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Vendredi 30 août 2013 5 30 /08 /Août /2013 20:53

Par lahune - Ecrire un commentaire

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Ou trop peut-être. Au point de chercher  prématurément l'introuvable équilibre auquel aspirent vainement  les adultes.

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Au point qu'on peut abandonner sa virginité sans plaisir à un flirt d'été sur la plage. Ca peut être tellement nul qu'on peut avoir envie de voir si c'est mieux avec un homme mûr qu'avec un jeune allemand sans égards.

Et si ce n'est pas mieux, au moins, ça paye.

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, et peut-être encore moins quand les soirées sont baignées d'alcool, et que tous les débordements sont autant de prouesses que les parents d'aujourd'hui se refusent à voir. Ozon les voit, lui. Et les montre.

On n'est pas toujours très sérieux quand on a une fille de dix-sept ans, et on fait les choses en cachette, comme si on avait encore dix-sept ans. Dès lors, qui pourrait reprocher à Isabelle son errance sexuelle ?

Quelle mère pourrait imaginer qu'une fille de dix-sept ans a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre qui ne sont plus ceux de l'enfance ? Question de confiance…

C'est un film juste que François Ozon vient de livrer. Ozon voit juste, et il dit juste. Sans juger.

Elève de Rohmer et admirateur de Pialat, du haut de ses 45 ans, ce jeune homme observe la vie avec une acuité étonnante. La précision des caractères peut faire penser à celle de Courbet peignant L'origine du monde.

La distribution est parfaite : Géraldine Pailhas campe une mère désemparée très convaincante, Frédéric Pierrot, en beau-père encombré mais aimant, prouve une fois de plus le talent qu'on avait déjà vanté pour Polisse, Fantin Ravat est le petit frère que tout le monde voudrait avoir, et à qui on peut promettre un bel avenir au cinéma. Charlotte Rampling ponctue cette histoire de façon surprenante, mais avec la grâce qu'on lui connait et qui va si bien au récit de François Ozon.

Et Marine Vacth ! Il va falloir apprendre à prononcer son nom. A peine cinq ans de plus que son héroïne. Elle réalise une vraie performance d'actrice dans un rôle à risque. Même si aucune scène n'est aussi scabreuse que l'étaient certaines du film de Catherine Breillat Romance, on ne peut s'empêcher de souhaiter que Marine Vacth ne sortira pas de Jeune et jolie, cassée comme l'a été Caroline Ducey après avoir tourné avec Breillat et … Rocco Siffredi.

François Ozon, heureusement, a plus de délicatesse que sa sulfureuse consœur.

Osez cet Ozon, vous ne serez pas déçus.

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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