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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:40

 

Avec quelques jours d’avance sur le calendrier des chères têtes blondes, le gouvernement fait sa rentrée à grands coups de médias pour dire au bon peuple tout le bien que lui procurera  l’utilisation des derniers outils mis au point au cours de l’été.

 

La gomme, c’est d’abord pour les promesses du candidat Sarkozy qui tombent les unes après les autres. Après le bouclier fiscal, voici le tour des heures supplémentaires qui devaient permettre de gagner plus ! A la trappe, les promesses du Président du pouvoir d’achat ! Ne parlons pas non plus des promesses d’emploi pour les jeunes, de logements pour que plus personne ne dorme dehors, de la sécurité qui devait revenir dans les quartiers… Le courageux Président qui voit sa cote de popularité stagner dans les sondages, en dépit du silence qu’il s’impose pour avoir un peu plus l’air d’un Président, charge Fillon de passer la gomme sur les promesses pour ne pas apparaître en première ligne.

 

L’ardoise, c’est ce que tout le monde va partager, sauf que les pauvres, les modestes et les moyens vont partager un peu plus que les autres ! La facture de la crise économique et de l’endettement budgétaire est une réalité incontournable et la France va devoir la payer. Evidemment et en dépit des effets d’annonce sur la taxation des très gros revenus (500 000 €uros annuels, c’est le revenu annuel de 30 smicards !), ce sont les moins bien lotis qui vont contribuer le plus via la fiscalité indirecte, la baisse des moyens alloués aux services publics, l’augmentation des taxes sur les mutuelles de santé qui seront évidemment répercutées sur les consommateurs… Mais l’ardoise, elle ne sera payée ni par les grandes entreprises, ni par les plus hauts revenus qui ont largement profité des largesses Sarkoziennes pour augmenter considérablement leurs patrimoines depuis 2007…

 

Les ciseaux, ils sont affûtés pour opérer des coupes sombres sur les services publics, sur la culture, sur les subventions dont bénéficie le secteur associatif. Peut être qu’à son corps défendant, le gouvernement  parviendra même à couper les ponts avec son électorat populaire. Les ciseaux ne couperont évidemment pas les ponts d’or construits durant le quinquennat pour les bons amis du Fouquet’s dont certains en viennent à appeler le pouvoir à les taxer un peu plus… Ah, les braves gens ! Il faut croire qu’après avoir profité largement des cadeaux fiscaux consentis par le Prince, ce geste qu’ils esquissent s’apparente finalement à la monnaie que le client laisse sur le comptoir en guise de pourboire … ou  à celui du joueur de casino qui quitte la table de jeu après avoir gagné des sommes folles en laissant quelques jetons pou le « personnel » !

 

La règle (d’or) vient à point nommé dans le débat public : Passons sur le cynisme consistant à se vêtir du blanc manteau de la rigueur budgétaire, après avoir largement contribué au déficit de l’Etat en accordant des cadeaux fiscaux sans effet ni sur l’emploi, ni sur l’investissement. Passons sur la stratégie nauséabonde visant à tenter de couper les moyens de mettre en oeuvre une politique plus sociale à un éventuel gouvernement de gauche. Passons encore sur la tactique politicienne qui tente d’obliger l’adversaire politique à n’avoir qu’un programme complètement édulcoré ou que l’on présentera comme totalement irréaliste car impossible à financer dans le cadre de cette règle d’or.

On se contentera ici de répéter que faire de cette règle d’or un principe constitutionnel n’a strictement aucun intérêt puisque cette règle s’impose déjà à tous les pays de l’Union Européenne, dont la France ; Par ailleurs, on fera aimablement ( ?) remarquer au prince qui nous gouverne mal qu’il s’est déjà confortablement assis sur des droits fondamentaux de nos concitoyens comme le droit au logement ou le droit au travail (qui existe toujours dans le préambule de notre constitution).

On ajoutera que cette règle qui est de bonne gestion, s’applique à tout gouvernement responsable comme à toute opposition sérieuse. Il n’est pas besoin de la graver dans le marbre constitutionnel pour la pratiquer, comme cela a été le cas pour tous les gouvernements de la République. A moins que la « constitutionnalisation » de cette règle d’or soit le « gage » réclamé par les marchés, ce qui serait une nouvelle capitulation du politique devant les puissances d’argent.

Puisque notre locataire Elyséen semble avoir des fourmis dans les doigts lorsqu’il relit la Constitution, on lui suggère une vraie modification : Actuellement, seul, le Président a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée Nationale aux termes de l’article 12 de notre Constitution. Comme pur le référendum d’initiative populaire, nous proposons qu’un référendum visant à dissoudre l’Assemblée Nationale puisse être organisé à l’initiative d’un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, notamment quand ceux ci constatent que les promesses électorales qui leur ont été faites ne sont pas tenues. Cela inciterait les acteurs de la vie politique à être un peu plus réalistes lorsqu’ils se présentent à nos suffrages et les gouvernants à être un peu plus soucieux de tenir leurs engagements.

 

 

Cette rentrée politique faite de rigueur et de grisaille ne doit cependant pas nous inciter à devenir des adeptes de l’école buissonnière, en d’autres termes, à nous désintéresser de la vie politique. En nous présentant son plan de rigueur, François Fillon s’est évertué à tenter de nous persuader que les sacrifices seraient consentis équitablement… Ce faisant, il prend les citoyens pour des électeurs et les électeurs pour des imbéciles. A ce titre, il mérite largement le premier bonnet d’âne de cette rentrée.

 

 

 

dr

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Published by lahune - dans économie-social
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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