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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 16:27

 

L’actualité de ces derniers jours est un vrai fourre-tout : les mauvaises nouvelles économiques, les émeutes en Grande Bretagne, les dirigeants politiques qui interrompent leurs vacances à peine commencées… le mois d’août est vraiment pourri et la météo des prochains mois n’est vraiment pas optimiste…

 

 

Comment qualifier d’abord ce qui se passe en Grande Bretagne ? David Cameron tente de rétablir l’ordre en mobilisant une police qui, comme en France, s’est vue amputée de certains de ses moyens depuis quelques années. Discours martial, coups de menton, on désigne les « voyous » qui cassent les vitrines comme d’autre, de l’autre côté de la Manche, désignaient les racailles et promettaient la sécurité à coups de Karcher… avec le succès que l’on sait ! Si l’on comprend évidemment l’exigence qu’il y a à rétablir l’ordre dans la rue, on ne peut que déplorer que la seule réponse à ce déchaînement soit de nature répressive. Pourquoi une probable bavure policière entraîne-t-elle une telle réaction, une colère qui justement, s’exprime par le pillage ? Les jeunes qui se livrent à ces pillages sont-ils véritablement des « voyous » ou n’ont-ils pas choisi d’adopter pour la circonstance un comportement « voyou » ? Ils choisissent de casser des vitrines, c’est à dire des lieux d’exposition de produits de consommation. Ils se servent et cassent ainsi le processus normal de la consommation : exposition du produit, affichage du contrat (le prix), acceptation du contrat par la remise du produit contre son paiement.

S’il n’est pas question de faire l’apologie d’un tel comportement, on peut cependant s’interroger sur un point : ce comportement est le fait de jeunes de quartiers difficiles, exclus du monde du travail ou du système scolaire et pour faire simple, assez fortement désocialisés par rapport aux normes d’un Etat démocratique. Une réponse exclusivement répressive ne soignera évidemment pas le mal. On ne naît pas voyou mais on peut en adopter le comportement si l’Etat et la société n’offrent pas de futur. Les « indignés » qui manifestent depuis des mois en Europe sont sans doute aussi désespérés que ces « voyous ». Pour l’heure, ils se « contentent » de manifester, sans violences, mais quelle réponse leur sera donnée par un monde politique auquel ils ne croient d’ailleurs plus ? Qu’y aura-t-il après « l’indignation » ?

 

 

La crise financière et économique devient chaque jour plus menaçante : Les Etats Unis qui pensaient que l’alphabet était exclusivement composé de la lettre « A » vont devoir retourner à l’école. La zone Euro commence à bégayer à son tour ; Il suffit qu’un journal britannique connaissant à peine le B.A BA de la finance fasse état d’une rumeur sur la Société Générale pour que la Bourse de Paris chute de 5% en une seule séance. La Banque en question avait comme  les autres Banques européennes d’ailleurs, passé avec succès l’épreuve du « scénario de crise »… ce qui en dit long sur la crédibilité des leçons que l’on peut en tirer dans le contexte de tourmente actuel ! La machine infernale va-t-elle s’arrêter ? personne ne semble capable de répondre à la question…

Jusqu’à quand les citoyens de nos pays, les hommes politiques qui aspirent à les gouverner et les gouvernements eux-mêmes vont-ils accepter que des mécanismes économiques et des institutions financières dictent leur loi sans contrôle ? Avez vous souvenir d’avoir voté un jour pour une agence de notation financière ? pour un banquier ? pour un fonds de pension ? A quoi pourrait servir de voter dans une démocratie si le gouvernement élu n’a ni le pouvoir, ni la volonté de maîtriser la machine infernale qui nous tient par la barbichette ?

Dans une démocratie digne de ce nom, lorsqu’une ressource présente un intérêt stratégique vital pour la survie de la nation, on fait en sorte que cette ressource soit totalement contrôlée par l’Etat. Il en a été ainsi en France à une époque pour l’électricité, le nucléaire, le transport ferroviaire… On comprend que les démocraties aient voulu secourir les banques pour éviter une crise économique mondiale mais on ne comprend pas que l’on ait pas tiré aussitôt la leçon qui en découlait : si la sauvegarde des institutions financières représente un intérêt vital pour nos démocraties, pourquoi la contrepartie immédiate de ce sauvetage n’a-t-elle pas été accompagnée aussitôt d’un vrai contrôle permettant la maîtrise de la machine infernale ? Le discours d’alors sur « la moralisation du capitalisme » prend aujourd’hui toute sa valeur : au mieux, un vœu pieux, au pire, une supercherie.

On souhaiterait que les responsables politiques qui aspirent à gouverner notre pays en 2012 aient un discours audible et crédible sur ces questions ; On souhaiterait que la gauche européenne se rassemble autour d’une philosophie, d’une volonté et d’objectifs communs pour que la démocratie survive. La France ne peut mener un combat isolé mais l’Europe demeure, on l’espère, encore assez forte pour faire entendre sa voix. Ce n’est évidemment pas la sortie de l’Euro préconisée par le Front National qui pourra sauver notre démocratie : Marine Le Pen le sait mais son attachement à la démocratie restant à démontrer, ce n’est pas ici un sujet d’étonnement.

 

 

 

Dernier sujet de cette chronique fourre-tout de ce début d’août pourri : On a appris que Christine Lagarde qui occupe depuis peu le fauteuil de Directrice Générale du FMI se retrouvait sur la sellette, la Cour de Justice de la République ayant émis un avis favorable à l’ouverture d’une enquête pour complicité de faux et détournement de biens publics dans la décision de faire appel à un tribunal arbitral pour…  « dédommager » Bernard Tapie. Bien entendu, elle proteste de sa bonne foi dans cette affaire tout en ajoutant que quand même, elle n’a pas une tête à être la copine à Nanard ! On veut bien la croire, même ce type de défense paraît un peu « court » et fait songer à un argument de marchand de Tapie…  C’est vrai qu’elle, elle n’en a pas franchement la tête, mais son patron d’alors ? celui qui sait si bien fredonner « les copains d’abord »…

 

 

dr

 

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Published by lahune - dans élections 2012
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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