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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:32

 

 

« La hune » (http://lahune.over-blog.fr/) se lance ce dimanche 27 mars 2011 dans un pronostic que d’aucuns pourraient trouver encore bien hasardeux : Nicolas Sarkozy ne peut être élu en 2012 pour la raison très simple qu’il ne se représentera pas…

 

Cette hypothèse d’une non-candidature de l’actuel titulaire de la fonction Elyséenne s’appuie sur un certain nombre de facteurs qui se conjuguent aujourd’hui pour la rendre crédible : Certains tiennent à sa personnalité, d’autres au bilan qu’on peut déjà tirer de son quinquennat finissant,  d’autres encore à l’échec de la stratégie électoraliste qu’il mène.

 

 

1 : le facteur subjectif : le plus grand adversaire de Nicolas Sarkozy s’appelle Sarkozy Nicolas :

 Le monumental ego de notre petit président ne pourra s’accommoder de la possibilité de terminer second d’une élection qu’il a déjà remportée, encore moins d’être éliminé dès le soir du premier tour. Cet ego qui a été jusqu’ici un formidable moteur lui permettant d’accéder à la fonction suprême ne supporterait pas un échec. Par son comportement personnel et politique, dans sa vie privée (ou du moins qui devrait l’être) comme dans l’espace public, cet homme témoigne du besoin quasi existentiel qu’il exprime à savoir, être le centre du regard des autres. Posséder la femme de l’autre, être l’ami des puissants, tutoyer les représentants des médias et les séduire pour exister sous la plume des journalistes et l’objectif des photographes, adopter la posture du défenseur ultime de la victime (d’où l’exploitation du thème sécuritaire), tenter d’apparaître comme le « libérateur » d’Ingrid Bettencourt ou des infirmières bulgares, être, à un moment de l’Histoire, l’homme d’Etat qui a le plus contribuer à réintégrer Kadhafi dans le concert de la Communauté internationale (ce qui implique évidemment aujourd’hui d’apparaître comme celui qui contribue le plus à le renverser !)… Tous ces exemples illustrent l’impossibilité dans laquelle se trouve Nicolas Sarkozy d’accepter d’être désavoué en 2012 par ceux qui l’ont porté au pouvoir. Comme il fallait s’y attendre, les grandes déclarations sur tous les fronts, le vocabulaire guerrier utilisé pour désigner des « coupables » plutôt que de s’attaquer aux problèmes sociaux qui engendrent l’exclusion, l’usage abusif, voire incongru du « Moi-je » ne font que renforcer notre conviction : l’exhibitionnisme du discours volontariste du candidat permanent ne parvient plus à masquer l’impuissance réelle du président élu. Les clignotants des sondages et des élections locales sont au rouge et l’échec électoral se profile sévèrement pour 2012. Nicolas Sarkozy préfèrera céder cette perspective d’échec à un autre candidat de droite plutôt que de perdre la face. C’est la première raison pour laquelle il ne se représentera pas.

 

 

2 : Le bilan du quinquennat sera objectivement catastrophique :

 

Sue le front de la sécurité (qui n’est plus un thème aussi porteur sur le plan électoral), l’échec est patent et il ne pouvait en être autrement puisque la droite ne s’est pas attaquée aux racines du mal (quid du plan Marshall des cités ???). Sur le front du chômage, les résultats ne sont pas au rendez vous et la crise économique est une explication qui paraîtra un peu courte aux électeurs qui constatent que des pays comme l’Allemagne s’en sortent beaucoup mieux. L’appauvrissement des classes moyennes que le candidat avait cru pouvoir faire rêver avec les promesses d’un pouvoir d’achat  accru est une réalité qui aura sa traduction dans les urnes. Les réformes dont le futur candidat de l’UMP se prévaudra en 2012 (ce ne sera pas Nicolas Sarkozy) ont laissé un goût amer pour certaines d’entre elles comme les retraites…

 

L’image de la France s’est dégradée sur le plan international et le cavalier seul dont a fait montre Nicolas Sarkozy dans ce domaine a indisposé de nombreux responsables étrangers, sans parler des errements de la diplomatie. Bref, à l’intérieur comme à l’extérieur, le bilan du Président ne lui donnera pas les atouts qui seraient indispensables pour tenter de gagner la partie électorale : Or, il sait mieux que quiconque que si un simple candidat peut se permettre de promettre haut et fort des réformes, des ruptures et des lendemains qui chantent, ce n’est pas la même chanson pour un Président dont la crédibilité tient principalement à son bilan et non à la répétition de promesses non tenues. C’est la seconde raison pour laquelle Nicolas Sarkozy ne voudra pas se représenter lui-même, afin de ne pas avoir à assumer ce bilan.

 

 

3 : L’échec de la stratégie électoraliste :

 

Les élections cantonales ont montré que Nicolas Sarkozy était complètement siphonné ! Nous voulons évidemment parler de son électorat, siphonné par le Front National pour une part, et par le plus grand parti de France qui est celui de l’abstention. Plusieurs scénarii peuvent théoriquement être envisagés. Pour les décliner, on prendra comme postulats de départ qu’en dépit de ce qui est écrit plus haut, d’une part, Nicolas Sarkozy serait malgré tout candidat à sa propre succession et que d’autre part, seuls, ce dernier, Marine Le Pen et le candidat du PS seraient susceptibles de recueillir assez de voix pour demeurer en lice au deuxième tour de l’élection de 2012.

 

a)      Scénario 1 : La candidate du Front National se retrouve avec le candidat PS au deuxième tour : cette hypothèse n’est pas à négliger et même si l’on peut estimer (et souhaiter) que Marine Le Pen soit largement battue, l’UMP n’aurait d’avenir politique qu’à condition de sauver les meubles à l’occasion des élections législatives qui s’en suivraient. Pour cela, il faudrait pour ce parti devenir la principale formation d’opposition en appelant au vote « utile » contre les candidatures des députés étiquetés à gauche. On comprend mieux les pseudo dérapages de Claude Guéant qui s’ingénie, en adoptant des postures extrêmes, à rendre plus réelle la porosité des frontières idéologiques qui séparent l’UMP du Front National. En effet, on peut estimer que l’appareil de l’UMP et l’implantation locale de ses élus empêcherait un raz de marée de candidats du FN au second tour des législatives. C’est tout l’intérêt de la stratégie du « ni-ni » utilisée aux cantonales : en refusant de condamner les valeurs du FN et en ramenant la concurrence entre FN et UMP à un débat d’idées, on se place dans une optique gestionnaire des affaires publiques et dans ce cadre, l’UMP a un avantage incontestable sur son adversaire d’extrême droite. Quoi qu’il en soit, dans ce scénario, Nicolas Sarkozy est éliminé d’emblée ce qui pour lui est inacceptable.

 

b) scénario 2 : Nicolas Sarkozy se retrouve face au candidat PS au second tour : on peut dans ce cas estimer raisonnablement que ses chances d’être élu sont minces au vu de son bilan. Sa seule chance de l’emporter serait de bénéficier des voies d’une droite rassemblée avec l’extrême droite. Les dérapages de Claude Guéant (et d’autres UMP) pourraient contribuer à rendre l’hypothèse plausible mais deux obstacles surgissent aussitôt : un accord politique entre les deux formations est peu envisageable et serait de nature à faire imploser l’UMP. Par ailleurs, un pacte de non-agression, même confidentiel, ne pourrait avoir de réalité qu’au terme d’un marchandage électoral pour assurer une représentation significative du FN à l’Assemblée Nationale. On voit mal les sortants de l’UMP renoncer facilement à leurs sièges pour les offrir au FN ; on voit mal les électeurs UMP suivre aveuglément des consignes électorales de ce type. On le voit là encore, le risque est grand, pour Nicolas Sarkozy, d’être non seulement battu lui-même mais d’apparaître également comme le fossoyeur de son propre parti.

 

c)      Scénario 3 : Nicolas Sarkozy se retrouve au second tour face à Marine Le Pen. C’est en fait probablement la seule voie qui reste ouverte à Nicolas Sarkozy pour espérer être réélu. Le problème, c’est que cela suppose des conditions loin d’être acquises aujourd’hui : il faudrait pour cela que la candidature PS soit très affaiblie à la fois par les dégâts internes que pourraient entraîner les primaires au sein du parti et que l’électorat de gauche se disperse sur les verts et Jean Luc Mélenchon. Ce n’est pas totalement impossible et on ne peut que s’interroger sur l’absence d’agressivité vis à vis de ce dernier dont font preuve les responsables politiques de l’UMP (ce n’est évidemment pas réciproque !). Par ailleurs, s’opposer fortement à la candidate FN au second tour serait un exercice de contorsion difficile, venant après les clins d’œil appuyés qu’il faudrait faire au FN jusqu’au premier tour pour assurer la réalisation de ce scénario.

 

 

 

 

Pour toutes ces raisons, on voit mal une réélection de Nicolas Sarkozy en 2012. Bien entendu, d’ici là, ce dernier va tout faire pour redresser son image, proposer de nouvelles feuilles de route pour faire oublier son maigre bilan qui tiendrait sans la moindre indécence derrière une feuille de vigne.

L’homme des crocs de boucher n’entrera donc sans doute pas dans l’Histoire, l’Homme de Cro-Magnon peut dormir tranquille, le petit homme des crocs mignons ne lui arrivera pas à la cheville.

 

 

dr

 

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Published by lahune - dans élections 2012
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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