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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 09:19

Depuis ce funeste vendredi 13 novembre 2015, beaucoup d’entre nous avaient besoin de silence pour pleurer, se recueillir, calmer la colère, retrouver l’humanité que les comportements innommables des assassins avaient tenté de tuer en chacun en appelant à répondre à la haine par la haine, à l’animalité par l’inhumanité…

Nous avions besoin de ce silence pour respecter toutes ces familles endeuillées, tous ces amis de victimes si profondément touchés.

Nous avions besoin de ce silence pour que tous ceux qui vivent l’extrême douleur de la perte d’une partie d’eux-mêmes puissent entendre quelques paroles de réconfort, d’amitié, d’amour.

Nous avions besoin de ce silence pour que nous tous, chacun à sa place, tentions de comprendre l’itinéraire meurtrier de ceux qui, hier encore, pouvaient s’asseoir à une terrasse de café, et qui en sont venus à déverser leur haine sur des innocents.

Nous avions besoin de ce silence pour permettre aux responsables politiques, à ceux de la police et de la justice, d’élaborer vite et rationnellement, les réponses les plus adaptées à ces attentats.

Nous avions besoin de ce silence pour que les responsables politiques de tous bords soient les promoteurs de l’unité des citoyens en dépassant l’intérêt de leurs chapelles…

Nous avions besoin de ce silence…

D’aucuns n’ont pas eu cette dignité, oubliant leurs errements passés, donnant des leçons à qui mieux mieux ou profitant lâchement du silence pour propager leurs messages de haine de l’autre.

D’aucuns ont ainsi poussé le mépris jusqu’à nous considérer en ces terribles heures, non comme des citoyens, mais seulement comme des électeurs.

Pour l’heure, ici, on prolongera le silence.

Le moment venu, lorsque nous devrons nous comporter en électeurs, nous le ferons en gardant en mémoire le vacarme indécent de ces parlementaires ou de ces responsables indignes. Nous ferons notre devoir d’électeur, en gardant notre honneur de citoyen, dans le silence de l’isoloir.

Et ce sera justice.

dr

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 17:27

Le cirque Médrano qui fut l’un des plus grands cirques français présentera plusieurs représentations le 11 octobre prochain à Toulon et nul doute que ses clowns feront encore tordre de rire quelques bambins de la cité. Nadine Médrano pourrait sans doute être l’un de ces saltimbanques mais non, Nadine Médrano n’existe pas, pas en tout cas à notre connaissance. Reste que bon an mal an, le cirque Médrano attire encore plus d’un million de spectateurs, ce qui est beaucoup plus que le nombre d’adhérents du parti Répu….

Dario Moréno fut dans les années 1950/1960 un chanteur extrêmement populaire en France. Qui ne se souvient pas de ses fulgurances poétiques telles « si tu vas à Rio, n’oublies pas de monter là-haut… » ou bien de ses textes engagés comme « coucouroucoucou… », un message qui en dit bien plus long que ceux de sa descendante Nadine Moréno… Mais non, Nadine Moréno n’existe pas, pas en tout cas non plus, à notre connaissance. Reste que ce chanteur adulé par de nombreux Français était un immigré Turc qui se plaisait à puiser dans le répertoire latino-américain, drainant des foules de spectateurs bien plus nombreux que les admirateurs ( ?) du président du parti Répu…

Nadine Morano existe, elle, et se montre en spectacle depuis plusieurs semaines dans un numéro qui ne fait pas rire grand monde et à propos duquel, beaucoup de commentateurs se sont brillamment exprimés. Nous n’en rajouterons donc pas. On remarquera seulement qu’elle pensait réaliser son numéro en toute sécurité, oubliant que les amis de Nicolas Sarkozy travaillent en réalité toujours sans filet, n’est-ce pas, Claude Guéant…

Non, on ne va pas ici tirer sur l’ambulance. Nadine Morano est probablement déjà à l’intérieur, entre la vie et la mort politique. Guy Bedos l’avait en son temps qualifiée de malade, avec ses mots à lui auxquels les juges n’ont rien trouver à redire. Ce n’est pas ici qu’on va achever la malade. On ferait mieux de s’intéresser au chauffeur de l’ambulance, Nicolas Sarkozy, qui a force de faire ingurgiter à Nadine un sirop de discours de droite-extrême, a généré chez cette dernière des comportements qui friseraient même le désordre mental pour certains responsables du parti Répu.

Le discours de Moréno suscite pourtant l’intérêt et la sympathie d’un nombre non négligeable d’adhérents de ce parti. Comment pourrait-il en être autrement, après les tentatives de récupération honteuses de l’électorat FN auxquelles s’emploie depuis de nombreux mois, le président des Répus ?

Mais bien entendu, comme d’habitude, ce dernier lâche ses ex-amis en plein vol. Il les envoie faire leur cirque sur le trapèze, recueille pour lui les bravos éventuels et impute les sifflets à ses collaborateurs s’il y en a. Et si par malheur, le trapéziste s’écrase, il reste lui tranquillement sur sa balançoire (on a le trapèze qu’on peut !), à balancer, balancer, balancer de droite à extrême, de droite à extrême, de droite à extrême…

dr

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 13:15

On est d’accord, Platini a été un champion du ballon rond, il y a quelques dizaines d’années. On peut même être certain que pour arriver à ce niveau, il avait une hygiène de vie qui lui interdisait de toucher à d’autres ballons comme le petit ballon de rouge, la référence historique pour bien des sportifs de comptoirs qui n’en finissent pas de commenter les matches de l’ancienne vedette de l’équipe de France…

Doit-on en déduire pour autant qu’un sportif qui s’est interdit à un moment de sa vie le ballon de rouge dédaignerait aussi le pot de vin ?

Cela semblerait en tous cas être l’avis de quelques commentateurs dont le Premier Ministre qui ne pense pas une seconde que Platini pourrait avoir reçu près de 2 millions d’Euros de la main de Joseph Blatter d’une façon illégale. Certes, la présomption d’innocence doit être de mise mais on préfèrerait qu’elle induise une certaine neutralité dans les commentaires plutôt qu’une prise de parole intempestive au vu des éléments qui nous sont révélés…

Platini avait-il un contrat avec la FIFA pour accomplir une prestation au demeurant bien cher payée ? Si c’est le cas, comment a-t-il pu accepter de n’être rémunéré que près de 10 ans après la fin de son « travail » ? Les revenus perçus ont-ils été déclarés au fisc ? en France ? en Suisse ?

Au moment où le gouvernement prévoit d’obliger tous les contribuables à rédiger leurs déclarations de revenus par internet pour permettre le prélèvement à la source, on constate que 10 ans après, pour Platini, la source de la FIFA était loin d’être tarie !

Une chose est sûre, l’argent du foot est bien la source de montagnes de linge sale qu’on aimerait laver simplement. En famille.

dr

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 13:27

Ils sont fous ces wallons !

Et Jaco van Dormael peut prétendre à la couronne impériale des dingues d'Outre-quiévrain , n'en déplaise à Bouli Lanners, autre réalisateur belge bien déjanté lui aussi. (voir Eldorado si ce n'est pas déjà fait - la bande annonce ici : https://www.youtube.com/watch?v=gR_FL4n0tmM

Dieu, tabou ? Même pas peur ! Il faut dire que Jaco s'était déjà attaqué à un autre tabou, il y a presque 20 ans, avec Le huitième jour, dont les héros étaient Pascal Duquenne, un jeune comédien trisomique, et Daniel Auteuil. Résultat : prix d'interprétation masculine à Cannes, attribué aux deux.

Mais, et Dieu dans tout ça ? On y arrive !

Il est grognon le Créateur ! Bougon, colérique, n'accepte pas la moindre contradiction. Il prévoit tout, édicte des lois, comme celle bien connue selon laquelle la tartine de confiture tombe toujours par terre du côté où l'on a mis la confiture. Et cette autre selon laquelle, aux caisses du supermarché, c'est toujours la file d'à côté qui avance le plus vite.

Dieu est un jouisseur cruel ! Pourtant, Il est marié, Dieu, et Il a une fille, Ea, Elle en latin, car la sœur de J.C. Oui, J.C. , comme Van Damme, un autre belge déjanté. Pour de bon celui-ci !

Juché en haut de l'armoire, J.C regarde en pantocrator, et conseille sa frelotte. Alors Ea, cette petite peste qui ne supporte plus les crises de Son Glorieux Papounet, va lui jouer un bon tour : elle va balancer sur la toile les dates de décès de tout un chacun. Et tout un chacun de recevoir sur son ordinateur ou sur son smartphone la nouvelle du jour et de l'heure de sa mort.

Vous rigolez ? Eh bien réfléchissez un peu si ça vous arrivait…

A ce moment du film, trois jeunes enghiennois, que je soupçonne d'être aussi un tantinet catho-traditionalistes, se sont levés, et ont quitté la salle. Manifestement, ce n'étaient pas des enghiennois de la banlieue de Bruxelles !

Jaco ! qu'est-ce que c'est que ces façons de détourner le Livre ? Tu veux qu'on t'envoie un commando d'enfants de chœur de St Nicolas du Chardonnet armés de crucifix à eau bénite ? Popopop ! Doucement les basses, que s'exclame Jacques Deray, tout aussi iconoclaste en 1970. Nous allons connaître l'heure exacte de notre mort, très bien, qu'allons-nous faire du temps qui nous reste à vivre ?…

Petit moment de philosophie :

-Allo Epicure, c'est Kévin.

- Oui, c'est pour quoi ?

- Que pensez-vous de la mort ?

- "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation. Or, la mort est la privation complète de cette dernière…[tu me suis Kévin ?]. Ainsi, celui des maux qui fait le plus frémir n'est rien pour nous, puisque tant que nous existons, la mort n'est pas, et que la mort est là où nous ne sommes plus."

Et Kevin saute de joie…du 15ème étage. Même pas mal ! Ce n'était pas son heure. Et ainsi de suite…

Immergez cette idée fumeuse dans un océan de poésie, sur lequel Ea et ses apôtres naviguent avec un humour sans moquerie, et vous vous surprendrez à éclater de rire plus d'une fois…ou à réfléchir. Le belgo-déjantissime Benoît Poelvoorde en fait des tonnes, mais quand on est Dieu, bougon, irascible au possible, on peut tout se permettre, même jurer en Son propre nom.

Yolande Moreau, ex-Melle Deschien, est une Madame Dieu, bonne épouse et bonne mère, qui, en bonne ménagère, remettra un peu d'ordre dans tout ça.

Pili Groyne, est la petite peste, belge aussi, mais épatante, qui fait rien qu'à embêter Son Papa.

François Damiens, prince de Déjanterie, fait évidemment partie du casting, en tueur fou et maladroit.

Et Catherine Deneuve, qui a du abuser de la bière belge, et tout laisse à penser que ce soit la Mort subite brassée à 15°, nous refait le coup de Max, mon amour, film culte de toute zoophile patentée.

Et aussi Serge Larivière (belge et obsédé sexuel), Marco Lorenzini (parce que les belges acceptent aussi les luxembourgeois et les tickets restaurant), Laura Verlinden (belge et jolie), et d'autres encore, une fois. Que dire d'autre ? Que, comme beaucoup d'autres, cette histoire belge est plus fine qu'il n'y parait à première vue, et que, par conséquent, bienheureux les abonnés aux chaînes à péage qui pourront voir et revoir ce petit chef-d'œuvre d'onirisme pas bien sérieux teinté de surréalisme.

Mais allez au cinéma ! C'est beaucoup mieux.

ML

la bande annonce ici : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19555274&cfilm=222641.html

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 10:52

« Si les cons volaient, tu serais chef d’escadrille ! » (Michel Audiard)

Ainsi, en déboutant Nadine Morano de son procès contre Guy Bedos (lequel l’avait traitée de « conne »), les juges ont décerné de fait à la plaignante son brevet de pilote. Comme le soulignait un dessin du « Monde », après avoir perdu son procès, elle passe pour quoi, maintenant ?

Cela étant, l’argumentation des juges est pertinente : Bedos est relaxé parce que ce qu’il a dit n’a pas dépassé le cadre de ses outrances habituelles. Et c’est ainsi que la Justice aurait sans doute également tranché si d’aventure, l’exploitant agricole qui s’était fait traiter de « connard » par Sarkozy avait eu la fâcheuse idée d’aller au tribunal pour demander réparations. En l’espèce, Sarkozy n’avait pas non plus dépassé le cadre des outrances dont il est coutumier tant il est de notoriété publique qu’il qualifie ainsi ses collaborateurs, ses ex ministres, ses rivaux politiques jusqu’aux électeurs eux-mêmes qu’il continue à flatter en les prenant pour des imbéciles.

Les juges ont estimé que Bedos n’avait pas fait pire que vous et moi en voiture, lorsque nous apostrophons l’autre conducteur, devant ou derrière nous, l’autre qui évidemment ne conduit pas aussi bien que nous…

Et puisque nous parlons bagnole, Sarkozy (encore lui !) a fustigé une fois de plus la politique migratoire du gouvernement avec les postures qu’il a pris maintenant l’habitude de copier chez Bigard ou d’autres fins humoristes : « un jour, y’a des quotas, le lendemain y’en a plus, un jour on ouvre les frontières, le lendemain on les ferme… Y’a plus de pilote, mais c’est nous qui sommes dans la voiture ! »

Sarkozy rêve de reprendre le volant et de revenir aux manettes… il est possible que d’ici là, les juges lui retirent le permis mais quoi qu’il en soit, si par malheur son rêve se concrétisait, il nous resterait la maigre consolation de pouvoir le qualifier de la même façon que lui et nous qualifions les autres conducteurs, en toute impunité, et ce, grâce à la jurisprudence Morano…

Parce que quand même, si Morano a bien obtenu maintenant son brevet de pilote, on ne peut pas oublier que celui qui lui a appris à voler mérite bien à son tour le titre de chef d’escadrille !

dr

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 21:53

Oublions quelques instants que ce film a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes cette année. Et, pour tout dire, les premières minutes de projection pourraient nous faire douter du palmarès. On sent le film à thèse, et on se dit très vite que le Timbuktu d'Abderrahmane Sissako avait plus de souffle. Mais comparaison n'est pas raison, et ce n'est pas parce qu'un film touche à une actualité brûlante qu'il peut nécessairement être comparé à un autre film qui touche à une autre actualité tout aussi brûlante.

" Les Tigres tamoul du Sri Lanka forment l'un des mouvements de guérilla les plus redoutables et les mieux organisés au monde, et ont, en 37 ans de conflit séparatiste, toujours déjoués les pronostics annonçant leur anéantissement" Le Parisien 2 janvier 2009

Les premières images sont celles de petites sections armées en déroute et d'un camp de réfugiés. Changer d'identité pour faire partie des premiers partants. Les familles d'abord. Alors, apprendre par cœur l'histoire de ce combattant mort dont il va hériter du passeport. Chercher un orphelin dont elle sera la mère de circonstance, et, elle aussi, recevoir les papiers d'un mort. "Tu ne lui ressembles pas beaucoup, il faudrait que tu maigrisses" conseille le pourvoyeur.

Finalement ils partent. Sans se connaître. Mais avec le même nom.

Partir où ? Chez sa sœur, en Angleterre. C'est là qu'elle veut aller. "La petite, tu t'en débrouilles". Deephan n'est pas là pour assumer cette fausse paternité. France, terre d'asile, ou de transit. C'est selon. Arrivés en France, il faut trouver du boulot. Mais c'est quelle France ici ? Dans la cité, nettoyer est devenu une gageure. Les guetteurs occupent les cages d'escaliers. Tu nettoieras quand ils auront terminé leur petit trafic. Mais il va nettoyer, Deephan, jusqu'au bout !

Se reconstruire une identité, s'inventer une famille, souvent ce sont les autres qui les obligent à faire comme si. Le début d'une humanité va venir de l'enfant. L'école c'est quitter ses "parents". C'est aussi une peur de plus, pas comme les autres celle-ci, une peur d'ici, où l'on n'a pas de repères. Sauf les deux adultes.

Dormir sous le même toit. Mais on se connaît si peu. Un homme et une femme avec une petite fille, et sans chabada-bada…

Audiard fils ne nous a pas habitués à des sujets très éthérés.

De rouille et d'os : un mec à la dérive rencontre une dresseuse d'orque qui vient de se faire arracher la jambe. L'amour avec l'infirmité.

Un prophète : un petit voyou va devenir grand au contact d'un parrain de prison. Arrachage de la langue d'un co-détenu.

De battre mon cœur s'est arrêté, Sur mes lèvres, Regarde les hommes tomber, toujours des situations dans lesquels les individus se débattent, comme ils peuvent, avec leurs pauvres armes. Idem avec Deephan, mais cette fois, Audiard se fait peintre, avec des angles de prises de vue raffinés pour décrire l'intimité naissante, et avec des couleurs chaudes qui rappellent le pays d'où viennent les gens. Il y a même de la douceur. Parfois.

Alors palme ou pas palme, c'est égal, on peut aller voir Deephan et en apprendre encore sur le parcours de ces migrants. Deephan, film social, polar, road movie, on peut y voir de tout. Mais par-dessus tout, c'est du cinéma. Et du bon. Servi par des acteurs qui nous touchent.

ML

La bande annonce ici : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19555244&cfilm=232070.html

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 15:42

A l’Eniversité d’été du FN qui se tenait à Marseille le week-end dernier, le discours de clôture de Marine Le Pen a n’a fait que confirmer que sur le fond, la ligne politique de ce parti demeurait plus que jamais dans l’extrême-droite ligne de ce que connaissait la France en 1934 et qui a permis l’instauration du régime de Vichy. Nationalisme inconséquent, xénophobie, désignation des boucs émissaires, incantations à coups de slogans pour dissimuler l’absence d’idées et de solutions politiques réalistes, bref, tous les ingrédients du populisme se sont retrouvés dans cette harangue de bois, ce qui me fait dire, au risque de confondre les voyelles, que la présidente du FN s’est comportée à l’Eniversité du parti, en Pétain respectueuse.

Elle n’est pas la seule, hélas…

La soi-disant dédiabolisation du FN a notamment eu pour effet de « blanchir » le discours xénophobe. On n’est pas près d’oublier que Copé « décomplexait » la droite française en inventant des histoires de vol de pain au chocolat commis par des gosses venus d’on ne sait où, au détriment de bons enfants français. Depuis, Copé a été pris la main dans le sac pour avoir contribué à ruiner son parti à coups de contrats juteux et de fausses factures avec ses amis de Bygmalion… et pour quelques millions de pains au chocolat, lui !

La dernière interview de Sarkozy dans le Figaro a les accents d’un populisme qui n’a rien à envier à celui du FN. Passons sur le refrain devenu habituel concernant l’impossibilité pour la France d’accueillir dorénavant un seul migrant économique ; passons sur le délire consistant à construire en dehors de l’Europe (et de préférence en Afrique) des centres de rétention dont à notre connaissance, aucun pays ne souhaiterait qu’ils soient établis sur son sol ; passons sur l’hypocrisie d’une distinction entre demandeurs d’asile politique, qui pourraient s’installer définitivement en France,  et réfugiés pour cause de guerre qui, eux, n’auraient droit qu’à un séjour à durée limitée, le temps d’une guerre, et qui seraient ensuite reconduits dans leurs pays, à la merci de l’épuration qui en général hélas, est consécutive au retour de la paix ; souhaitons bon courage aux juristes qui devront définir ce qu’est une guerre, ce qu’est une guerre civile, ce qu’est une opération de maintien de l’ordre, ce qu’est par exemple le conflit en Ukraine dans lequel la Russie est partie prenante… Monsieur Sarkozy est à ce point aux abois sur tous les fronts (politique et judiciaire) qu’il n’a de cesse d’essayer de se refaire une santé en draguant à tout va l’électorat du FN ; c’est ce qui pourrait s’appeler faire le trottoir.

Le pire, c’est que l’opinion française est de plus en plus gangrenée par ce discours aux accents putainiste. Des maires proposent de faire le tri entre émigrés chrétiens et musulmans ; le bon peuple franchouillard demande qu’on s’occupe d’abord des SDF avant d’accueillir des réfugiés, ce bon peuple qui, bien souvent, n’a jamais eu la moindre considération pour les « clodos » et traitait hier encore les chômeurs de fainéants ; ce bon peuple qui véhicule sur internet des images où l’arabe et le musulman sont caricaturés moralement et physiquement, comme l’était le juif en France dans la presse antisémite d’avant-guerre.

Face à ce déferlement de boue, c’est maintenant qu’on doit retrouver l’esprit de résistance.

dr

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 17:36

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer…
(Baudelaire)

Le miroir de la mer était insupportable, en ce jeudi 3 septembre, avec la photo d’un enfant mort, face contre terre, rejeté par les vagues, rejeté par l’inhumanité d’un dictateur syrien, celle de djihadistes sanguinaires, celle de nos sociétés impuissantes à tendre la main, bref, l’inhumanité de tous, la nôtre, celle de chacun.

Le miroir était à ce point insupportable que mis à part « Le Monde » daté du soir, aucun quotidien français n’avait osé publier la terrible photo qui circulait depuis la veille pourtant sur les réseaux sociaux. Il n’est pas injuste de dire qu’en la circonstance, une grande partie de la presse écrite a failli à son devoir d’informer.

Au-delà de ce triste constat, il faut s’interroger sur les raisons qui ont pu inciter tous ces quotidiens à nous aveugler. Peut-être existait-il chez certains un doute sur l’authenticité de la photo, les manipulateurs d’images et les militants de la désinformation pullulant sur la toile…  Mais plus profondément, on peut penser que les responsables des rédactions ont eu peur des réactions de leurs lecteurs. Non pas la peur de choquer l’œil, mais celle de heurter les idées de ces lecteurs. Les Français seraient parait-il d’après un sondage très récent, hostiles à 56% à l’accueil des migrants et réfugiés en France.

Personne ne pourrait taxer sérieusement la presse quotidienne française de sympathie particulière pour le Front National mais force est de constater qu’en l’occurrence, cette presse semble avoir acté le fait que les thèses du FN sont suffisamment ancrées dans une bonne partie de la population pour qu’on ne prenne pas le risque de les contredire. L’opinion française est ainsi devenue gangrenée et en cachant une photo tragique, une partie de la presse s’est bouché les yeux et ceux de ses lecteurs, par peur.

Personne ne pourra dire que la question des migrants est simple mais le refus de regarder est, lui, simpliste. La compassion ne fonde pas une politique ; l’on sait bien que les images s’effacent avec le temps et que les pages des quotidiens s’écrivent souvent à l’encre de l’oubli. Mais voir à quel point la population allemande se mobilise pour donner un peu de chaleur à l’errance doit nous faire profondément réfléchir sur notre égoïsme national, doit nous faire penser en termes politiques et donc en termes d’action, de construction pas à pas d’un monde plus solidaire.

Les propos tenus par l’extrême droite française et repris sans trop de nuances par une bonne partie de la droite, à commencer par le président des répus lui-même relèvent de l’indécence la plus totale, au nom de visées purement politiciennes dont l’inhumanité apparait aujourd’hui encore plus criante. Il y a quelques semaines, Sarkozy s’essayait à l’humour en comparant l’exode des réfugiés à une fuite d’eau dans sa maison. La mer vient tragiquement lui renvoyer le reflet de sa bêtise,

triste à pleurer.

dr

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 11:29

En ce samedi 29 aout 2015, poupée Barbie (Klaus pour son grand père) était invitée à participer à une table ronde organisée par l’évêque de Toulon. Quand le dit grand père invitait jadis en Algérie ses prisonniers à se mettre à table, c’était pour leur faire cracher le morceau, avec des méthodes particulières dont il lui arrive encore de se vanter, et dont on doute qu’elles soient en parfaite harmonie avec le message évangélique ! Mais passons, ce n’est pas ici le propos.

Poupée Barbie se dit croyante, c’est son droit. Poupée Barbie est député du FN, ce qui est le droit de ses électeurs. L’évêque de Toulon-Fréjus voulait organiser une table ronde avec des élus politiques de tous bords habitués à fréquenter la Sainte-Table, pourquoi pas ?

Ici, à « la hune », on ne va pas s’offusquer de cette invitation, ce qui semble le cas de chrétiens de gauche qui acceptent difficilement que des prélats montrent une certaine complaisance à l’égard de la Marion. Après tout, cette complaisance est-elle plus affirmée que celle de Sarkozy et certains répus à l’égard des idées du FN ? Cela resterait à démontrer.

Les propos de la blonde invitée de l’évêque de Toulon ont tourné autour de l’immigration (dont on doit une fois de plus comprendre qu’elle ne rentre pas dans le champ de la charité chrétienne) et de l’opposition du FN à l’avortement comme à toute recherche sur l’embryon.  Rien de bien nouveau sous le soleil du Var. Marion Maréchal-nous-voilà est une habituée des pèlerinages anti-mariage pour tous et des manifs de la Pentecôte à Chartres (non, ce n’est pas une inversion de termes). Ces manifs de Chartres sont chaque année encadrées par de prêtres en soutane et par d’éminents membres du bloc identitaire, dont l’amour du prochain, si ce dernier a le malheur d’être étranger,  s’exprime avec des rangers de façon assez curieusement évangélique !

Une fois de plus, ce qui est insupportable dans le cadre d’une société laïque, c’est de constater que les religions comme le catholicisme ou l’Islam n’ont de cesse de vouloir interférer dans l’ordre moral, à coup d’interdits. Et ce qui est choquant, c’est l’attitude de certains politiques qui utilisent leur appartenance à une religion pour espérer en retirer quelques voix supplémentaires. Comme quoi, si Paris valait bien une messe pour Henri IV, la table ronde de Fréjus vaudra bien quelques bulletins de vote pour la dévote de PACA ! Merci, Monseigneur !

Henri IV souhaitait à ses sujets de pouvoir mettre la poule au pot chaque dimanche. Le FN pastiche le vieil Henri en exhibant chaque dimanche urbi et orbi, la foi de Poupée Barbie qui voudrait bien nous faire croire qu’elle est une oie blanche dans la basse-cour politique. Personnellement, ce que j’apprécie dans l’oie (blanche ou pas), ce n’est pas la foi mais le foie, et encore, bien gras de préférence !

Allez, à table !

dr

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 13:02

Il n’est pas dans les habitudes de « la hune » de lancer des appels, de soutenir des pétitions et encore moins de faire la promotion de tel cercle de penseurs tournant plus ou moins en rond… S’il nous arrive de temps à autre de conseiller la lecture d’un article ou d’un ouvrage qui nous paraissent particulièrement pertinents, nos actions promotionnelles ne vont pas plus loin.

Mais aujourd’hui, on va faire une exception !

Un certain nombre des lecteurs de « la hune » connaissent « Témoignage Chrétien », un hebdomadaire fondé durant la seconde guerre mondiale et qui s’est illustré par des prises de position particulièrement courageuses à des époques cruciales vécues par notre pays, que ce soit durant la Résistance ou au cours de la guerre d’Algérie.

Nous avons ici, à « la hune », de multiples raisons de souhaiter que cet hebdomadaire poursuive son existence, indispensable souffle dans notre société trop souvent tentée par le repli sur elle-même, l’égoïsme, la désignation de boucs émissaires se terminant hélas par la bêtise et le rejet de l’autre. Pour continuer à vivre et à nous faire respirer, TC a besoin d’augmenter le nombre de ses lecteurs.

Nous avons aussi une raison très particulière de soutenir TC : L’hebdomadaire a traversé des moments difficiles mais repart de plus belle avec « l’entrée au sein du Conseil  d’Administration d’acteurs majeurs de la presse,  qui par leur engagement,  témoignent  ainsi de l’idée que TC  doit plus que jamais être présent dans le paysage médiatique pour contribuer, à sa manière, ouverte, engagée et sans sectarisme, à la construction d’une démocratie de fraternité dont notre société a tant besoin », selon les dires de son nouveau Président. Il s’avère aussi que ce nouveau Président, Guy Flury, est un fidèle lecteur de « la hune » depuis son origine.

Et que les lecteurs de « la hune » dont les poils se hérissent quand ils lisent le mot « chrétien » se rassurent. L’hebdomadaire a toujours prôné des valeurs humanistes et laïques. Il reste plus que jamais un îlot de tolérance dans un contexte de renforcement et de durcissement des identités religieuses qui vont à l’encontre du cheminement de TC.

N’hésitez pas à vous abonner pour 3, 6 ou 12 mois,  et surtout,  parlez-en sans modération autour de vous, avec vos proches et relations. TC publie tous les ans, 48 lettres hebdomadaires et 11 suppléments mensuels. En cliquant sur  http://temoignagechretien.fr/, vous trouverez le supplément mensuel sur l'argent et deux numéros de la lettre hebdomadaire…

L’habit ne faisant pas le moine, on peut donc s’abonner sans changer ni sa garde-robe, ni ses convictions.

Amen.

dr

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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