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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 15:47

Pierre Gattaz a reçu Nicolas Sarkozy à déjeuner vendredi 12 décembre. Rien n’a filtré de ce que les deux convives ont échangé mais le suspense est loin d’être insoutenable car ce qui comptait pour le petit caporal (qui probablement était demandeur de cette rencontre), c’était de montrer que le MEDEF serait à ses côtés dans sa course à l’Elysée… Quel scoop !

Pierre Gattaz est-il un interlocuteur crédible ? C’est toute la question. Il est arrivé à ravir la présidence du MEDEF au terme d’une campagne très dure à l’égard de Laurence Parisot et surtout, en prônant une attitude très agressive vis-à-vis du monde syndical dans son ensemble. A la suite de l’élection de François Hollande, il a fait flèche de tout bois pour obtenir les cadeaux fiscaux qui, sans qu’il signe le moindre engagement en ce sens, pourraient permettre de créer 1 million d’emplois (cf le badge en ce sens qu’il arborait à la boutonnière).

Aujourd’hui, Pierre Gattaz multiplie les provocations de toutes natures en réclamant pêle-mêle la fin des 35 heures, une réforme des seuils sociaux, l’abrogation des dispositions sur le compte pénibilité etc… sans pour autant prendre le moindre engagement sur l’emploi.

Pierre Gattaz est-il la marionnette dont les fils seraient tirés par les pourvoyeurs de fonds que sont les grandes entreprises du CAC 40 ? On comprendrait mieux alors le déjeuner d’un vendredi entre une marionnette et le petit pantin de l’UMP, sorte de remake décalé du dîner de cons. Autre hypothèse, Pierre Gattaz serait comme ces femmes qui se font entretenir par leurs soupirants sans jamais leur accorder la moindre faveur. Cela à un nom, tout comme les hommes qui vivent aux crochets de vieilles dames en leur rendant visite de temps en temps pour repartir avec une enveloppe en papier kraft dans la poche. Le déjeuner du vendredi 12 décembre prendait alors une autre signification…

Toujours-est-il que Manuel Valls qui a fait les yeux doux à Pierre Gattaz la trouve quelque peu saumâtre ! Il serait temps de comprendre qu’il y a beaucoup mieux à faire qu’à courir après le MEDEF. Privilégier le dialogue avec les acteurs sociaux les plus sérieux et respectables devient un impératif et en ce sens, il vaut certainement mieux écouter la CGPME que le MEDEF, et la CFDT que F.O… D’un côté, des chefs d’entreprise, avec les difficultés inhérentes à dialoguer avec leur organisation et son cortège de corporatismes, mais aux prises avec l’économie réelle ; de l’autre côté, l’organisation syndicale la plus réfléchie, la plus réaliste et certainement la plus respectueuse de l’intérêt général.

On ne sait ce qu’ont mangé les deux compères du déjeuner du vendredi 12 décembre, mais on ne serait pas étonné d’apprendre un jour qu’il y avait au menu un dindon de la farce…

dr
 

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 12:11

« Et la tendresse, bordel ? » est le titre d’un film français sorti en 1979, dans lequel on peut entendre Jean-Luc Bideau dire en commentant un match de boxe à la télévision, « C'est ça le monde mon vieux! Les plus forts qui gagnent, les plus faibles qui s'écrasent et puis les autres qui regardent. »

Et la tendresse, Bordelais ? Ce pourrait être le titre du spectacle pitoyable donné par les supporters Sarkozystes huant et sifflant Alain Juppé, maire de Bordeaux, qui avait le toupet de demander à nouveau l’application de la règle édictée par les dirigeants du parti, à savoir, l’organisation de primaires ouvertes. Les siffleurs n’étaient guère différents des spectateurs de salles de boxe réclamant le KO de l’adversaire de leur champion.

Nul n’est prophète en son pays, serait-on tenté de dire, sauf qu’en la circonstance, et à en croire le journal Libération, les siffleurs n’étaient pas spécialement Bordelais mais étaient majoritairement constitués de sarkozystes venus de tout le grand sud-ouest et même de Bretagne, acheminés dans des cars mis à leur disposition (par qui ?) et venus là pour idolâtrer le chef. Ces procédés, dignes des déplacements des supporters du PSG, s’apparentent plus aux techniques de la CGT qu’au fonctionnement normal d’un parti démocratique. Si nul n’est prophète en son pays, Sarkozy tenait, lui, très bien le rôle du faux prophète, du faux ami, bref, du faux cul qui a tout fait pour entraîner son rival dans un traquenard. Car qui pourrait croire, connaissant la perversité de ses comportements politiques, que tout cela n’était pas orchestré ?

Comme nous l’écrivions sur  La hune le 15 octobre, le coup d’Etat interne à l’UMP est en bonne voie.

Pas sûr cependant qu’en fin de compte, l’arroseur ne devienne pas l’arrosé, lorsque les électeurs de la primaire de l’UMP devront faire le choix raisonné de leur candidat. Et s’ils ont besoin d’un tuyau d’arrosage, La hune prêtera volontiers un Karcher…

 

dr

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 10:31

 

Ce Mariton devant Le Maire, c’est à coup sûr ce que doit souhaiter ce couple d’adhérents de l’UMP, infatigable marcheur de la Manif pour tous, exhibant sa sainte famille toute habillée pour la circonstance de rose et de bleu et impatient de désigner son champion à la présidence du parti…

Se marie-t-on devant le maire ? c’est l’angoissante question que doit se poser ce couple d’homosexuels qui, après les prises de position de Sarkozy, se demande quel statut « différent » attend leur amour, tout aussi respectable il me semble, que celui de la prétendue sainte famille. Leur union étant interdite de rose ou bleue, de quelle couleur sera l’étoile qu’il leur faudra porter pour illustrer leur différence ?…

Alors, pour peu que les membres de notre couple homosexuel soient encartés à l’UMP, ils savent maintenant que pour passer d’encarté à écarté, il suffit de parcourir quelques pas à la Manif pour tous…

Ou tout simplement des écarts démagogiques d’un ex président indigne de le redevenir.

 

dr

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 08:30

 

« La Hune » ne renâcle pas à tacler Mélenronchon, ses excès en tous genres et sa malhonnêteté intellectuelle, Copé ou Sarkozy pour leurs tripatouillages de campagne et leur malhonnêteté tout court, Poisson, l’agité du bocal, pour son insupportable moralisme, sans parler de Madame Le Pen pour la haine qu’elle véhicule pour faire grossir un fonds de commerce nauséabond. On ne va pour autant passer sous silence les propos stupides de Monsieur Filoche, membre du Bureau National du PS, et qui s’autorise à qualifier Christophe de Margerie de « suceur de sang » quelques heures seulement après son décès.

Monsieur Filoche a parfaitement le droit de critiquer, voire de condamner la stratégie de Total ; elle l’est certainement, d’ailleurs, comme celle de tous les pétroliers dans leurs relations avec les pays producteurs. Cependant, Monsieur Filoche n’ayant aucun mandat de représentation politique ou sociale, il pouvait, au mieux, faire silence, au pire, attendre quelques jours pour critiquer l’entreprise Total et sa stratégie.  En aucun cas, il ne pouvait réagir comme il l’a fait, employer les qualificatifs utilisés, bref, agresser la famille et les proches du PDG de Total avec une telle indécence.

Monsieur Filoche, me dira-t-on, réagit avec ses tripes de gauche… C’est bien là le problème car on attend d’un responsable politique qu’il agisse plus avec la raison qu’il ne réagisse avec des tripes que, pour ma part, j’ai maintenant un peu de mal à situer à gauche.

Je n’éprouvais pas spécialement d’admiration pour Christophe de Margerie mais le qualifier de « suceur de sang » c’est lui dénier toute part d’humanité. La cohorte de gens qui, sur les réseaux sociaux, ont emboité le pas de Monsieur Filoche avec le même type de condamnation sans procès interroge sur leur propre degré d’humanité. On a le droit d’être en désaccord avec d’autres hommes, on a même le droit et le devoir de les combattre si on considère qu’il y va de l’intérêt général, mais jamais en leur déniant leur part d’humanité. Monsieur Filoche se défend aujourd’hui bien mal en prétextant n’avoir fait que s’exprimer en termes politiques et en se prétendant « victime » (décidément, l’inversion des rôles devient une manie chez les politiques) de règlements de comptes au sein du PS.

Et quand on lit que Mélenronchon, ce grand admirateur de certains dictateurs dits de gauche est prêt à lui offrir « l’asile politique » au cas où le PS l’exclurait, on reste rêveur… Je ne sais pas ce que les dirigeants du PS décideront de faire mais moi, si j’étais à leur place, je me garderais bien de couper la tête de Filoche. Je pense qu’il n’en a plus.

 

dr

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 11:35

Un bon poisson s’accommode bien de petits oignons blancs ou d’une simple sauce  beurre -  citron et se digère facilement. Poisson Jean Frédéric, député des Yvelines et accessoirement président du Parti Chrétien Démocrate ne s’accommode pas, lui, de la GPA qui manifestement, lui donne des boutons. Monsieur Poisson était dans le dernier cortège de la manif pour tous pour clamer son opposition à la légalisation de la GPA… qu’aucune formation politique en France ne songe aujourd’hui à légaliser ! Cette manif avait un caractère totalement incongru, c’était un peu comme si les automobilistes français avaient défilé pour s’opposer à l’éventualité de devoir conduire dorénavant à gauche ! manif sans objet, donc, sinon faire de la récupération politique, avec une manif pour tous qui conduit, elle, de plus en plus à l’extrême droite de la rue…

On peut tout à fait admettre les arguments de Monsieur Poisson contre la GPA, là n’est pas le problème. Là où le poisson devient vraiment indigeste, c’est lorsqu’il lève les bras ou les nageoires au ciel en tenant sur Europe 1 des propos indignes d’un représentant élu.  « Il faut maintenant l'interdiction stricte de cette pratique sur le territoire national, et en interdire également toutes les conséquences. Ça veut dire que les parents de cet enfant, qui sont allés à l'étranger, qui ont recouru à une mère porteuse, et qui dans la plupart des cas l'ont payée, c'est à dire qui ont instrumentalisé le corps d'une autre personne pour atteindre leurs objectifs. Et bien ils doivent tirer les conséquences de leur responsabilité. C'est à dire qu'ils doivent s'établir à l'étranger s'ils le souhaitent, là où c'est permis….il faut que les conséquences soient également interdites, il n'y a pas d'autre solution. Pour les enfants c'est pareil. Dans mon esprit les parents sont responsables des enfants. »

Autrement dit, on interdit le territoire national aux parents indignes et à leurs enfants qui ne sont qu’une « conséquence » de l’acte indigne. A l’instar de ceux qui pratiquent la charia en coupant la main des voleurs, Monsieur Poisson couperait les droits civiques de ces parents indignes en les refoulant à l’étranger. Je pensais naïvement qu’on pouvait être opposé à la GPA sans pour autant tomber dans le fondamentalisme religieux. Manifestement, le parti Chrétien Démocrate que préside Monsieur Poisson n’est pas le parti de la charité chrétienne ! A moins au fond que toute cette agitation ne vise qu’à faire exister dans l’opinion le micro-parti en question qui voudrait bien s’ébattre dans un aquarium plus grand alors que l’ensemble de ses adhérents doit tenir dans un bocal.

On peut faire ce crédit à Monsieur Poisson de ne pas être un requin de la politique. On pouvait même penser qu’il n’était que le successeur de Madame Christine Boutin mais hélas, il semble en être également l’héritier… Dommage.

 

dr

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 17:12

Les nouvelles aventures de Marraine Lapine (2)

Kiev est en nuque raide

 

 

« Papa, est-ce qu’on pourrait aller en vacances en nuque raide?» demande la petite Marraine à Le Pen père. La petite Marraine dont les connaissances géopolitiques sont à la mesure de celles qu’elle affiche en économie ne sait pas encore qu’au FN, ce serait la souplesse de l’échine qui serait de rigueur  plutôt que la nuque raide. Quant à l’Ukraine, elle préfère courageusement laisser ses adjoints en parler, tant que l’horizon n’est pas assez dégagé pour lui permettre de déclarer d’une manière péremptoire qu’elle avait toujours prédit ce qu’elle a découvert la veille…

 

Marraine Lapine n’aime pas l’Europe, on le sait depuis longtemps. A ce titre, elle fourbit ses armes pour récupérer, à l’occasion des élections européennes du printemps prochain, les voix des anti-européens de tout poil, les abstentions, les bulletins blancs ou nuls, afin d’apparaître comme leur porte-parole et son parti, le FN, comme plus grand parti de France… Marraine Lapine est donc hostile à toute idée d’ouverture de l’Europe à d’autres pays et à ce titre, elle ne peut cautionner l’opposition Ukrainienne favorable à un rapprochement avec l’Union Européenne. Exercice cependant délicat car manifestement, l’opinion française n’est pas indifférente à la situation de ce pays et considère même que la médiation de l’Union Européenne pour parvenir à un début de retour au calme est plutôt positive.

Courage, fuyons ce débat estime sans doute Marraine Lapine, qui a laissé Florian Phillipot propager le point de vue du parti qui se résume à : l’Union européenne devait «se retirer» d’Ukraine. Il juge «idiot» le fait de menacer de sanctions les dirigeants responsables des violences à Kiev et recommande de «remettre la Russie dans le jeu.» Le petit Phillipot termine en rendant hommage à Vladimir Poutine qui  a quand même rétabli l’Etat russe, a rétabli l’économie russe, a remis son pays sur la scène internationale…

 

En pleine campagne des municipales et même si Tarascon reste assez éloigné de Kiev, ce genre de propos pourrait paraître un peu indigeste pour l’électeur moyen du FN qui ne partage pas forcément l’admiration de Philippot pour Poutine. Marraine doit donc s’empresser de recentrer son discours sur Tarascon. " Nous sommes chez nous, nous avons envie de vivre chez nous, Français en France !" s’est-elle écriée, ajoutant qu’il fallait pouvoir remettre en cause le tabou du dogme du processus d’immigration selon lequel, d’après elle, il est obligatoire d'accepter tous ceux qui veulent avoir la gentillesse de venir, de subvenir à leurs besoins, de leur faire de la place, de leur donner une priorité d'accès au logement ou à l'emploi".

 

L’admiration du FN pour les dictateurs de la planète n’est pas nouvelle et son souhait d’instaurer en France un régime autoritaire ne constitue pas un scoop. Mais plutôt que d’écouter les tartarinades de la Tarasconne de service du 22 février dernier (Wikipédia nous suggère que l’on doit dire Tarasconnaise, est-ce bien exact ?), les 34% de français soi-disant proches des idées du FN devraient savoir qu’en cas de retrait de la zone Euro, le retour du franc génèrerait une inflation dont, comme d’habitude, ce sont les catégories populaires qui pâtiraientent les premières ; Ils seraient bien inspirés de comprendre que l’arrêt de l’immigration poserait évidemment des problèmes de nombre de cotisants aux caisses de retraite, d’assurance chômage et de sécurité sociale, ce qui ferait baisser les prestations dont ils bénéficient. Mais de cela, Marraine ne dit pas un mot, surtout pas à l’électeur franchouillard dont les notions géopolitiques s’arrêtent aux faubourgs de Tarascon.

 

La justice ( !) russe aux ordres de Poutine vient de condamner à 4 années de camp, les hurluberlus qui avaient osé manifester à Moscou aux cris de « la Russie sans Poutine ». Si par malheur pour nous tous, le FN devenait un parti de gouvernement, aurait-on le droit de manifester ici en chantant « la France sans Marraine », sans encourir 4 ans d’incarcération ? Aurait-on le droit de s’interroger sur la fortune douteuse de Le Pen père, l’une des plus importantes détenue par un homme politique français ?... tout comme celle de Poutine qui a su, selon Philippot, redresser si bien l’économie de la Russie… en commençant pas ses petites économies à lui ? Marraine Lapine a réussi, dit-on, à dédiaboliser le FN ; il serait temps que 34% des français se rendent compte que son discours n’est pain bénit que pour de pauvres électeurs qui s’apercevront, trop tard, qu’ils n’étaient bons qu’à se faire plumer.

 

 

dr

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 11:49

 

Vous ne trouverez pas la recette de la carpe et du lapin sur le site de marmiton.com mais si http//www:faittoutcon.com existait, vous auriez peut-être une chance ! En tout cas, c’est le plat qui nous a été servi à Paris lors de la manifestation du dimanche 26 janvier demandant la destitution de François Hollande, Président de la République et élu démocratiquement en mai 2012. On trouvait de tout à cette manif : des carpes intégristes de « Civitas », des lapins coiffés de bonnets rouges qui ressemblent de plus en plus à des sympathisants FN avec de gros nez rouges, des négationnistes, des antisémites, et pour l’assaisonnement, un peu d’ultra gauche et d’ultra droite promptes à casser du flic en fin de parcours… Tout ce beau monde s’était retrouvé pour chanter des cantiques s’élevant contre le trop d’impôts, l’écotaxe, le mariage pour tous, l’IVG… Bref, des ingrédients improbables qui se mélangeaient pour nous concocter une soupe indigeste aux relents d’un Pétainisme dont on croyait sans doute à tort, que sa date de péremption était depuis longtemps dépassée ! Les « casseurs » de fin de manif étaient probablement des nostalgiques du 6 février 1934 qui auraient bien aimé qu’en dégénérant un peu plus, le rassemblement leur offre la possibilité de se présenter en martyrs du Hollandisme. Tout cela peut difficilement nous mettre en appétit…

 

Une qui manque singulièrement d’appétit, en ce moment, c’est la dénommée Béatrice Bourges ! Cette militante du Printemps français qui s’était fait un peu voler la vedette par Frigide Barjot lors des manifs contre le mariage pour tous veut sa revanche. Après avoir fricoté avec Christine Boutin puis avec l’UMP, la petite Bourges qui est un pur produit de la faculté d’Assas et du catholicisme réactionnaire monte sur ses grands chevaux pour s’opposer à l’IVG, au mariage pour tous, à l’homoparentalité, bref, pour la restauration d’un ordre moral totalement anachronique et qui fleure bon ( ?) le travail, famille patrie ! Notre pseudo réincarnation de Jeanne d’Arc a ainsi entamé une grève de la faim qu’elle compte faire durer… jusqu’à la destitution de François Hollande, ni plus, ni moins ! Madame Bourges, la bien-nommée, entreprend ainsi une croisade, une guerre sainte. Elle va refuser toute nourriture, faire ceinture en quelque sorte, exactement comme d’autres, au soi-disant nom d’une religion, se mettent une ceinture d’explosifs pour se faire sauter en public. Madame Bourges se comporte en fait ici comme une sorte de djihadiste. Elle reçoit un soutien sans faille de groupuscules traditionnalistes comme « le rouge et le noir » ou « familles chrétiennes ».

Il faudrait cependant rester sérieux :

 Soit, la Bourges entreprend une véritable grève de la faim, ce qui signifie qu’elle choisit dans ce cas de se suicider puisqu’à moins d’être totalement dérangé, personne ne peut imaginer que la procédure de destitution du Président ne puisse être ni engagée, ni aboutir. On aimerait dans ce cas que la hiérarchie de l’Eglise condamne fermement ce comportement extrémiste et qui plus est, profondément anti démocratique.

Soit, la Bourges ne fait, selon ses propres termes, qu’un « jeûne spirituel », ce qui lui permet de l’interrompre quand elle le jugera bon et d’avoir réalisé une simple opération marketing, avec micros et caméras à disposition. Peu lui importe que ce « jeûne spirituel » soit aux antipodes des écrits évangéliques qu‘elle brandit quand cela la sert, si l’on se réfère à ce qu’écrivait le camarade Mathieu dans son chapitre 6 versets 16/17/18 :


16 Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.


17 Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,


18 afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

 

Dans tous les cas, on aimerait que les hiérarchies religieuses de toutes confessions soient un peu plus énergiques pour condamner les comportements outranciers, les attitudes radicales, les postures de pseudo-martyrs prises au nom d’une foi qui ne saurait s’imposer comme une norme supérieure à la loi d’une république laïque. Ceci est valable aussi bien pour les Chrétiens que pour les Juifs et les Musulmans.

 

Mais peut-être après tout que la petite Bourges d’Arc va comme par hasard, entendre dans les prochains jours une voix qui lui dira que son message a été entendu, que Dieu et la France entière l’ont écoutée, et qu’en 2017, un miracle aura probablement lieu puisque François Hollande ne sera pas réélu. Alors, toujours devant une forêt de micros, la Bourges annoncera au monde entier qu’elle va recommencer à s’alimenter…

 

Je ne crois pas aux miracles, mais incontestablement, si elle recommence à manger, j’en serai ravi parce qu’au moins, chez les Bourges, on a appris à na pas parler la bouche pleine ! Qu’elle se taise et ce sera déjà un petit miracle !

 

 

dr

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 12:35

M'étant depuis de longs mois interrogé en conscience sur ce sujet complexe, et ayant, ici même, fait état de ma conviction, je suis interpellé par un aspect de cette loi désormais votée qui n'est évoqué qu'au chapitre 5 de l'article précédent sur ce même sujet, mais qui m'apparait majeur, celui de l'adoption des enfants, voire demain, peut-être, celui de la procréation.

Comme on nous ressort à tout bout de champ le couplet du déni d'homophobie sur le mode "je ne suis pas homophobe, j'ai même des amis homo", comme on nous le servait jadis à propos  des noirs et des arabes, je ne m'engagerai pas à nouveau sur ce terrain, mais ceux qui connaissent ma vie et ma famille m'accorderont que je ne peux pas être soupçonné d'allergie  viscérale à cet égard.

Revenons-en donc aux enfants.

Oui, je continue à prétendre qu'il est préférable, pour un enfant, de bénéficier de l'éducation aimante et partagée d'un père et d'une mère, et que toutes les situations alternatives peuvent évidemment être envisagées,  sans toutefois qu'elles procurent une quelconque garantie de meilleur traitement.

Et si la relation entre un père et une mère peut s'envenimer au point que l'enfant ait à en souffrir, c'est également vrai pour toutes les autres situations conjugales imaginables.

J'ai envie de dire "fermez le ban".

So what ?

Je suis triste qu'on ait tout mélangé dans ce débat qui a rarement été élevé à la hauteur qu'il aurait mérité, et notre société avec lui, car ce sujet complexe ne se résume pas au mariage de deux personnes de même sexe qui s'aiment.

On a eu la pire des choses avec une porte-parole du mouvement "contre" qui aurait fait condamner la meilleure des lois qu'elle aurait soutenue tant son propos était creux et tant elle-même est une caricature de la pensée.

On a eu des choses tout aussi incroyables de naïveté et d'agressivité du côté des "pour", et il faudrait avoir été sourd et aveugle pour ne pas l'admettre aujourd'hui.

La bêtise et l'invective se sont bien souvent répandues au niveau des pâquerettes en ce printemps pourri.

***

Les tenants de cette évolution historique mettent en avant le fait que la loi va régulariser ou sécuriser  la situation de quelque 200.000 à 300.000 enfants qui vivraient d'ores et déjà dans des familles homoparentales.

Je pose une question : à combien de ces enfants manque-t-il aujourd'hui d'avoir un père et une mère biologiques ?

En creux, la question peut se poser dans ces termes : combien d'entre eux ont-ils été conçus par le truchement d'une gestation pour autrui interdite en France, ou combien d'entre eux ont-ils été adoptés par un adulte se prétendant  célibataire, puisque, jusqu'à ce jour, l'adoption par un couple homosexuel ne recueillait pas l'agrément ? Un peu en catimini en quelque sorte…

A cette question, bien que ne disposant d'aucun chiffre officiel, je crois qu'on peut répondre qu'il s'agit d'une minorité, et que la grande majorité des enfants vivant dans une famille homoparentale ont "hérité" d'une séparation de leurs parents, à la faveur ou à la suite de laquelle l'un des deux a changé la sexualité de sa vie conjugale.

Et dans ce cas, en effet, comme je l'ai déjà écrit, je crois que l'enfant peut se construire, sans trop de difficulté,  puisqu'il sait qu'il a un père et une mère biologique et qu'il ne manquera pas du regard croisé sur sa vie et sur son éducation que constitue la famille hétéro qui l'a mis au monde.

Mais je reste persuadé qu'il en ira tout autrement de ces enfants qui demain, déjà malheureux d'avoir été abandonnés ou d'être orphelins, seront adoptés par un couple homo en mal d'enfant, et à qui la société ne lui demandera pas son avis.

Quant à ce qui me semble extravagant et qui consiste à convoquer la science, non pas pour guérir une pathologie mais pour satisfaire une envie, je parle de la gestation pour compte d'autrui pour les couples gays et de la procréation médicalement assistée  pour les couples lesbiens, je ne vois pas comment - juridiquement  parlant - on pourra en priver certains couples et pas les autres, dès lors qu'ils auront été unis par le même contrat en mairie. Ou bien la loi est la même pour tous ou elle ne l'est pas.

Et, à franchement parler, je ne suis pas certain que, parmi ceux qui se félicitent aujourd'hui de ce nouvel avènement d'une liberté universelle, tous aient été aussi loin dans leur réflexion.

 

De toutes façons, cette loi votée ne peut plus être remise en question, quelles que soient les vociférations de quelques parlementaires de droite qui voudraient se rassurer à bon compte ou récupérer des voix de gens de gauche qui n'ont pas soutenu le texte.

C'est donc l'avenir, tel qu'il faut désormais l'envisager, qui doit nous interroger, et, je l'espère, nous rassembler.

J'espère que les cours de récréation ne seront pas le théâtre de vilaines ségrégations et que les parents progressistes n'oublieront pas de bien faire la morale à leur progéniture.

J'espère que les enfants de familles  homoparentales par adoption (voire par PMA ou GPA) ne souffriront pas ce que souffrent ceux qui sont nés sous X et qui peinent tellement à se construire en raison du manque d'authenticité qui s'attache à leur naissance.

J'espère que notre société ne s'imposera pas des quotas culturels ou professionnels  pour que le fait homosexuel soit équitablement représenté dans ces deux sphères.

J'espère que mes doutes auront été vains.

J'espère que ce qui restera de plus digne dans cet épisode de notre histoire sera le discours prononcé par Christiane Taubira  dès la proclamation de la loi à l'Assemblée Nationale, discours dans lequel elle a remercié le Président de la république et le Premier ministre de lui avoir confié cette mission, ainsi que les parlementaires qui l'ont soutenue, mais aussi ceux qui, de droite, lui ont apporté une opposition constructive.

Mais ceux-ci n'étaient déjà plus que deux dans l'hémicycle.

 

Alea jacta est.

 

ML

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:37

 mariagenul-copie-2

 

La radicalisation du débat sur le mariage pour tous, les excès verbaux, voire physiques à l’encontre de certains acteurs de ce débat doivent amener chacun à s’interroger sur le sujet du mariage. « La hune » va s’efforcer de faire acte d’une pédagogie dont on souhaitera qu’elle ne soit pas trop nulle en déroulant plusieurs chapitres.

Chapitre 1 : La loi religieuse peut-elle s’opposer au droit civil ? La réponse est simple : Oui si nous sommes dans un régime qui, constitutionnellement, affirme la primauté du droit religieux, non dans le cadre d’une république laïque comme c’est le cas en France. Nul citoyen ne peut donc prétendre s’opposer à l’application d’une loi républicaine au nom de ses convictions religieuses, aucun citoyen ne peut prétendre à l’application d’une loi religieuse interdite par la loi républicaine. La polygamie et l’excision sont ainsi interdites en France et nul ne saurait s’affranchir de cette interdiction, même si des milliers de musulmans descendaient dans la rue pour exiger la levée de ces interdictions. Le divorce n’est pas admis par le droit catholique mais ce ne serait évidemment pas une raison pour qu’au nom de leur foi, des milliers de catholiques descendent dans la rue pour s’opposer à l’application du droit au divorce. Ce chapitre peut rapidement être clos puisque les lecteurs de « la hune » qui peuvent avoir des convictions religieuses diverses sont d’abord des républicains.

Chapitre 2 : Comment le droit français traite-t-il du mariage ? Là encore, c’est assez simple puisque sans qu’il soit nécessaire de rappeler les quelques articles que lui consacre le Code Civil, le mariage est juridiquement un contrat par lequel les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance,  assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, pourvoient à l’éducation des enfants, préparent leur avenir, et contribuent  aux charges du mariage. C’est un contrat, donc, un engagement qui, s’il n’est pas tenu par l’un des co-contractants, peut être rompu avec des conséquences au plan financier et en ce qui concerne les droits et obligations pesant sur les ex époux en ce qui concerne leur famille. On chercherait vainement dans ces articles un droit, une obligation ou une interdiction spécifique à l’un des époux en fonction de son sexe. Par ailleurs, le Code Civil ne subordonne pas la conclusion ou l’exécution de ce contrat à l’existence de sentiments entre les contractants. Le droit ne connaît pas l’amour et n’a donc pas à le gérer. On va donc conclure ce chapitre en soulignant que le mariage civil n’est qu’un engagement contractuel de deux personnes ayant capacité à le souscrire et à en assumer les conséquences. Si un lecteur de « la hune » peut prouver que le Code Civil contient autre chose, qu’il nous écrive, merci d’avance.

Chapitre 3 : Pourquoi ne pas se contenter du PACS qui est également un contrat ? La question peut sembler pertinente sauf que, si un PACS « amélioré » et le mariage civil devenaient des contrats rigoureusement identiques, l’interdiction du mariage civil aux homosexuels et l’obligation qui leur serait faite de conclure un PACS pour s’unir équivaudrait à un marquage social digne des pires moments de l’histoire. Si la loi de la république édicte que deux êtres peuvent s’engager avec les mêmes droits et devoirs l’un envers l’autre, elle a l’obligation de créer un contrat semblable pour des citoyens qui sont égaux devant la loi. Si en revanche on estime que le contrat régissant l’union de deux citoyens homosexuels doit être différent de celui que peuvent souscrire deux citoyens hétérosexuels, il est nécessaire, au regard de notre constitution et de la déclaration des droits de l’homme, de justifier sur un plan juridique l’existence d’une différence ayant pour origine l’orientation sexuelle du citoyen. Le législateur peut tout à fait suspendre ou interdire l’exercice d’un droit à un citoyen mais il s’agit là d’une sanction pénale comme la privation de droits civiques, l’inégibilité temporaire ou définitive, une restriction en matière de circulation etc… Mais la dépénalisation de l’homosexualité intervenue le 4 aout 1982 en France a pour conséquence juridique que la privation du droit au mariage civil pour un couple homosexuel est tout simplement discriminatoire.

Chapitre 4 : Résumé des chapitres précédents : la conviction religieuse est respectable mais totalement inopposable à celui qui ne la partage pas ; par ailleurs, elle ne peut affranchir un citoyen de ses droits et devoirs dans le contexte d’une république laïque. S’il existe dans notre droit des dispositions visant à exclure certains groupes de l’exercice de certains droits (exemple, le droit de vote pour les mineurs, leur capacité à contracter), ces groupes sont identifiés par des critères objectifs comme l’âge par exemple, la reconnaissance d’un handicap pour bénéficier de certains droits exclusifs. Il n’existe cependant pas juridiquement de groupes fondés sur l’orientation sexuelle et il n’y a donc pas matière à exclure certains citoyens de l’exercice de droits fondé sur ce seul critère.

Chapitre 5 : Les enfants. Nul ne viendra nier le fait qu’en l’état de notre science et des possibilités qu’offre notre droit, leur conception ne peut survenir que du rapprochement d’un ovule et d’un spermatozoïde. Il est légitime de penser qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère mais il est tout aussi légitime d’estimer que deux personnes d’un même sexe et qui s’aiment offrent des conditions affectives tout à fait propices à l’épanouissement des enfants. Soutenir le contraire ne repose sur aucune certitude. Chacun s’accordera même pour dire qu’un tel contexte est préférable à celui d’un foyer désuni au sein duquel la maltraitance est susceptible de s’exercer sur l’un des conjoints ou sur les enfants. Bien entendu, il serait tout à fait erroné d’imaginer qu’un couple homosexuel constituerait une assurance contre la désunion ou la maltraitance. Le problème ne se situe pas en ces termes et l’on se rend compte que l’orientation sexuelle n’est pas un facteur objectif de nature à établir avec la moindre certitude que des enfants seraient plus ou moins en danger en fonction de l’orientation sexuelle des conjoints qui s’engagent à les élever. Par ailleurs, avoir seul la charge d’un enfant, ce qui est le cas de mères célibataires, de veufs ou de personnes seules ayant adopté ne semble pas a priori une situation plus enviable que de partager la charge de son éducation avec une autre personne de même sexe. Enfin et c’est sans doute l’élément le plus important, certains couples homosexuels élèvent déjà des enfants, sans qu’il existe la moindre sécurité pour ces derniers dans le cas de la disparition du parent légitime. L’autre, par nature non légitime, n’a aucun droit ni aucune obligation à l’égard desdits enfants, ce qui constitue une insécurité majeure pour ces derniers.

Chapitre 6 : La contestation du projet de loi sur le mariage pour tous est-elle dénuée de toute arrière-pensée politicienne ? Réponse NON. Passons au chapitre suivant.

Chapitre 7 : En guise de conclusion, deux interrogations. Fallait-il faire une loi pour régler une question qui ne concerne qu’une petite partie de la population ? On aurait pu tout aussi bien interroger de la même manière Robert Badinter faisant voter la loi abolissant la peine de mort qui, et c’est heureux, ne concernait qu’une infinitésimale partie des citoyens. L’autre question est plus intime et s’adresse à chacun. Au delà des questions entrevues dans les chapitres précédents, celle de l’homophobie se pose. Hormis quelques radicaux qui affichent leur haine des homosexuels, l’homophobie ne serait-elle pas beaucoup plus présente en chacun de nous que ce que nous voulons nous avouer ? Notre éducation, l’état d’intolérance de notre société à l’égard de ceux qui sont différents sont probablement des facteurs favorisant une homophobie latente en chacun de nous. Sommes-nous tous vraiment certains de n’être pas concernés ? A chacun sa réponse, mais refuser de se poser à soi-même cette question, c’est faire réellement preuve de nullité. 

 

dr

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 17:31

"Mon adversaire, c'est la finance !" déclarait vivement au Bourget le candidat du PS à l'élection présidentielle en janvier 2012.

Franchement, quand on voit comment il traite ses électeurs, comment ses amis le traitent, et comment il traite ses "adversaires", on est en droit de se demander de quel côté il vaut mieux se trouver...

 L'Agefi ne passe pas pour être un journal révolutionnaire : il est régulièrement distribué dans les banques, au même titre que Les Echos ou feu La Tribune.

Et quand les choses sont aussi bien analysée par des experts, on aurait tort de se livrer à un piteux copier/coller.

C'est pourquoi, il nous apparait plus opportun de vous livrer "dans son jus" cet article au titre révélateur .

                                                                       *****

                 Séparation bancaire - Plus de peur que de mal  (Agefi 28 mars 2013)

Le projet de loi adopté en première lecture par le Parlement exempte la majeure partie des activités de marché de filialisation.

Par Jérémie Marais le 28/03/2013 pour L'AGEFI Hebdo

François Hollande avait promis, dans ses 60 engagements pour la France, de « séparer les activités des banques utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives ». Or le projet de loi adopté par l'Assemblée nationale le 19 février et par le Sénat le 22 mars maintient dans ses grandes lignes le statu quo : les dépôts, et la garantie dont ils bénéficient, peuvent continuer à financer indirectement un certain nombre d'activités de marché risquées, voire spéculatives. Après avoir auditionné de nombreux responsables de banques, et une poignée seulement de représentants d'entreprises, les parlementaires ont maintenu l'équilibre du texte du gouvernement. Au-delà d'un certain seuil (qui devrait inclure les quatre ou cinq principales banques françaises selon Hervé de Villeroché, chef du service du financement de l'économie du Trésor), les opérations pour compte propre doivent être filialisées, à l'exception de six activités, dont les services d'investissement aux clients et la tenue de marché, et de la « gestion extinctive des portefeuilles ».

Avec ces exemptions, la loi laisse dans la maison mère la majeure partie des activités de marché. Selon Pierre Moscovici, les activités à filialiser représentent « de 3 % à 5 % du chiffre d'affaires des activités de marchés des banques ». Une « première estimation » supérieure aux chiffres donnés par les banques elles-mêmes. En novembre dernier, Alain Papiasse, directeur général adjoint de BNP Paribas, avait indiqué que la filialisation concernait moins de 2 % du PNB de la BFI (banque de financement et d'investissement) de la banque. Devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Frédéric Oudéa, PDG de Société Générale, a évoqué 3,5 % à 5 % des activités de marchés, lesquelles représentent 15 % du PNB de la banque. C'est donc moins de 1 % des activités de Société Générale qui sont concernées. Tirant les conséquences, Laurence Scialom, professeur d'économie à l'université de Nanterre, a invité les députés à retirer le terme « séparation » de l'intitulé du projet de loi.

Filiale, contrepartie à part entière

A en croire le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, depuis la crise, les banques ont réduit leurs opérations spéculatives puisque, « en 2006-2007, la part des activités susceptibles d'être filialisées oscillait entre 15 % et 22 % du PNB des BFI ». Le texte a, selon lui, un « rôle préventif », en empêchant les banques de renouer avec leurs anciennes pratiques.

Quoi qu'il en soit, les banques restent exposées à leurs filiales. Hervé de Villeroché a assuré que « la filiale est considérée, d'un point de vue juridique et prudentiel, comme une contrepartie externe à part entière, avec ses contraintes propres en termes de fonds propres et de liquidité et sans que la maison mère soit impactée par un défaut de la filiale ». Concrètement, aux termes de l'application en pilier 2 par l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) du règlement sur le contrôle des grands risques, la maison mère peut mobiliser jusqu'à 10 % de ses fonds propres sur les « risques nets pondérés » qu'elle encourt du fait de ses opérations avec une contrepartie externe.

A travers les services d'investissement aux clients, le texte permet aux banques de se porter partie à toute opération « dans le but de répondre aux besoins de couverture, de financement ou d'investissement de leurs clients ». Un critère qui autorise une multitude d'opérations. « La raison des faibles pourcentages concernés par la filialisation réside dans le choix du critère de séparation, a regretté Thierry Philipponnat, secrétaire général de Finance Watch. Si l'activité est réalisée avec un client, il n'est pas nécessaire de la séparer. Ainsi, serait considérée comme utile la vente d'un 'credit default swap' à un 'hedge fund' situé aux îles Caïmans, le cas échéant pour spéculer sur la dette souveraine d'un pays européen (...) Si l'on considère le travail quotidien d'une banque sur le marché des changes, on s'aperçoit que 4 % de l'activité correspond aux transactions nécessaires aux échanges liés au commerce international, et que le reste, soit 96 %, relève de la spéculation. »

Le bon grain et l'ivraie

Quant à l'activité de tenue de marché, elle peut abriter des positions spéculatives (lire l'entretien). Certes, un amendement du député socialiste Laurent Baumel prévoit que l'ACP s'assure du bien-fondé de ces opérations grâce à une série d'indicateurs : présence régulière et activité minimale sur le marché, exigences en termes d'écarts de cotation proposés et règles internes telles que des limites de risques. « Il s'agit de faire un travail d'objectivation des mandats, 'desk' par 'desk', a exposé aux sénateurs Edouard Fernandez-Bollo, secrétaire général adjoint de l'ACP. Les banques devront objectiver leurs limites d'achat et les justifier par rapport à un historique d'achats. L'approche sera concrète et l'appréciation se fera au cas par cas. » Tout un programme, qui a fait frémir Didier Valet, directeur de la BFI de Société Générale, présent à la même audition. « Il faudra discerner l'intention derrière chaque opération, prévient Pierre-Yves Thoraval, directeur général de Promontory Financial Group France, ancien secrétaire général adjoint de la Commission bancaire. Il sera diablement difficile pour l'ACP de distinguer les opérations nécessaires à la tenue de marché des opérations spéculatives, notamment sur le marché secondaire. »

Karine Berger, rapporteure du texte à l'Assemblée, ne croit pas qu'il soit possible de séparer le bon grain de l'ivraie : « Il faudrait mettre un contrôleur derrière chaque trader. » C'est pourquoi elle a fait adopter un amendement stipulant que le ministre de l'Economie peut fixer un seuil au-delà duquel la tenue de marché doit être filialisée « afin d'éviter qu'une banque consacre une grande part de son bilan à cette activité et participe à la formation de bulles », confie-t-elle à L'Agefi. En outre, dans le cadre de ses nouveaux pouvoirs de gestion des faillites bancaires, « l'ACP peut exiger des modifications telles que la filialisation de certaines activités » si elle identifie un obstacle potentiel dans un plan de résolution, comme l'a expliqué Ramon Fernandez, directeur général du Trésor. Enfin, Pierre Moscovici estime que la nouvelle logique de résolution des faillites, qui peut faire intervenir les créanciers, « aura un effet dissuasif sur la spéculation, en supprimant l'aléa moral ». Mais pour Laurence Scialom, « il faut que la structure des groupes permette d'appliquer très rapidement les plans de résolution ». Or selon elle, « la faiblesse de la séparation obère considérablement l'efficacité » des nouveaux pouvoirs de résolution.

Le gouvernement n'a pas voulu filialiser la tenue de marché, comme le propose le rapport Liikanen, de peur de renchérir le financement par la filiale des stocks nécessaires à cette activité, en raison de l'absence de garantie de la maison mère, et de conduire les banques à s'en retirer. Selon une estimation d'Erkki Liikanen citée par Karine Berger, l'augmentation du coût serait de 10 à 20 points de base (pb) (1). Aucun chiffre n'a été fourni dans l'étude d'impact du projet de loi. Pour Christian Noyer, la filialisation de la tenue de marché livrerait l'Etat, les collectivités locales et les entreprises « pieds et poings liés aux quatre grandes maisons de Wall Street ». Pierre de Lauzun, directeur général délégué de la Fédération bancaire française (FBF), a abondé dans le même sens : « Le gros des activités de marché n'est pas viable dans une filiale cantonnée, en tout cas pas pour les banques françaises qui ne sont pas des acteurs majeurs des marchés. C'est possible pour Goldman Sachs, pas pour nos banques. » Pourtant, BNP Paribas et Société Générale sont dans les dix premières banques du monde sur les marchés. Un rapport du Comité de Bâle publié fin janvier semble même montrer que le portefeuille de négociation (trading book) de BNP Paribas est plus important que ceux des maisons de Wall Street, même après ajustement des différences comptables. Toutefois, les portefeuilles des banques françaises sont gonflés par leurs instruments de couverture du risque de taux (car elles prêtent davantage à taux fixes) et par leurs opérations de prêt-emprunt de titres (non comptabilisées dans ceux des banques américaines).

Les hedge funds en question

Le projet de loi contient deux autres mesures qui sont autant de coups d'épée dans l'eau : la filialisation des opérations conclues avec des hedge funds « lorsque la banque n'est pas garantie par une sûreté » et l'interdiction pour la filiale de réaliser des opérations de trading à haute fréquence « taxables ». Or les prêts aux hedge funds sont aujourd'hui garantis par du collateral dans la plupart des cas, et le trading à haute fréquence taxable ne comprend pas les activités de tenue de marché. Une source proche du dossier explique : « Les ‘hedge funds' occupent une part de plus en plus importante dans la gestion d'actifs. Or pour travailler avec un ‘asset manager', il faut travailler avec tous ses fonds. Donc on ne peut pas interdire aux banques de faire des opérations avec des ‘hedge funds'. » En ce qui concerne le trading à haute fréquence, un amendement a été adopté au Sénat prévoyant que les entreprises de marché prennent « des mesures, en particulier tarifaires, permettant de limiter le nombre d'ordres non exécutés».

Les mauvaises langues disent que le projet français et le copier-coller allemand ont été conçus pour tuer dans l'œuf les recommandations du rapport Liikanen. Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, doit faire une proposition législative cet été. Il a déjà déclaré qu'il tiendrait compte de la réforme en cours en France. 
 

NDLR : (1) 100 points de base (pb) = 1%

Nous signalons sans malice qu'il existe une pétition en ligne pour demander une véritable séparation des activités bancaires : http://www.monadversairecestlafinance.fr/

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La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

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