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Impardonnables….

Un tel titre annonce une intrigue qui doit nous tenir en haleine. Il y a eu faute ! Dans quelles circonstances ? Certaines pourraient-elles être atténuantes ? ou aggravantes ?

Le pitch nous dit que la fille du héros, Alice, a disparu et que, dès lors …

Allons-nous assister à une analyse au scalpel de notre société et de ses déviances ?

On comprend rapidement qu’il n’en sera rien.

Et malgré une distribution prometteuse, force est de constater qu’on s’est fait avoir – et on est peut-être pas les seuls- par la signature du réalisateur et par la renommée des acteurs. André Dussollier, Carole Bouquet, Mélanie Thierry, d’après l’œuvre de Philippe Djian. Excusez du peu !

Mais que sont-ils venus faire dans cette gondole ?

Dans le rôle de Judith, agent immobilier à Venise, Carole Bouquet n’arrive pas à adopter un jeu de physionomie qui corresponde à ce qu’on peut supposer être ses humeurs. Lui fait-on hommage, qu’elle tire une gueule de six pieds de long ! Toujours en décalage. Tout juste un très bel exercice d’acteur dans une scène de désespoir après que son amie Anna Marie (Adriana Asti) ait balancé son paquet à l’ingrate.

Francis bedonnant (A. Dussollier) sort de sa douche à poil (ça vous rappelle quelque chose ?) , et Téchiné croit utile de nous montrer la brioche de Francis sur le ventre plat de Judith (C.Bouquet) dans une scène d’une intimité assez torride. Tiens ? Même après soixante ans, c’est donc encore possible ? Est-ce le sujet de la thèse ? Non.

Judith se fait aussi appeler par un autre prénom par ses amis italiens. Dédoublement de personnalité chez cette femme qui a eu une relation homosexuelle par le passé (thème cher à Téchiné) ? Est-ce l’angle d’accroche de l’histoire ? Non.

Carole Bouquet s’exprime couramment en Italien et dans un anglais très rare chez les comédiens français. André Dussollier, malgré la brioche de Francis, court encore très bien (ça voudrait peut-être nous rappeler Jean-Louis Trintignant dans Sans mobile apparent, en 1971). C’est ça le thème du film ? Non. Enfin, on ne croit pas.

Il scrute, Francis. Il surveille, il photographie.

Et Judith ? Elle travaille, elle fait visiter des maisons, elle connaît du monde.

C’est leur différence qui fait le film ? Non.

Alice (Mélanie Thierry) a largué son mari pour un bellâtre local.

Est-on au cœur de l’affaire ? Toujours pas.

Mais alors, ça parle de quoi ?

Voilà une excellente question à laquelle il ne nous est pas possible ici d’apporter la moindre réponse.

Allons directement à la fin : Francis parviendra à écrire le livre pour lequel, en panne d’inspiration, il était venu se réfugier à Venise. Le titre de son ouvrage : Des gens de passage. Oui, c’est cela, sur l’écran, on n’aura vu que des gens de passage, sans jamais parvenir à s’attacher à aucun d’entre eux.

Impardonnables.

On ne sait même pas à qui s’adresse ce titre, sauf peut-être à ceux qui ont prêté leur talent et leur argent à cette réalisation insipide qui n’est ni drôle ni grave. Juste ennuyeuse.

Et ce ne sont pas les dialogues d’une insondable platitude qui vont sauver l’entreprise.

Si Venise n’était pas en toile de fond, ça aurait pu s’intituler «  Circulez, y a rien à voir ».

Mr Téchiné nous avait habitués à mieux ces dernières années (Les égarés, Les temps qui changent, La fille du RER) , et c’est parce qu’il a ce talent qu’on peut dire que, cette fois-ci, c’est nul !

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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