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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 17:12

 

Bonjour Goliath,

 

Si je vous nomme ainsi, c’est parce que dans l’hypothèse où nous nous retrouverions l’un à côté de l’autre les gens penseraient, au vu de ma carrure et surtout de la vôtre, que David, c’est moi, et que Goliath, à l’évidence, c’est vous.  Ces présentations minimalistes étant faites, Je voulais vous dire à quel point j’ai été estomaqué en entendant les propos que vous avez tenus sur Radio France à la suite de la condamnation de Jacques Chirac avant hier.

 

En essayant de faire pleurer dans les chaumières sur le sort d’un vieil homme malade, pour des faits datant de 30 ans, je vous ai trouvé bien laxiste, hypersensible, voire, douillet mon bon Douillet. Mais si vous êtes sensible à la condamnation d’un homme qui a entubé les contribuables parisiens pendant de longues années en commettant un abus de pouvoir et dans l’intérêt exclusif de renforcer ce pouvoir, moi, je dois vous confesser que je serais plutôt chatouilleux sur le respect de certains principes de droit comme l’indépendance de la justice et l’égalité des citoyens dans l’application des sanctions qui les frappent lorsqu’ils ont commis un délit.

 

A ce titre, vous devriez être conscient qu’en obtenant le sursis pour ses deux années de prison, Jacques Chirac a reçu un cadeau que n’aurait certainement pas obtenu un petit conseiller municipal ou n’importe quel fonctionnaire qui aurait détourné autant d’argent public. Mais bon, c’est Noël après tout !

 

Vous trouvez la sanction tardive ? à qui la faute ? au statut hyper protecteur du Président de la République qui permet de bloquer toute instruction ou enquête le concernant pendant la durée de son mandat ; la faute à la défense des avocats de Jacques Chirac qui ont multiplié les obstacles d’ordre formel pour tenter d’empêcher les magistrats de juger au fond ; la faute à un Parquet aux ordres dont le comportement s’est avéré plus bas que terre, ce qui est un comble pour un parquet digne de ce nom !

 

Cela dit, vous n’êtes pas le seul à avoir eu cette réaction. Après vous avoir écouté, j’ai entendu des propos quasi identiques chez les responsables de l’UMP, ce qui me laisse à penser qu’en fait, une fois de plus, l’Elysée vous avait fourni ce qu’il est convenu d’appeler maintenant « les éléments de langage » qui sont le kit de survie de votre communication politique. Je suis donc un peu perplexe sur la finalité de cette communication : « Jugement tardif » vous permet d’égratigner au passage cette « lenteur » de la justice que vous fustigez  à longueur de temps ; la compassion pour le vieil homme me semble un peu intéressée, je dois le dire, à l’heure où les stratèges de l’Elysée tentent de ramener au bercail électoral les brebis égarées, les moutons noirs, les moutons à cinq pattes que sont les électeurs tentés par Boutin,  Morin ou Villepin… Les temps sont durs et il vaut mieux mettre du baume au cœur des Chiraquiens…

 

Si vous êtes un homme de bon sens, peut être trouveriez vous judicieux de modifier la constitution de telle sorte que lorsqu’un Président en exercice est suspecté d’avoir commis, avant d’être élu à la Présidence, des infractions graves (la gravité  en question pourrait être appréciée par le Conseil d’Etat par exemple), ce Président en exercice ne puisse être rééligible tant que l’affaire n’a pas été jugée au fond. Les jugements seraient à coup sur, moins tardifs et la compassion pour un « vieil homme » n’aurait alors plus lieu d’être puisque le présumé coupable serait encore assez jeune pour se défendre et répondre se ses actes…

 

Qu’en pensez vous ? Etes vous sensible à cette suggestion, mon bon Douillet ?

 

 

A vous lire,

 

Pour « la hune » (http://lahune.over-blog.fr/)

 

Dominique Rossignol

 

 

PS J’ai entendu François Babouin répéter à l’envi que par les temps d’endettement qui courent, il valait mieux être Français qu’Anglais… « My tailor is not rich » en quelque sorte... Décidément, la diplomatie n’est plus ce qu’elle était et l’élégance toute « Sarkozienne » du propos n’a pas échappé à nos amis Britanniques ; Vous qui connaissez particulièrement le judo et l’art de l’esquive, vous pourriez peut-être lui enseigner comment esquiver un peu mieux les sorties imbéciles de ce genre, sachant qu’au rythme qu’il a, il n’est pas près de devenir ceinture noire !

 

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Published by lahune - dans justice
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jean-guy monnot 19/12/2011 20:24

La suite de l'histoire est surprenante car, en renonçant à faire appel, Jacques Chirac a précisé qu'il ne se reconnaissait pas coupable...ce qu'il avait admis au moins implicitement en acceptant de
rembourser la Ville de Paris du préjudice causé, avec l'aide de l'UMP.

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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