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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 09:32

 

 

S’il existe un inconscient collectif de la classe politique, il s’est alors traduit cette semaine dans l’agenda d’un certain nombre de prétendants à l’élection présidentielle de 2012… Nicolas Sarkozy est venu à Saint Nazaire lancer le projet de grand parc d’éoliennes qui doit voir le jour d’ici quelques années. C’est un signe qui ne trompe pas de la part du plus grand brasseur de vent que la Vème république ait connu…

 

 

1 : le moulinet à vent de l’Elysée : La conférence de presse donnée par le Président de la République était un exercice soi-disant démocratique digne d’une république bananière : les questions ne pouvant porter que sur les sujets dont Nicolas Sarkozy avait préparé les réponses, l’intérêt résidait uniquement pour celui ci dans l’image qu’il lui fallait donner. En vue de l’élection de 2012, il lui faut impérativement se doter d’une reconnaissance au niveau international pour tenter de redorer un blason intérieur totalement défraîchi ; en quelque sorte, rééditer à travers la Présidence du G 20 le « coup » de la Géorgie lorsqu’il présidait aux destinées de l’Union Européenne, et qui avait été payant en termes d’image. Le problème, c’est que Nicolas Sarkozy qui s’est montré impuissant à réaliser en interne les promesses qu’il avait faites alors qu’il disposait d’une majorité docile, aura bien du mal à s’imposer face à des interlocuteurs internationaux qui n’ont besoin ni de la France, ni de son Président, pour faire ce qu’ils veulent. Une fois de plus, les déclarations d’intention de l’hôte de l’Elysée sont à prendre pour ce qu’elles sont à savoir, des outils de communication à l’usage d’électeurs à récupérer. (A titre d’exemple, l’actualité sociale vient nous rappeler que le chômage a augmenté en France de 3 et 5% (selon les catégories) en un an, alors que le Président avait annoncé il y a un an  qu’il allait diminuer!)

 

Tout ceci est donc de l’air brassé, comme en témoigne les propos de Nicolas Sarkozy au lendemain de sa conférence de presse : Le docteur Jekill-Président du G 20 se transformait à nouveau en Mister Hyde-Président du fait divers. On conçoit tout à fait qu’un Président éprouve autant de compassion que tout autre citoyen face à un drame du quotidien. Là n’est pas la question. Ce qu’on lui demande en qualité de responsable politique, c’est de donner à la Justice les moyens matériels et humains qui lui permettent de remplir efficacement sa mission. Les promesses de lois nouvelles, les coups de menton ou les moulinets d’épaules ne brassent que le vent de l’impuissance et constituent seulement une gesticulation compatissante à des fins électoralistes. Dans le domaine de la sécurité et de la Justice,  Nicolas Sarkozy agit exactement comme le patron d’une entreprise de construction qui édicterait toutes les semaines des consignes de sécurité sur l’obligation du port du casque, l’interdiction de marcher sans chaussures de sécurité, sous peine de sanctions, et qui n’installerait pas de garde fou sur des échafaudages qui ne seraient pas arrimés !

 

 

2 : Le vent souffle aussi de la gauche : Sarkolène Royal a fait très fort aussi, cette semaine ! Du fait que son image dans l’opinion est fortement dégradée, la reconquête du corps électoral est une longue marche qui l’oblige à partir dès maintenant en campagne. Soit, après tout, cela n’est pas condamnable. Le problème, c’est qu’elle tient des propos qui sont justement des « propos de campagne » et qu’elle aussi fait des promesses qui ne résistent pas à l’analyse. Sa dernière trouvaille consiste à vouloir interdire les « licenciements boursiers ». Il faudrait d’abord nous expliquer ce qu’est un « licenciement boursier », notion sans aucun contenu juridique. Faut-il en revenir à l’autorisation préalable par l’administration de tout licenciement économique, afin de contrôler l’existence ou non de son caractère « boursier » ? Cette mesure ne concernerait-elle que les entreprises cotées en bourse ? Quid des entreprises dont le siège est à l’étranger ? autant de questions qui incitent à penser que pour exister, Madame Royal se met-elle aussi à brasser beaucoup d’air…

 

Un qui ne manque pas d’air non plus, c’est notre ami Jean Luc Mélenchon, candidat autoproclamé de la gauche de la gauche et qui entend rassembler sur son humble personne, l’ensemble des voies de gauche. Il ne manque surtout pas d’airs renfrognés ou bougons, notre Jean Luc, et il en joue même à loisir devant des médias complaisants qui ont découvert que vendre du Mélenchon, ça faisait monter les tirages. Ne cherchons pas de programme derrière le candidat puisque pour l’heure, il n’y en a pas et il ne peut y en avoir. La stratégie de l’intéressé consiste à fédérer d’abord autour de lui, et à bâtir ensuite avec ceux qui le rejoindront, une plate-forme politique. Mais là encore, nous sommes au pays des moulins à vent parce qu’on peut légitimement s’interroger sur la possibilité de l’intéressé d’organiser une fête de famille avec le PC et le NPA avec lesquels, il n’a pas réussi à signer de PACS, avec le PS dont il a divorcé, avec les Verts avec lesquels il ne s’est jamais entendu… Jean Luc ne vendrait-il pas du vent pour exister et créer l’événement ?

 

 

3 : Marine Le Pen va-t-elle se dégonfler comme une baudruche ?  Elle essaie de se différencier un peu de son père mais ne peut s’empêcher de copier sa diction, sans en avoir l’éloquence. Son discours est absolument creux comme en témoignait sa prestation au JT de France 2. Elle nous promet la suppression de l’Euro et le retour au franc, en balayant sous le tapis les conséquences économiques catastrophiques qui s’en suivraient mécaniquement pour les entreprises mais d’abord et surtout, pour les citoyens. Elle prétend instaurer un protectionnisme « filtrant » aux frontières et charge « des économistes du FN » de décliner ultérieurement cette proposition démagogique. La concurrence internationale pourrait donc ainsi, comme le nuage de Tchernobyl, s’arrêter juste au-dessus de nos frontières ! Il nous reste à espérer que les électeurs s’aperçoivent que ce discours a la consistance d’un courant d’air et que la baudruche qui le porte se dégonflera rapidement. Derrière la baudruche dégonflée, ils constateront que Marine Le Pen n’est au Front National que le cache-sexe d’une vieille danseuse essayant de masquer une maladie honteuse qu’on appelait en d’autres temps, la peste brune.

 

*                      *                      *

 

 

On terminera ce bulletin météo simplement en souhaitant bon vent à des candidats qui présenteront un programme cohérent, traduit sous forme d’engagements à tenir et non de promesses à oublier.

Le citoyen le demande pour réfléchir, l’électeur en a besoin pour décider, la démocratie l’exige pour avoir un sens.

 

dr

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Published by lahune - dans élections 2012
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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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