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... et Polisse (parce que c’est comme ça qu’on a des chances de l’écrire à la petite école)

Maïwenn aime bien les enfants. Et son film , dans certaines scènes, possède cette grâce qui vous fait regarder les images comme si elles étaient tournées en caméra subjective. On est dans la peau de ces gosses innocents et on regarde ; avec les yeux des petites victimes , les policiers (ne devrait-on pas, dès lors, écrire « polissiers » ?) de la Brigade de protection des mineurs faire leur difficile métier.

Maïwenn aime bien ces flics-là. Elle les a suivis et observés dans leurs interventions pendant plusieurs semaines pour coller au plus près de leur réalité quotidienne, chargée de douleur, de révolte et d’adrénaline. Et ces flics-là, on les regarde avec la même empathie que ceux de Bertrand Tavernier dans L627 en 1992. Des flics utiles, en baskets et blouson, qui font autre chose que verbaliser les automobilistes ordinaires au lieu d’interpeller les vrais chauffards. Il y en a trop, en uniforme ceux-là,  qui ne savent même plus vous donner votre chemin quand vous êtes perdu en ville.

Mais passons …

Maïwenn aime bien le cinéma et sa relativement nouvelle casquette de réalisatrice. Pour son troisième essai en cinq ans, elle marque entre les poteaux et reçoit le Prix du jury au Festival de Cannes du dernier printemps. Elle sait créer des atmosphères en filmant, au ras du nez, ces flics engoncés dans leurs idéaux mal dégrossis et en butte au manque de moyens. « Elle est où la troisième bagnole ? »

Maïwenn aime bien les rappeurs-un-peu-voyous-reconvertis-acteurs. Alors elle se donne le rôle de la photographe (Melissa) débarquée au milieu des héros brigadiers pour shooter Joeystarr (Brigadier Fred) et lui faire des bisous. On n’est pas obligé d’avoir aimé NTM, les dents de chacal de son « chanteur » enragé, ou ses interventions sur Skyrock pour dire, objectivement, que sa prestation dans Polisse est magistrale. Ce n’est pas demain qu’il jouera le prince charmant dans la Belle au bois dormant, mais là, le bonhomme est crédible et émouvant.

Crédibles et émouvants, les autres le sont aussi. Le lieutenant Balloo, alias Papa, aussi bourru que son modèle d’ours, se débat dans cette jungle sur laquelle il y aurait plusieurs livres pas drôles  à écrire. Pas facile d’être le patron d’une pareille équipe. Il faut être ferme. Et il faut être humain, surtout humain. Bravo Frédéric Pierrot. Mission accomplie !

Et engueuler en arabe ce patriarche qui veut marier sa fille au bled ! Ca, ce sera pour le brigadier Nora (Naïdra Ayadi, presque débutante, mais quel tempérament !)

C’est dur cette vie de dingue où on ne décroche guère du turbin quotidien. Parfois, on compense. Un petit verre ! Enfin, « petit »… façon de parler.

Eh bien, ils parlent comme ça, c’est flics-là. Comme la rue ! Alors celle qui « gorgeonne » un petit peu, ils l’ont surnommée Sue Ellen. Elégant ! C’est Emmanuelle Bercot qui s’y colle. C’est elle aussi qui est coscénariste aux côtés de Maïwenn.

Il y en a deux qui font binôme, qui s’adorent, qui se donnent des conseils de femmes et qui se crêpent le chignon. C’est Iris (la toujours souriante Marina Foïs) et Nadine (une Karine Viard bien allumée). Alors oui, on a le droit de se dire que Marina fait du Foïs et que Karine fait du Viard. Mais elles le font si bien.

Ils sont tous très bien d’ailleurs, les brigadier Christelle (jolie Karole Rocher), brigadier Mathieu (attendrissant Nicolas Duvauchelle) , brigadier Bamako (Arnaud Henriet), brigadier Gabriel (Jérémie Elkaïm) , et Sandrine Kiberlain en proie à ses doutes, et Audrey Lamy qui nous fait un numéro de mère indigne dont on peut craindre que le modèle existe dans la vraie vie.

Ajoutons, parce qu’on les reconnaît, qu’Anthony Delon et Lou Doillon (étonnante ressemblance avec Maïwenn)  font partie de la distribution.

Si l’on a une réserve à émettre, ce serait l’accumulation de cas désespérant montrés dans le film de cette vie de tous les jours, au point qu’on frôle le catalogue documentaire des misères de l’enfance et de l’adolescence. Certaines scènes sont d’ailleurs empruntées à de véritables docus, et on se dit que ça vaut mieux, parce qu’on n’a pas fait jouer aux gosses des choses que, même pour jouer, ils ne devraient pas connaître.

C’est édifiant, c’est un pan de notre société, ça fait froid dans le dos, mais dans ce décor d’épouvante morale, heureusement, il y a des fous rires. Et pas qu’à l’écran.

 

Bien joué Maïwenn !



ML



 Bande annonce en cliquant sur le lien ci-dessous

 http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19247568&cfilm=181893.html

 

 

 

 

 

 

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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