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Voix off : les sœurs l’ont enseigné à la mère (Jessica Chastain) , « il faut choisir entre la Nature et la Grâce » , et se garder de la Nature qui est violente et qui veut tout assujettir.

Sur ce préambule , Terrence Malik (cinq films en quarante ans de carrière) entreprend de nous conditionner :le père (Brad Pitt), coupe de cheveu militaire , lunettes sérieuses et mâchoire forte, reçoit un coup de fil atterrant.

La mère, personnage diaphane, de son côté s’effondre.

Les enfants qui jouaient au dehors seront désormais un de moins à faire les 400 coups.

La Nature est violente ! Mais on ne sait pas , en l’occurrence, et on ne saura jamais, comment elle exerce sa cruelle vocation.

En revanche, On (Terrence Malik) va vous montrer comment tout a commencé.

Et c’est parti pour un long moment d’images de synthèse… puisqu’on ne dispose pas d’archives pour se remémorer la Genèse. Oui, oui, vous avez bien lu : la Genèse.

Comme si vous y étiez ! Comme si vous étiez Dieu lui-même, ou comme si un envoyé spécial avait eu la grâce de rencontrer le Créateur pour l’interviewer.

Vu le nombre de plans séquences de magmas rougeoyants, de chocs de météorites , de mers en furie, et autres vents ravageurs, on se dit que l’envoyé spécial a du faire plusieurs aller-retour Terre-Paradis pour recueillir les confidences du Grand Concepteur et que le bilan carbone du film doit être désastreux.

Mais ce n’est pas tout ! Après avoir séparé le ciel et l’océan, Dieu fit un matin. Et puis il y eut un soir. Et puis d’autres matins et d’autres soirs, jusqu’au cinquième jour de son immense chantier qui donna l’idée au Grand Génie de créer Jurassic Park . Donc Malik nous raconte aussi comment le brontomachin met la pâtée à l’archéobidule sans toutefois l’achever, juste en appuyant fort sa grosse papatte sur la tête de l’intrus. On vous l’a dit,  la Nature est violente...

L’exploit de Malik, tient en ce qu’il raconte tout cela sans rire et pendant environ vingt minutes, alors que ça a duré 7 jours et quelques millénaires. Cet homme possède un art consommé de l’ellipse.

Vous avez un peu de mal à suivre ? c’est normal, on a ressenti la même chose.

Mais revenons à nos héros de chair et de sang.

Donc le père travaille dur pour entretenir sa femme et ses trois fils. Et il les élève à la dure ses garçons. Ils doivent l’appeler « Monsieur » ou « Père » , mais pas « Papa ». Et un peu de rudoiement ne saurait nuire à une bonne et chrétienne éducation, n’en déplaise à la mère, donc une bonne raclée de temps en temps, entre deux prières, fait partie du corpus éducatif.

Il s’en souvient l’aîné (Sean Penn), au milieu des tours financières de la mégalopole où il traîne son passé et sa tristesse muette. Car Sean Penn a un rôle muet … mais un visage tellement expressif que Malik ne s’en prive pas et ne nous en prive pas non plus. Mais Sean Penn marche sur l’eau, avec plein d’autres gens qui, comme lui, et pendant de longues minutes, marchent sur l’eau quand il y a un grand deuil à surmonter. Voilà pourquoi il fallait un comédien de cette stature pour jouer le rôle.

De métaphores en allégories, Terrence Malik arrive à nous perdre comme il ne l’a jamais fait dans aucun des précédents ouvrages (1). On aura juste admis à la fin du film qu’il a visé une poésie sidérale sur le thème du deuil et comment le faire.

 

Il était absent pour la remise des prix de ce 64ème Festival de Cannes qui, sous la présidence du très italo-américain et très chrétien Robert de Niro lui a décerné la Palme d’Or. Malik aime entretenir le mystère autour de sa personne.

Wikipédia ne sait pas dire s’il est né à Ottawa ou à Waco , et on s’en moque. Le film a été tourné à Smithville (Texas), et ça suffit pour ne pas avoir envie d’y envoyer ses enfants en séjour linguistique.

 

"La vie passe comme un éclair", mais il aura fallu 2heures 18 minutes pour le dire.

 

Pendant la projection, sur les Champs Elysées, on a vu plusieurs personnes se lever et ne plus revenir. La lumière s’est rallumée, il y a eu quelques rires étouffés, et de grands soupirs.

On n’ironise pas ouvertement sur une Palme d’Or, Monsieur !

Sauf ici, sur La Hune.

 

 http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19203028&cfilm=132244.html

 

(1) filmographie de Terrence Malik

La ballade sauvage (1973)

Les moissons du ciel (1978)

La ligne rouge (1998)

Le nouveau monde (2005)

L’arbre de vie (2011)

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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