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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 10:32


Ainsi, aux dires du Père Le Pen, ce sont les services secrets qui auraient manigancé, manipulé quelques tueurs, pour perpétrer les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et Porte de Vincennes. Pas besoin d’apporter la preuve de ce qu’il avance, le Père Le Pen, puisque conformément à la rhétorique des complotistes, il lui suffit d’affirmer que la preuve du contraire n’est pas établie…

Le Père Le Pen n’est pas le Père Noël et il ne pourra pas apporter la preuve du contraire : en allumant un feu de bois dans sa cheminée, il aurait déclenché un début d’incendie l’obligeant à quitter en trombe sa maison, avec pour conséquence, une chute malencontreuse. Jamais le Père Noël qui est expert en matière de cheminée n’aurait été aussi maladroit ! Le drame du Père Le Pen, c’est qu’à force de jouer avec les allumettes pour tenter de mettre le feu partout, il lui arrive de se brûler les doigts comme un vulgaire apprenti djihadiste confectionnant un engin de mort… à moins qu’ici encore, ce feu de cheminée ne soit à nouveau un coup de ces satanés services secrets ! On n’a pas jusqu’ici apporté la preuve du contraire…

On aurait grand tort de considérer qu’il ne s’agit là que d’un point de détail de l’histoire de la famille Le Pen. Florian Philippot qui connait bien le Président d’honneur du FN prétend que ce dernier abuserait parfois de la vodka, ce qui l’entrainerait à des déclarations publiques hors de propos avec la ligne politique sinueuse que tente de tracer sa fille pour baliser l’itinéraire qui doit la mener à 2017. Bien entendu, le Père Le Pen qui adore surtout se faire la vodka du diable conteste la version de Philippot ! Il ne boirait que du cidre et soutiendrait sans aucune contestation possible, la nouvelle ligne politique de sa présidente de fille… Trouvez l’erreur ! L’histoire de la famille Le Pen offre quelques anecdotes savoureuses sur les rapports qu’ils entretiennent avec le vin : On se souvient en effet que le Père Le Pen s’était vu offrir un gros cadeau par le cimentier Lambert, archi millionnaire et alcoolique invétéré, qui avait légué une bonne partie de sa fortune… sans doute pour le remercier de lui avoir payé quelques verres au bistrot d’à côté. Selon rue 89, Marine ne cracherait pas non plus sur le pinard, avec cependant une nette préférence pour les blancs… là au moins, la ligne politique reste fidèle à celle du père !

Hier, c’était la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz. Naguère, le Père Le Pen avait qualifié les chambres à gaz d’un point de détail de l’Histoire. Franchement, vous croyez vraiment que c’est le Père Noël qui est une ordure ?

dr

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 19:22

La spectaculaire remontée de François Hollande dans les sondages ne serait, d’après l’UMP, qu’une bulle spéculative… Ce n’est peut-être pas totalement faux et on ne va pas, dans ces colonnes, accorder aujourd’hui plus de crédit qu’hier à des courbes de températures qui traduisent des humeurs sans refléter véritablement l’état de santé du pays. Cela dit, le chef de l’UMP est lui, un expert en bulles si l’on en juge par sa prestation du 11 janvier au cours de laquelle il a surtout cherché à se faire mousser en forçant le passage pour tenter d’apparaitre au premier rang du défilé! La pauvre Carla qui aurait sans doute préféré être ailleurs pourra se consoler en inscrivant « le petit bonhomme en mousse » au répertoire de son prochain récital…

Le paradoxe, c’est que la France entière, de gauche comme de droite, s’est amusée sans retenue en voyant un oiseau malin déféquer sur l’épaule de François Hollande, alors que le comportement ridicule de l’ex-président a suscité la consternation. Le gag de l’oiseau était un bel instant de détente dans un moment de profonde émotion alors que les contorsions du petit Popeye étaient simplement ridicules. Comme quoi, l’inattendu, le spontané, c’est beaucoup plus amusant que le ridicule. C’est là toute la différence entre le drôle et le risible…

Et quand Nicolas Sarkozy, invité le 21 janvier sur le plateau du 20 heures de France 2 est interrogé sur son comportement du 11 janvier, il feint de trouver que la question manque de hauteur ou de dignité ! C’est quand même un comble ! Monsieur Sarkozy nous fait un numéro de Popeye jouant des coudes, dans un moment où la dignité s’imposait à tous, et il en appelle à la dignité pour refuser de justifier son comportement indigne. On sort du ridicule pour enfourcher le cynisme, voire la lâcheté. Sans commentaires.

Notre petit bonhomme en mousse va en rajouter une couche en se disant consterné par l’emploi des mots « apartheid social » par Manuel Valls pour illustrer le contexte dans lequel on vit dans les périphéries des grandes cités urbaines. Outre l’argutie pseudo-juridique pour énoncer que l’apartheid d’Afrique du Sud était un état de droit alors que la situation des banlieues en France est une situation de fait (ce que personne ne conteste, au contraire), notre Popeye en profite à nouveau pour « cliver », opposer l’électeur rural qui financerait par l’impôt l’environnement de banlieue, à l’assisté qui y vit et qui ne ferait que dégrader cet environnement ! Comme quoi, il y a des caricatures qui sont beaucoup plus indécentes que celles de Charlie Hebdo !

Une fois de plus, Sarkozy pris en flagrant délit d’imposture le 11 janvier, essaie de regagner des parts du marché électoral de la droite en s’en prenant aux plus démunis, feignant d’ignorer que le terreau du terrorisme, c’est l’exclusion et non la religion. Oubliant que sous son quinquennat, les coups de menton ou les coups de Karcher n’ont en rien diminué la ségrégation et la mise à l’écart de populations qui auraient préféré habiter à Neuilly plutôt qu’à Stains… mais pas de chance, la mairie de Neuilly n’a pas les moyens d'investir dans les logements sociaux.

Et puisque le petit bonhomme en mousse se déclare hostile à la suppression des notes à l’école, mettons-lui un zéro pointé, ce qu’on appelle une bulle. Il la mérite amplement.

dr

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 17:46

En 1998, c'était une victoire sportive sur le toit de la planète foot qui nous avait fait nous réjouir, sauter de joie, tomber dans les bras les uns des autres, et défiler sur les Champs Elysées.

Zidane avait conduit l'équipe de France à la consécration, c'est Lilian Thuram qui l'avait qualifiée en demi-finale, et c'est Emmanuel Petit qui avait marqué le 3ème but du 3-0 contre le Brésil. Black, Blanc, Beur, la marque de fabrique d'une France qui gagne, pacifique mais conquérante.

En 2015, c'est la même France qu'on assassine par imbécilité autant que par fanatisme, si tant est qu'on puisse les distinguer.

Les victimes de Charlie Hebdo, le flic du XIème arrondissement, la fliquette stagiaire de Montouge, les clients de l'hyper casher de la Porte de Vincennes : Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yohav Hattab, François-Michel Saada, tous fauchés par l'intolérance et la vacuité existentielle abyssale d'assassins qui se sont pris pour des élus.

C'est la même France, diverse dans ses origines, unie dans sa culture, que des lâches surarmés attaquent et prétendent détruire, rendus sourds à l'humanité par des discours sectaires et simplistes, aveuglés par leur inconsistance et leurs frustrations.

A quoi rime d'aller chercher la gloire au combat sur les lieux de conflit au Moyen Orient, si c'est pour revenir exécuter des dessinateurs sans défenses, tirer dans le dos d'une policière municipale, achever un homme à terre, abattre des otages dans un magasin ?

Comment leurs mentors peuvent-ils justifier cette stratégie du chaos qui est forcément vouée à l'échec parce que sans courage et sans intelligence ?

Et nous, comment ne pas être en colère ?

Et comment, en même temps, appeler à la raison ceux d'entre nous qui voudraient se livrer à des actes vengeurs tout aussi imbéciles et injustes ? Comment expliquer à certains de nos jeunes les subtilités de la liberté d'expression, qui permet de combattre des idées, éventuellement en les moquant, mais qui interdit d'inciter à la haine contre des personnes ? Comment comprendre nous-mêmes ce qui se produit sous nos yeux, ce qui nous arrive et que nous ne comprenons pas toujours ?

Edgar Morin, philosophe et analyste de la complexité, nous invite depuis des années à regarder le monde dans ce qu'il a d'innombrables phénomènes qui interagissent et nous obligent à les considérer dans leur globalité en même temps qu'individuellement.

Ce 18 janvier, ce jeune homme de 95 ans, twittait : " si nous voulons rééduquer les jeunes français, rééduquons nous d'abord nous-mêmes".

"Vaste projet" aurait dit le Grand Charles !

Mais ce sont bien des jeunes français qu'il faut rééduquer, quelles que soient leurs origines familiales ou sociales. Il n'est donc certainement pas inutile, par les temps qui courent, de s'instruire du message des religions et de leur histoire, même si, pour ce qui concerne les évènements qu'on vient d'évoquer, aucune religion ne peut servir de prétexte aux abominations qui ont été perpétrées. Mais précisément, parce qu'elles sont invoquées par des criminels, en Afrique d'abord, mais aussi au Moyen-Orient, et maintenant en Europe, nous devrions être en mesure de redresser les discours déviants, et de pointer les inexactitudes et les interprétations fumeuses d'initiés autoproclamés. Pour mieux comprendre, et pour mieux éclairer une jeunesse qui a besoin de comprendre.

A commencer par le terme de califat, qui n'est rien d'autre qu'une revendication territoriale pour instaurer sa propre loi, qu'elle soit d'inspiration spirituelle ou militaire. Quand on parle de califat, c'est bien de conquête sur des territoires et d'assujettissement de leurs peuples qu'il s'agit. En ce sens , Hitler aurait pu se réclamer d'un califat !

Il ne serait pas inutile non plus que nos "observateurs" se cultivent et s'étonnent un peu moins naïvement de la capacité de dissimulation de ces personnages qu'ils nomment improprement "djihadistes", oubliant que le djihad est d'abord un devoir religieux, et que ceux qui prennent les armes pour accomplir le leur sont avant tout des fanatiques, souvent incultes au regard de ce dont ils se réclament.

Ces observateurs seraient notamment bienvenus de nous éclairer sur les sources, et sur le sens de mots tels que la taqiyya ou koutmâne qui est la dissimulation religieuse élaborée par les chiites au VIIIème siècle pour se protéger en milieu hostile. (cf L'islam contre l'islam - Antoine Sfeir , éditions Grasset et Fasquelle 2013 - Livre de poche 33399). On comprendra mieux, après ça, l'écran que les trois barbares ont réussi à dresser entre leur apparence neutre et leur projet ignoble.

Parlant de cette communauté musulmane si proche et qu'on connait si mal, une autre bonne idée revient à Alain Chouet, ancien chef de service à la DGSE, qui écrit que "nos médias seraient peut-être bien avisés de donner un peu plus la parole aux représentants des 99% (qui ne demandent qu'à vivre ne paix) qu'aux ténors du 1% (qui sont passés à la transgression), porte-parole avérés ou habilement déguisés des Frères (musulmans), toujours beaux parleurs et télégéniques qui sont payés pour cela". (Au cœur des services spéciaux - Alain Chouet, éditions La découverte 2011)

Mais puisque nous parlons de complexité, revenons dans nos frontières qui n'en sont pas exemptes. Ce 11 janvier, dans un élan de patriotisme et de fraternité, on a chanté la Marseillaise Place de la République, à Paris et dans beaucoup d'autres villes et villages en France. Et le monde entier nous a regardés, admirés, soutenus. Et nous avons même applaudi notre police, l'avons remerciée, embrassée parfois. C'est ainsi que la foule a fraternisé avec les CRS au nom des exploits guerriers du RAID et du GIGN qui venaient de "neutraliser" les terroristes. Ces mêmes CRS qui, en octobre dernier, auraient été hués pour ne pas dire davantage, après la mort de Rémi Fraisse causée par une grenade offensive sur le site du barrage de Sivens, et qui étaient là pour éviter tout débordement qu'ils auraient contenu avec virilité s'il y en avait eu.

Complexité encore de nos affects. Confusion même, peut-être.

Que penser encore de ce paradoxe qui amène à ce que les victimes juives de la Porte de Vincennes soient inhumées en terre d'Israël au motif que c'est sur cette terre qu'aura lieu l'apocalypse et que sera rendu le Jugement dernier, alors que, dans le même temps, les auteurs des crimes sont, par force de la loi, enterrés dans le sol de leurs communes de résidence à Reims ou à Gennevilliers ?

Faute d'y trouver une explication plus rationnelle que celle du fait religieux, on demeure perplexe. Comment le droit du sang, dans cette circonstance cruelle, s'impose-t-il au droit du sol ? Complexité encore.

Quelle attitude avoir vis-à-vis du Qatar, dont nombre de membres de la diplomatie ou du personnel politiques s'interrogent ouvertement sur son rôle, comme sur celui de l'Arabie saoudite, dans le financement des mouvances extrémistes qui sévissent aujourd'hui dans presque le monde entier ? Faut-il se féliciter des somptueux investissements qu'il réalise chez nous, immobiliers, sportifs ou industriels ? Regarder cela avec plus de vigilance ne nuirait certainement pas. Et demander à nos élus d'y veiller de plus près et de réunir des commissions d'enquête pourrait servir notre projet démocratique, quels que soient les intérêts en jeu.

Mais, complexité, nous dira-t-on.

Et c'est vrai que toutes ces questions sont bien loin de trouver une réponse. Pas plus ici, dans ces quelques lignes, que dans nos esprits fracassés par ce que nous venons de vivre collectivement. Mais ne les évacuons pas. Ne les étouffons pas. Lisons, informons-nous, discutons, confrontons nos points de vue, écoutons-nous. Ecartons la naïveté comme les idées toute faites. C'est ainsi que nous dépasserons le seuil de nos réactions viscérales, que nous sortirons aussi de l'effroi, il faut l'espérer, et que nous demeurerons cette France Black Blanc Beur, plus forte et plus fraternelle.

Inch'Allah !

ML

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 14:58

Dimanche 11 janvier, on a pu voir avec consternation un remake du Petit Poucet de Charles Perrault… Le petit poucet avait pris la figure du petit qui poussait les personnalités qui étaient venues pour participer à la manifestation contre les ogres islamistes, afin d’apparaître devant les caméras du monde entier comme leur alter ego… L’inconvenance le dispute au ridicule et dans des circonstances trop graves pour que quiconque puisse se permettre d’en tirer un profit électoral personnel, on se rassure en se disant que même dans le conte de Charles Perrault, on ne trouvait pas de talonnettes de 7 lieues. …

Et dans l’hypothèse non souhaitable où le petit se retrouverait en 2017 face à Marraine Lapine au 2ème tour de l’élection Présidentielle, ce ne sont pas des petits cailloux blancs qu’il aurait semé ce 11 janvier mais des millions de bulletins blancs.

dr
 

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 11:52


Il y avait du monde dans les rues de la planète, ce dimanche 11 janvier. Il y avait des larmes, des rires aussi, de la révolte, de l’espoir, des minutes de silence faisant face à des années de chagrin à venir, des Marseillaises dont les paroles restent en travers de la gorge, et ce n’est pas à cause de l’émotion qui peut vous étreindre, mais plutôt en raison de l’évocation d’un sang impur qui pourrait abreuver nos sillons…

Mais le plus important, dimanche, c'était de répondre à peu près de la même manière à deux questions : oui à la liberté d'expression, non à la violence du terrorisme. Et ces réponses nous ont paru plus importantes que la question de savoir QUI répondait et quelles étaient les motivations de l'autre, à côté de moi, qui répondait de la même manière. Les absents ont eu tort, même si on est loin de regretter certaines de ces absences.

Il ne faut cependant pas être dupe de toutes les équivoques qui sont masquées par la couleur unie de la façade. La crise économique, l'abandon des banlieues depuis 50 ans, la politique de l'autruche menée par tous les gouvernements avec notre entière complicité, nous, les électeurs, font que les causes du racisme et de l'exclusion vont perdurer bien après le 11 janvier 2015. Le propos délibérément xénophobe de Le Pen-père et non remis en cause par sa fille vient nous rappeler que le racisme et la xénophobie veulent leur place dans l’espace politique. « Je ne suis pas Charlie, je suis plutôt Charlie Martel, si vous voyez ce que je veux dire… » n’est pas un trait d’humour « Charlie », comme le prétend sa poupée Barbie de nièce, mais un message destiné à tous ceux qui se plaisent à amalgamer l’islamiste, le musulman, l’arabe, même s’il a depuis longtemps la citoyenneté française.

Bien sûr, nous, nous ne sommes pas en responsabilité de la gestion du pays, c’est le rôle du personnel politique ; mais comme le dit très justement un ami, puisque nous ne gouvernons pas le pays, gouvernons au moins notre quotidien, là où l'on peut servir à quelque chose, chacun à sa place et selon ses talents.

Et puis Dieudonné, punissons le par le silence, c'est la pire des sentences pour un bateleur. N'en faisons pas un martyre puisqu'il ne le vaut pas.

Un dernier pour la route : la laïcité est une valeur fondamentale pour pouvoir vivre comme citoyen de la république. Mais la laïcité à sens unique ou à géométrie variable, c'est le cache-sexe de l'intolérance. Je dis ça pour tous les coincés du culte qui utilisent la religion pour instaurer ou préserver un ordre moral ou politique, et qui, tôt ou tard, de la période de l'Inquisition jusqu'à celle de l'Etat Islamique, remplit les fosses communes, de la Saint Barthélémy ou du Nigeria aujourd'hui.

dr

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:31

Ton père, feu Hara Kiri Hebdo est mort le 17 novembre 1970, interdit de séjour en France suite à son titre «Bal tragique à Colombey, 1 mort »…

En ce 7 janvier 2015, des assassins totalement étanches à l’humour et à la liberté ont voulu te tuer définitivement avec leurs balles tragiques rue Richard Lenoir. Ils nous ont laissé des larmes de plomb mais notre amour de la liberté n’a pas été touché et s’en sort grandi.

Toi et tous tes copains, vous aviez le dessin impertinent mais le trait immensément pertinent. Vous avez appris à des générations entières à rire d’abord, mais aussi à penser aussitôt après.

Mon beauf, ta vulgarité, ton bling-bling, ton racisme ordinaire nous faisaient rire, nous qui pensions que nous n’étions pas ce beauf… mais ton immense talent, c’était de nous amener à réfléchir après sur cette part d’ombre que nous avons tous en nous, d’intolérance, d’esbroufe, de certitudes… Notre propre humanité s’esquissait alors dans ce jeu d’ombres et de lumières.

Vous tous, vous nous avez aidé à comprendre que la vie est plus importante que les croyances et que la simple humanité est de loin préférable à la sainteté.

Nous faire rire d’abord, comme la bouffée d’oxygène préalable à toute vie ; nous amener à réfléchir en même temps, pour devenir conscience, et passer ainsi de la vie à l’existence.

Bien sûr, mon beauf, il va nous rester de vous tous des images, des rires, de saines colères ; mais il faudra bien qu’après vous, d’autres crayons se lèvent, d’autres voix se mettent à tonner, d’autres insolences viennent rabattre le caquet des pseudo-maitres de la pensée, de l’ordre social et de la morale. Il faudra bien que d’autres continuent à ouvrir en grand nos fenêtres sur le monde, nous fassent respirer à plein poumons les parfums de la tolérance, pour nous faire oublier les immondes flatulences des assassins de liberté, des cultes serrés de toutes confessions qui ont l’irrespect de parler au nom d’un Dieu qui n’appartient à personne.

Parce que, si cela n’était, comme le disait si bien Françoise Xénakis, « les autres (en l’occurrence, nous), ceux qui suivent les cortèges, conscience en berne, auraient encore plus de difficulté à vivre ».

dr
 

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 10:24

Selon un sondage Odoxa paru samedi pour Le Parisien/Aujourd'hui et i>Télé, les Français interrogés pouvaient choisir parmi plusieurs personnalités politiques, celles avec qui ils aimeraient passer le réveillon. Nicolas Sarkozy arrive en tête avec 19 %. L'ex-président devance la Marine Le Pen et Rama Yade (17 % toutes les deux). Viennent ensuite Alain Juppé (14 %), Manuel Valls et Emmanuel Macron (12 %), Ségolène Royal et Jean-Luc Mélenchon (11 %), François Bayrou et Bruno Le Maire (10 %).

La stupidité d’un sondage de ce type est assez désarmante. Les médias qui depuis plusieurs années trouvent profit à exploiter la peopolisation de la vie politique sont condamnables, tout comme les responsables politiques eux-mêmes qui se prêtent à ce jeu. Pourquoi ne pas demander aux Français avec qui ils aimeraient faire un tour d’auto-tamponneuses (je vois plutôt Mélenronchon en tête) ou passer une nuit ? (je ne fais là pas de pronostic). Il en faut quand même une bonne couche pour poser ce type de question et une de plus pour accepter d’y répondre ! Je subodore que les génies qui ont imaginé ce sondage vont un jour nous interroger avec la question suivante :

« sSi l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, voteriez-vous pour :

1) votre belle-mère ?

2) le fils au charcutier ?

3) votre patron ? »

Franchement, ce ne serait pas plus incongru que de demander à une poignée d’individus s’ils seraient disposés à renoncer à un diner entre amis ou en famille pour se farcir Sarkozy ou Le Pen pendant toute une soirée !... sauf à penser que tout simplement, ceux qui ont répondu sont des SDF ayant trouvé là l’occasion de diner gratuitement. Dans ce cas, on les excuse d’autant plus que ventre affamé n’ayant pas d’oreilles, ils n’entendraient pas leurs hôtes d’un soir…

On peut regretter que ces têtes de çondeurs ne soient pas allé jusqu’à imaginer aussi le menu de ce réveillon. J’aurais bien vu les convives de Sarkozy lui demander de passer sous la table (oui, c’est facile !) pour tirer la galette de l’élection du roi des connards. J’imagine que Marraine Lapine aurait amené son père et sa nièce, poupée Barbie. Au menu, pas de l’oie, interdiction du canard (enchainé), têtes de nègres à volonté pour le père. Poupée Barbie alias Marion Maréchal (nous y revoilà) se contenterait d’effleurer une religieuse préparée par Christine Boutin, le tout dans une ambiance sonore 1939-1945, grâce à la discothèque privée de Le Pen père…

Ah, j’oubliais ! D’après cette enquête, il n’y avait que 2% des personnes interrogées qui auraient aimé réveillonner avec Nadine Morano... De là à penser qu’elle les gave !

Enfin, moi, c’est plutôt ce type de çondage qui me gave !

dr

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 01:26

Pour lire l'article, reportez-vous, dans la colonne de droite, à la rubrique Articles récents ( Timbuktu, film d'Abderrahamne Sissako ).

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 01:17

On a vu ce film, on a rédigé un article pour vous dire tout le bien qu'on en pense et l'émotion qu'il suscite, mais la nouvelle version d'Overblog nous a pris à revers, s'est débattue, et on n'a pas su vous envoyer l'information de cette nouvelle publication.

On espère que la (nouvelle) technique saura, cette fois, répondre à notre attente...et que vous pourrez lire sans difficulté notre éloge à ce cinéma africain.

ça ira mieux en 2015 !

Bonne année culturelle.

ML

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 15:10

"Ne la tue pas, fatigue-la" ordonne le chef à celui qui, dressé à l'arrière du pick-up et tirant des rafales de kalachnikov, affole la gazelle qui se sauve dans les dunes.

Il n'y a qu'une gazelle qui puisse courir dans les dunes avec cette légèreté. Les hommes et les femmes avancent lentement sur un sol qui se dérobe sous leurs pas.

Est-ce qu'on peut fatiguer la liberté plutôt que la tuer ? C'est peut-être ce que s'emploie à montrer Abderrahmane Sissako avec ce film lent, qu'il met en scène au rythme d'une Afrique écrasée de chaleur, de douleurs aussi. Et ce n'est pas une fresque historique qu'il nous propose pour nous expliquer ce que la télévision, à maintes reprises, nous a expliqué - imparfaitement - des événements survenus au Mali, et plus particulièrement dans les régions de Tombouktou et de Kidal. Timbuktu , c'est Tombouctou en langue tamashek, celle des touaregs. Mais, pour des raisons de commodité, et eu égard à l'instabilité qui continue à régner dans la région, c'est en Mauritanie, dans son pays, que le réalisateur a tourné l'histoire simple d'une famille de nomades, dont le père, Kidane (Ibrahim Ahmed), est un homme aimant et protecteur qui vit sous sa tente avec sa femme Satima (Toulou Kiki) et leur fille chérie, Toya (merveilleuse Layla Walet Mohamed) et qui élève un maigre troupeau de 6 ou 7 vaches dont l'une a été nommée, avec humour, GPS. Issan, le jeune garçon qui l'aide dans la conduite du troupeau à la rivière n'a pas encore l'expérience et l'autorité suffisante pour empêcher, un jour, GPS d'aller s'empêtrer dans les filets du pêcheur Amadou. Lequel, pour préserver son outil de travail, tue la vache.

La tragédie est nouée.

La jalousie d'Abdelkrim (Abel Jafri), le chef rebelle qui convoite la femme de Kidane, la folie de Tina (Zikra Oualet Moussa), cette magnifique pythie qui s'autorise tout ce que les occupants interdisent et qui les brave, arrêtant le pick-up armé, comme autrefois ce chinois arrêta une colonne de chars à Pékin, la sagesse de l'imam (Adel Mahmoud Cherif) qui rappelle qu'on ne vient pas dans la maison de Dieu les armes à la main, la révolte de la marchande poisson, l'inconséquence des jeunes jihadistes occidentaux pérorant sur le football et les mérites de leurs idoles, la désobéissance des amoureux, celle des gamins du quartier qui jouent au ballon…sans ballon, sont autant de caractères qui contribuent à donner à ce spectacle d'une grande beauté, l'intensité d'un récit qui, mieux qu'un honnête reportage, nous donne à partager la vie réelle de ces gens abandonnés à un sort qui ne devait pas être le leur.

A des scènes d'horreur complaisantes, Abderrahmane Sissako préfère l'ellipse. Ce qui doit être montré l'est, en images furtives. Et ses images, comme l'Afrique, ont leur part de mystère. Qui est donc ce cyclomotoriste qui passe et repasse, et qui finira par courir dans les dunes, comme la gazelle ?

Ce film, entre autres mérites - et celui d'une incontestable esthétique n'est pas le moindre - a aussi celui de rappeler à notre mémoire, pour ceux qui l'ont un jour découverte sur Arte, la douce voix de Fatoumata Diawara dans une mélopée nocturne et sensuelle.

Mais ce n'est pas un film d'espoir qui nous est livré, c'est un film pour ouvrir les yeux, et le cœur aussi. Et qui n'apporte pas de réponse à cette question que pose l'imam, comme Jacques Chancel la posait autrefois : " Où est Dieu dans tout cela ?"

Voir la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19547690&cfilm=225923.html

Sorti le 10 décembre, ce film qui aurait pu être palme d'or à Cannes, n'est déjà plus programmé chez UGC ni chez Gaumont qui préfèrent réserver leurs écrans à ce qui va cartonner pendant les vacances scolaires.

On peut encore le voir (et l'on vous y encourage) dans quelques salles (lien ci-dessous) : http://www.cinemasgaumontpathe.com/films/timbuktu/

ML

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

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