internet et qui, de plus en plus, font montre d’un racisme à peine voilé, messages d’origine anonyme mais largement et lâchement retransmis d’un « clic » de souris à des contacts de boîtes mails qui doivent ainsi subir les messages de haine d’imbéciles dont la créativité se limite à la maîtrise du copier-coller ! L’UMP a sa responsabilité dans cette dérive largement entamé par Sarkozy et poursuivie par Copé, son suceur de roue du moment.

 

Nous avons perçu une odeur de fraise tagada au congrès des maires de France, lorsque François Hollande a évoqué la « clause de conscience » susceptible d’être invoquée par les maires pour qu’ils puissent se dispenser de célébrer eux-mêmes un mariage homosexuel. A confondre proximité et démagogie, on flirte un peu trop avec l’insipide, la guimauve, bref, la fraise tagada qui est une des premières causes de vomissement chez un électeur de gauche « normal ». A ce compte là, un médecin pourrait invoquer la « clause de conscience » pour refuser de pratiquer l’IVG à une patiente, un ouvrier d’arsenal pacifiste (et il y en a certainement) l’invoquera aussi pour ne pas contribuer à la fabrication d’une arme, un agent EDF écolo l’invoquera pour refuser d’intervenir dans uns centrale thermique ou nucléaire… Fort heureusement, la hâte avec laquelle le propos présidentiel a été relativisé laisse à penser que l’évocation de cette clause de conscience fait déjà partie des promesses qui ne seront pas tenues… et on ne s’en plaindra pas vraiment. Dommage cependant qu’elle ait été faite.

 

 

dr

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

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