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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 11:12

 

En ce temps-là, « Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » … «  Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.  Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! » … Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » (Extrait de l’Evangile selon saint Matthieu, chapitre 27).

En ce temps-ci, Sarkozy faisant campagne pour devenir président de l’UMP proposait en meeting de revenir sur le mariage pour tous. «  Que voulez-vous que je fasse ? que je réécrive la loi ? » Les grands prêtres organisateurs du meeting, anciens de la manif pour tous, poussent la salle « Abrogation, abrogation, abrogation ! » répond la foule. « Quand on dit qu'une loi doit être réécrite de fond en comble, si vous préférez qu'on dise qu'on va l'abroger pour en faire une autre (…) enfin si ça vous fait plaisir, franchement, ça ne coûte pas très cher» dit Sarkozy sans prendre de gants et qui ne prend même pas la peine de se laver les mains. Dès le lendemain, quelques-uns de ses fidèles tentent de corriger le tir en minimisant la réelle portée de la parole sarkozienne, manière de lui éviter de glisser sur la planche qu’il a lui-même savonnée sous ses pieds. Ce sera sans doute peine perdue, Sarkozy a commis là une faute politique.

Sarkozy ne peut s’empêcher de se comporter en bateleur aussitôt qu’il occupe une estrade. Pour obtenir l’assentiment, il est prêt à tous les discours, toutes les promesses, tous les reniements, tous les coups de menton. Suggérer la création d’un mariage « différent » pour les homosexuels relève de l’acharnement discriminatoire, outre que la légalité d’une telle mesure serait contestée aussi bien sur le plan purement juridique qu’à celui des droits de l’homme. Pour se faire aimer de ses clients, il leur donne raison, quelles que soient leurs motivations. « Vous voulez de l’abrogation ? je vais vous en donner, de l’abrogation, et pour le même prix, en plus ! »… Samedi, sa clientèle c’était la manif pour tous, il leur a donné de la manif pour tous. Demain, les clients seront l’ensemble des adhérents de l’UMP, il adoucira son propos sur le mariage pour tous et exécutera son numéro éculé sur l’anti socialisme, l’anti fonction publique et l’anti insécurité. Et si, à Dieu ne plaise pas du tout, il était investi pour être candidat en 2017, la clientèle étant élargie à l’ensemble des électeurs, il oublierait évidemment ses propos de samedi dernier ou nous gratifierait à nouveau de son sempiternel « j’ai changé ! ».

Le clientélisme de Sarkozy est insupportable tant il fait tomber la politique à des niveaux très au-dessous de la ceinture. L’ex Président repousse très loin les limites de la démagogie, au point de devenir totalement incohérent et illisible dans son propos. Nous avions connu avec lui un quinquennat au ras des pâquerettes, désormais, il nous fait tomber plus bas que terre. Bientôt, pour les commentateurs, ce ne sera plus de la politique, cela deviendra de la spéléologie !

dr

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 19:56

 

Le mercredi 12 novembre, le robot Philae, largué par la sonde Rosetta, s’est posé sur la comète Tchouri à plus de 500 millions de kilomètres de Colombey les deux églises. Pour le moment, le petit robot n’a pas réussi à enfoncer ses crochets dans le sol, ce qui pourrait lui poser des problèmes de stabilité. Reste que l’exploit technique mérite d’être chaleureusement applaudi, d’autant plus qu’il est le résultat de la coopération européenne, n’en déplaise une fois de plus aux eurosceptiques de tous poils. Philae a pris soin de se poser sur le noyau de la comète et il pourra ainsi contempler à loisir sa jolie chevelure flottant dans l’espace interstellaire.

Sarkozy persiste à faire l’école buissonnière. En d’autres termes, il continue à surfer sur les thèmes d’extrême droite chers à son ancien conseiller, Patrick Buisson. Le petit robot français essaie depuis des mois de se poser sur la chevelure blondasse de Marraine Lapine qu’il prend pour une comète, dans la mesure où cette dernière plane à des hauteurs astronomiques dans les sondages. Tout en s’essayant à câliner les électeurs de sa « tchourie », il tente d’y planter ses petits ergots de coq, espérant tirer profit d’une radicalisation de l’UMP. Ce sera peine perdue probablement et sa pseudo comète le chassera comme un vulgaire pou sans avoir besoin d’administrer de Marie Rosetta…

Tchouri et Rosetta vont poursuivre très haut, très loin, leur voyage vers les astres, tandis que beaucoup plus près, beaucoup plus bas, englués dans une fange nauséabonde,le petit robot et sa pseudo comète continueront leur itinéraire sur les chemins du  désastre moral.

 

dr

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 09:51

La saint Jérôme, c’était le 30 septembre. Chacun d’entre nous a souhaité une bonne fête aux Jérôme qu’il connaît mais au sein de la classe politique, la manière a sans doute été assez différente ; dame, on a les Jérôme qu’on mérite !

On se doute qu’au PS, on n’a pas dû se bousculer pour souhaiter une bonne fête à Jérôme Cahuzac, ex ministre du budget et grand spécialiste du placement d’argent à gauche. Sa fréquentation des paradis fiscaux lui a valu de vivre un enfer politique et médiatique. Il paye et personne ne pourra s’en plaindre, ni au PS, ni ailleurs. Saint Jérôme, ce n’est pas lui.

En revanche un Jérôme qui a été quasiment béatifié au sein du Front de Gauche, c’est Jérôme Kerviel ! On peut estimer que le fonctionnement de la Société Générale était bien peu sécurisé pour permettre au trader d’accumuler autant de pertes dissimulées ; on peut même imaginer que la Banque a profité de l’occasion des malversations commises pour grossir le montant de ses pertes, mais de là à considérer le trader comme la victime du système et à le comparer à Alfred Dreyfus ! C’est pourtant ce que fait Mélenronchon qui ne recule décidément devant aucune provocation pour faire parler de lui dans les médias. Draper le coupable dans l’habit de la victime est une grande spécialité de certains hommes politiques comme Le Pen (père et fille), Sarkozy ou Mélenronchon lui-même. Fustiger la Justice fait aussi partie de l’arsenal classique et cela en dit long sur la capacité du leader du Parti de Gauche à respecter l’indépendance des magistrats. Quoi qu’il en soit, Jérôme Kerviel pour lequel on éprouve ni antipathie, ni sympathie particulières, ne peut être ainsi béatifié. Il va continuer à porter un bracelet électronique et non l’auréole dont Mélenronchon voudrait l’affubler. Saint Jérôme n’est donc pas un ancien trader.

Va-t-on trouver notre saint à l’UMP ? Jérôme Lavrilleux qui a avoué avoir laissé son stylo commettre quelques signatures sur de fausses factures pour permettre à son chef de mener grand train durant sa campagne électorale est aujourd’hui le seul, avec les dirigeants de Bygmalion, à reconnaître un début de responsabilité dans ce qui est un énorme scandale d’Etat. Imaginez seulement si Sarkozy avait été élu en 2012. L’affaire serait peut-être aujoud’hui étouffée et les magistrats instructeurs priés de s’intéresser à autre chose, mais il n’empêche que nous aurions aujourd’hui un Président élu grâce à une tricherie d’ampleur gigantesque. Et  l’entendre aujourd’hui jouer les victimes sur les estrades complaisantes de supérettes UMP de province en dit long, tant sur la petitesse du personnage que sur la lâcheté de tout son entourage qui ne se souvient de rien. Saintes nitouche ou voyous, peut-être, mais décidément pas de saint Jérôme dans cette famille…

On a retrouvé dans les archives du FN un certain Jérôme Bourbon, véritable djiadiste catholique et actuel directeur de Rivarol. Bref, le profil idéal d’un saint homme ! Condamné pour contestation de crimes contre l’humanité par la justice, cet ex membre du FN a rompu avec Madame Le Pen en expliquant «  Je ne peux pas en conscience rester neutre entre une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal, sans colonne vertébrale, pur produit des media, qui a multiplié les purges depuis des années et dont l’entourage n’est composé que d’arrivistes sans scrupules, de juifs patentés et d’invertis notoires… » fin de citation… Comme quoi, ce garçon a bien retenu les leçons du père Le Pen et il ne risque pas plus que les précédents de se coiffer de l’auréole de saint Jérôme !

Dans la France du début du XXème siècle, les « apaches », c’était les petits malfrats qui avaient maille à partir avec la Justice. Nos quatre Jérôme ont des comportements qui n’ont rien à envier à celui des « apaches ». Aux Etats Unis, la tribu Apache avait parmi ses chefs, un certains Géronimo dont le nom est hérité d’un acte perpétré le jour de la Saint Jérôme. Mais si lui non plus n’avait rien d’un saint, au moins peut-on le considérer, celui-là, comme une véritable victime de l’oppression blanche américaine. Rien à voir avec les quatre qui précèdent qui s’habillent en victimes alors qu’ils ne sont que coupables…

dr

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 09:16

 

La ville de Carhaix située au centre de la Bretagne n’est pas, selon l’expression populaire, le « trou du cul du monde ». La ville connait même une certaine notoriété en raison du festival des vieilles charrues qui s’y déroule chaque été. On peut lire sur le site de la ville que Carhaix est jumelée avec 5 villes européennes et un camp Palestinien, ce qui est tout à fait à son honneur. On pourrait cependant suggérer au maire de cette aimable bourgade, Monsieur Christian Troadec, un nouveau jumelage avec la ville de Montcuq, située elle, dans le Lot, et dont la notoriété bien assise tient d’avantage à son nom qu’à la renommée du loto organisé le 18 octobre prochain par la société de chasse locale.

Monsieur Troadec s’est illustré ces derniers mois en prenant la tête de la contestation de l’écotaxe, en organisant et en participant à de multiples manifestations regroupant des cohortes d’individus aux intérêts particuliers fort divers pour ne pas dire contradictoires, et sans la moindre considération pour l’intérêt général, notamment écologique, qui était la raison d’être de cette écotaxe. Monsieur Troadec a eu raison du projet, aidé en cela par la Ministre Madame Royal qui vient de démanteler à elle seule tous les portiques payés par les contribuables. Les gros nez rouges (les appeler « bonnets rouges constitue une manipulation de l’Histoire dénoncée par des historiens universitaires de renom tel André Lespagnol) peuvent donc illégitimement se réjouir.

Madame Royal a eu l’idée lumineuse d’instaurer la gratuité des autoroutes le dimanche. C’est ainsi que l’écotaxe qui était censée taxer les poids lourds pollueurs se serait transformée en permission de polluer gratuitement le week-end pour tous les véhicules automobiles légers… Heureusement, cet éclair de génie n’aura duré qu’une nanoseconde, le temps qu’il a fallu au gouvernement pour contredire la Ministre en charge du dossier à la vitesse d’un cheval-vapeur au galop.

Dommage cependant doit penser Monsieur Troadec qui, dans le cadre de son jumelage avec Montcuq, aurait pu déplacer tous les dimanches, des cohortes de gros nez rouges en voitures.

Toujours est-il que pour l’heure, Monsieur Troadec doit penser qu’un jour, il pourra emprunter la rue du quai et parcourir dans un poids lourd à échappement libre, les 782,6 kilomètres qui séparent sa mairie de celle de Montcuq, tout en polluant le cœur léger. J’imagine même qu’il pourra fredonner au volant cette chanson de corps de garde que ceux qui ont fait leur service militaire il y a longtemps ont peut-être gardé en mémoire… il n’est ni rond ni Carhaix, ni pointu, il est ovale

 

dr

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 07:52

Sarko est de retour ! dans le bureau des juges d’instruction, certes, mais aussi dans la bataille pour la reconquête du pouvoir. C’est vrai que ce retour annoncé avait fait l’objet d’une intense préparation médiatique mais force est de constater que le plomb des affaires et l’actuelle « Juppémania »  contribuent à faire de ce retour un flop relatif. Ah, il ne devait pas être particulièrement heureux, l’ex Président, en voyant que Juppé faisait une prestation assez largement appréciée sur l’antenne de France 2 alors qu’à la même heure, il jouait les bateleurs sur l’estrade d’un meeting de province, près de Troyes !

Les citoyens des autres démocraties occidentales doivent quand même s’interroger sur la capacité de nombre d’adhérents de l’UMP à s’obstiner à soutenir un homme qui les entraîne vers le fond ! Imaginons que l’UMP soit une entreprise. Son ancien PDG a fait des dépenses inconsidérées et lui a fait perdre des millions d’€uros. Le dépôt de bilan a été évité de peu et la situation demeure incertaine. Les parts de marché diminuent de jour en jour au profit de l’entreprise FN dont la spécialité est de ne vendre que du vent, … mais qui continue à progresser. La comptabilité est à ce point douteuse que la Justice enquête sur des responsables qui n’ont de cesse que de fuir leurs responsabilités ! Dans n’importe quelle entreprise gérée normalement, les actionnaires remercieraient les dirigeants indélicats et il y a fort à parier que le tribunal de commerce leur signifierait même une interdiction de gestion pendant plusieurs années… Mais pas à l’UMP ! Lorsque la responsabilité de la SNCF est engagée comme à l’occasion de la catastrophe de Brétigny, son PDG Guillaume Pépie assume sa responsabilité de Président et ne s’abrite pas derrière le fait que ce n’est pas à lui de vérifier si les aiguillages sont bien boulonnés ! Monsieur Sarkozy, lui, se défend (mal) d’avoir dépassé de plus de 10 millions le maximum autorisé pour la campagne de 2012 en indiquant que ce n’est pas à lui de savoir combien coûtent les décors !... Pitoyable…

Monsieur Sarkozy sait parfaitement que la majorité des Français préfèreraient qu’il ne revienne pas dans le jeu politique. Il sait également que compte tenu de la montée du FN, il existe quelques chances qu’en 2017, le deuxième tour oppose Madame Le Pen à un candidat de droite. Il est conscient que si Alain Juppé était ce candidat, ce dernier aurait de grandes chances de l’emporter ce qui signifierait la fin de sa carrière politique et la suite de sa carrière devant la Justice. En revanche, en cas de duel Le Pen contre Sarkozy, ses chances sont très limitées mais elles existent cependant… Donc, il faut qu’il soit désigné par l’UMP comme candidat, c’est sa seule et dernière chance.

Problème : plus les primaires à droite seront ouvertes et plus la balance risque de pencher en faveur d’Alain Juppé. Il faut donc que Nicolas Sarkozy prenne la présidence de l’UMP, qu’ensuite, il crée le nouveau parti qui se substituera à l’UMP (au fait, qui règlera les dettes ???), que de nouveaux statuts soient votés, que l’organisation du parti soit verrouillée et « aux ordres », et qu’enfin, les primaires de 2016 soient plus entrebâillées qu’ouvertes, pour permettre au petit Sarko de s’y glisser alors que le grand Juppé restera coincé dans la porte. Le « coup d’Etat » va donc consister à définir la notion d’ouverture.

Tout cela promet mais il existe quand même certaines incertitudes… Pour peu que les « petits pois » de la Justice finissent leur travail en concluant à la mise en cause de l’ex Président dans les multiples affaires auxquelles il ne semble pas étranger, le coup d’Etat de Sarko pourrait devenir un coup d’éclat pour Juppé… et ça, ce serait vraiment insupportable pour l'ancien petit maire de Neuilly !

 

A suivre, donc.

 

dr

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 18:42

 

Triste 25 mai 2014 au cours duquel les opposants de toutes sortes à la construction européenne ont pour une part importante, mêlé leurs voix à la voix d’outre-tombe du FN, quand d’autres se taisaient en s’abstenant, par indifférence, par égoïsme, par lâcheté… Le résultat est là, devant nos yeux, et plus personne ne pourra dire maintenant qu’il ne savait pas.

Ne changeons pas de sujet : Les méduses prolifèrent de plus en plus dans les océans de la planète. A telle enseigne qu’elles tuent un nombre croissant de poissons sauvages et jusqu’au sein même des exploitations aquacoles qu’on croyait avoir bien  protégées. Pourtant, la méduse est réputée être composée d’eau à 98% et n’avoir qu’une ébauche de cerveau. Le scrutin du 25 mai en France illustre le danger que représente la grosse méduse blonde qui, sans la moindre ébauche de programme sérieux et crédible, a déployé ses tentacules sur l’ensemble du corps social pour instiller un venin qui pourrait conduire l’Europe à la mort.

Absence de programme pour le FN, absence de mémoire, voire de neurones pour une partie de ses électeurs à qui « la hune » souhaite bonne chance dans le futur :

Une bonne partie de la France rurale a voté FN, pour la restauration d’une politique de frontières, oubliant du même coup qu’elle a largement bénéficié d’une politique agricole commune qui a particulièrement été favorable à l’agriculture française. La politique agricole franco-française que souhaite le FN se traduirait inévitablement, soit par une augmentation des coûts pour le consommateur, soit par une augmentation des subventions à accorder aux agriculteurs et donc, par des augmentations d’impôts.  Bonne chance aux paysans !

Les seniors ont aussi largement soutenu le FN, oubliant que la Sécu et leurs caisses de retraite ne restent à flot que parce que des cotisations sont payées par des travailleurs français et étrangers. Souhaitons donc de tout cœur une bonne retraite à ces électeurs et surtout… une bonne santé !

Beaucoup d’ouvriers ont plébiscité le FN et son discours anti immigrés, pensant naïvement que ce parti pourrait refermer les frontières et redonner un emploi aux français « de souche »… chimères, illusions ! Qui peut croire un seul instant que le retour au franc peut inciter quiconque à investir dans un appareil productif français tournant le dos au reste du monde ? Quel patron de PME ou de grande entreprise pourrait décider d’embaucher avec les perspectives économiques que supposent les options du FN ? L’ex-présidente du MEDEF Laurence Parisot a elle-même qualifié de catastrophe politique les résultats du scrutin du 25 mai en France. On souhaite bonne chance à l’électorat ouvrier du FN qui, contrairement à ce qu’il pense, ne risquerait pas de faire de vieux O.S. si le programme économique de la méduse blonde était mis en œuvre.

33% des jeunes qui ont voté ont piétiné le devoir de mémoire en oubliant que la base idéologique du FN repose depuis toujours sur les valeurs pétainistes… Ils semblent ne pas avoir conscience que la paix qui règne au sein de l’Europe est largement due à la construction européenne. La paix n’est pas un état naturel des nations et c’est au contraire une maison qu’il faut sans cesse entretenir, rénover, ouvrir sur ses voisins pour accueillir et être accueilli. Bon vent aux jeunes électeurs du FN qui pourraient faire leur deuil d’Erasmus, avoir besoin de demander un passeport et d’obtenir un visa pour aller acheter des cigarettes ou de l’essence en Belgique !

Sans changer de sujet encore, Mireille Mathieu est bien malheureuse. La petite fille d’Avignon sera bientôt interdite de séjour à Béziers, ou du moins sa chanson « viens dans ma ville, viens dans ma rue » qui ne peut être considérée que comme une provocation à l’encontre du triste sire de la ville, Robert Ménard. Mireille ne pourra plus proclamer Y a des chansons et du linge aux fenêtres, Viens dans ma ville, viens dans ma rue, Ça claque au vent, comme pour un jour de fête… La méduse blonde n’a pas ce problème et peut tranquillement faire sécher ses dessous aux fenêtres de sa villa dans le parc de Montretout le bien nommé, à Saint Cloud. Seul problème, Montretout n’est qu’un honteux cache-sexe masquant la réalité profonde d’un FN dont aucune des propositions ne résiste à l’analyse, ce qui n’a pas empêché un quart des électeurs français de tomber dans le piège tendu par les partisans du national populisme…

L’hymne européen a depuis le dimanche 25 mai les tristes accents du de profundis. A tous les républicains de chanter plus fort que les fossoyeurs.

 

dr

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 10:40

Monsieur le Président,

 

Cocorico karaoké, cocorico karaoké ! Cette exclamation résume parfaitement la première impression que m’a laissée votre si judicieuse intervention à l’encontre de Madame Taubira. Tel le jeune coq dont vous avez conservé les manières depuis votre entrée au sein du poulailler politique, vous vous dressiez sur vos ergots pour réclamer une fois de plus la démission de la Ministre. Avant vous, la grosse poule blonde du FN avait fait la même chose en s’insurgeant contre le fait que la Ministre n’avait pas chanté la Marseillaise lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en France…

Il faut reconnaître que l’hymne national n’est sans doute pas une musique de nature à adoucir les mœurs politiques. Le 1er mai dernier, jetant un œil distrait sur mon téléviseur dont j’avais opportunément coupé le son, je voyais l’image d’une femme au regard allumé chanter avec un entrain digne d’un concours de l’Eurovision. J’ai d’abord cru que l’on avait ressorti des images d’archives de Marraine Lapine (car c’était elle) filmée à l’issue de la fête de la bière à Munich, mais non ! J’ai soudainement réalisé qu’elle affichait ce sourire jouisseur en chantant « le sang impur qui abreuve nos sillons » à l’occasion de la manif du FN pour célébrer Jeanne d’Arc. Remarquez, mon cher Copé, que puisque les paroles de la Marseillaise étaient destinées à des soldats Français qui s’en allaient combattre toutes les autres nations de notre continent, on ne peut guère s’étonner qu’en pleine campagne pour les élections européennes, madame Lapine enfourche tout ce qui est de nature à dresser l’esprit franchouillard contre « l’étranger ». A ce titre, La Marseillaise et ses paroles insupportables fait partie de l’arsenal classique de l’extrême droite. Paroles réellement insupportables qui, si un citoyen « normal » les proférait à l’encontre d’un voisin ou d’un collègue de travail d’origine étrangère, lui vaudraient de tomber sous le coup d’une mise en examen pour incitation à la haine raciale ! En reprochant à Christine Taubira de ne pas chanter à plein poumons l’hymne national, le FN démasque une fois de plus son idéologie national-totalitarisme. Obliger à chanter, obliger à dire, relève de ce que Roland Barthes dénonçait lorsqu’il écrivait que le fascisme véritable, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire.

Je vous fais ce crédit que le motif de votre courroux envers la Ministre de la Justice n’était pas tant le fait qu’elle n’ait pas chanté la Marseillaise que l’argument qu’elle a employé pour justifier sa réserve. « Certaines circonstances appellent davantage au recueillement [...] qu'au karaoké d'estrade »… Expression insupportable pour vous qui vous jetez tête baissée dans une polémique dont au mieux, vous ressortez ridicule et au pire, vous fait apparaître comme suspect de racisme. Il faut vraiment que vous soyez aux abois pour saisir les plus mauvaises occasions qui se présentent pour essayer d’exister médiatiquement et politiquement. Je sens bien que plusieurs choses vous tracassent en ce moment :

En premier lieu, et en dépit de vos bons résultats aux municipales, l’UMP est talonnée par le FN qui prétend au leadership de la droite en France. Tout se passe alors comme si, pour éviter de vous faire dépasser par ce concurrent, vous lui colliez aux basques en toutes circonstances et sur n’importe quel sujet. L’affaire du karaoké en est une illustration mais ce n’est pas la seule. Permettez-moi, mon cher Jean-François de vous faire observer que marquer ainsi Marraine Lapine à la culotte, cela ne sent pas bon. Politiquement, j’entends évidemment. Tant que l’UMP aura à cœur de rester un parti républicain et un parti de gouvernement, vous serez toujours perdant sur le terrain de la démagogie et du populisme, face à un FN qui ne reculera jamais devant les coups les plus ignobles. La même remarque pourrait s’adresser au Front de Gauche qui a largement perdu ses combats électoraux face à l’extrême droite dans le Nord de la France.

En second lieu, j’imagine que sur un plan interne à votre parti, vous ne recueillez pas d’avis unanimement favorables tant sur l’action que vous menez qu’en ce qui concerne votre propre avenir. En d’autres termes, vos ambitions sont largement supérieures au capital de sympathie dont vous bénéficiez en interne comme en dehors de l’UMP. Alors, il vous faut exister coûte que coûte, en saisissant le premier micro à votre portée pour parler de tout et n’importe quoi, et même s’il le faut, du premier karaoké venu ! Tout cela n’est pas bien sérieux et au risque de vous décevoir, vos talents de comédien ne sont pas à la hauteur de vos ambitions. Vous sur-jouez péniblement dans le rôle du patriote offusqué mais personne n’y croit. Vous n’y êtes pas plus crédible que dans l’habit de victime que vous aviez endossé dans la très sombre affaire Bygmalion, affaire dans laquelle et avec votre aval, votre parti a versé 20 millions d’euros à une agence de communication tenue par vos proches et dont une grande partie des prestations ne sembleraient avoir existé que sur le papier.

Votre avenir de comédien me semble tout à fait bouché et les festivaliers de Cannes ne risquent pas de vous donner la moindre palme. En revanche, ce que vous craignez peut-être, c’est que dans les mois à venir, un nouveau film dont vous seriez totalement absent ne surgisse sur nos écrans. Le scénario est en cours d’écriture et son titre pourrait même être « l’année de la Juppé » !

 

A vous lire,

 

Pour « la hune »

Dominique Rossignol

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 10:39

 

Jean François Copé a donc pris la couverture du « Point » dans la figure ! Le magazine qui pourtant penche un peu à droite, le met en cause pour avoir accepté que des prestations de communication pour l’UMP soient surfacturées au profit d’une agence dirigée par des proches…  Comme tout citoyen, il a droit à la présomption d’innocence et il est normal qu’il organise sa défense. Mais au fait, quelle défense ? Jean François Copé s’est lui-même totalement décrédibilisé lors de son « importante déclaration » du lundi 3 mars à propos de cette affaire.

En premier lieu, le président de l’UMP n’a pas répondu sur le fond aux accusations dont il est l’objet. En se donnant une posture de victime de l’acharnement des médias à son encontre, il a voulu contourner le problème qu’il avait à affronter, éviter tout débat sur le fond, espérant du même coup déclencher un mouvement de sympathie des militants et cadres de l’UMP à son égard. Mauvaise pioche, aucun des responsables du parti ne vole à son secours et il se retrouve un peu plus isolé que la veille.

En second lieu, se défendre en affirmant qu’il dévoilera la comptabilité de l’UMP… à condition que les autres partis le fassent également est tristement pathétique ! Si dans le cadre de ma fonction professionnelle je suis soupçonné d’une quelconque malversation et que je détiens la preuve que ces soupçons sont infondés, vais-je attendre avant de dévoiler ces preuves qui m’innocentent ? Vais-je poser comme condition préalable que mes collègues qui ne sont pas impliqués dans mes affaires apportent eux aussi la preuve qu’aucun d’entre eux n’a commis de malversation ?  Le souci de transparence est louable mais il tombe ici vraiment en porte à faux. Entendre le président de l’UMP promettre de mettre sa comptabilité à nu frise même singulièrement l’indécence, venant de la part du pourfendeur du livre « Tous à poils » ! En termes de communication, la défense de Jean-François Copé constitue tout simplement un énorme raté, poil au nez.

 

Décidément, les poils ont envahi l’actualité de ces derniers jours puisque les médias nous ont appris que Nicolas Sarkozy était allé à Berlin la semaine dernière, qu’il avait même été reçu à sa demande par Angela Merkel, avant de faire une de ses conférences dont il a le secret (le secret résidant dans la rémunération qu’il reçoit pour l’exercice, bien entendu). Surtout, nous avons appris que le petit Nicolas arborait pour l’occasion une barbe de 2 jours ! Quel scoop ! Plus sérieusement, la presse qui fait honneur à son métier et à sa mission en investiguant, analysant et commentant l’actualité, redevient exécrable lorsqu’elle se prête au spectacle politique, en se contentant de manœuvrer les boutons de la sono ou des lumières. La complaisance avec laquelle elle nous parle des silences, des soupirs, des petits pas et du poil au menton de Nicolas Sarkozy devient insupportable. Cette presse qui se prête à la mise en scène d’un éventuel retour de l’ex Président se garde bien d’une analyse de fond de la question. Or, l’éventuel retour du mari de la chanteuse ne va pas de soi. L’antipathie que suscite toujours le personnage est loin de s’être atténuée avec le temps (Sarko n’a rien de Chirac dans ce registre). Par ailleurs, la droite qui est majoritaire dans l’opinion est traversée par une ligne de fracture de plus en plus visible entre modérés et centre d’une part, extrême droite et UMP « durs » d’autre part. Ces deux courants ne sont pas en l’état réconciliables et  Nicolas Sarkozy ne semble pas crédible dans une posture d’homme de la synthèse. Mais une partie de la presse, et notamment la télévision, se garde bien de la moindre analyse sur le sujet, préférant nous endormir en commentant la poussée de la barbe de l’ex président, poil aux dents !

 

Tous à poils, donc et pendant que tu y es, Montretout ! Montretout est en effet le manoir bâti sur la commune de Saint Cloud et transmis à la famille Le Pen dans des conditions qui elles, n’ont rien de transparent. La fortune de la famille Le Pen ce serait plutôt « je cache tout » et là encore, entendre la présidente du FN donner des leçons de moralité publique a de quoi laisser sans voix. Le beurre et l’argent du beurre, on connaît dans la famille. On peut même dire que c’est un commerce ultra rentable puisque outre l’affaire de « l’héritage » du manoir de Montretout, le Pen père fait l’objet d’une enquête de la brigade financière qui aimerait bien comprendre comment le patrimoine du crémier de Saint Cloud a pu augmenter de façon aussi considérable avec ses seuls revenus déclarés de député européen. Ce qui s’ajoute à deux autres enquêtes ouverte à Paris sur les deux micropartis de Marine et de son père…De quoi mettre nos deux petits commerçants de fort mauvais poil !

 

dr

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 10:29

 

Baden Powell, l’inventeur du scoutisme moderne ( !) pratiquait assez fréquemment l’école buissonnière, si l’on en croit Wikipédia. Déserter l’école pour s’offrir un espace de liberté, qui aurait pu lui jeter la pierre ? On ne jettera pas non plus de petits cailloux sur un Président qui a fait l’Elysée buissonnier, cela ne nous regarde pas, selon une formule consacrée. Cela étant, la devise « scout, toujours prêt » chère au vieux Baden a été quelque peu détournée ces derniers temps…

 

Scoot toujours prêt !...   Le scooter était prêt, le casque aussi et le Président normal s’est offert une petite virée dans Paris, accompagné discrètement par un service de sécurité allégé. Quelques ténors politiques comme Copé ou Mélenronchon ont bien essayé de surfer sur une vague qu’il pensait porteuse en raison de la cote désastreuse de François Hollande dans l’opinion mais manque de chance pour eux, ladite opinion estime très majoritairement que tout cela est de l’ordre de la vie privée, et qu’il est donc malséant d’en faire des choux gras…

Cela étant, cet incident de scooter n’en appelle pas moins quelques observations : Certes, le responsable politique a le droit d’avoir une vie privée qui doit être respectée par tous, à commencer par les médias. Cependant, le marketing politique qui s’est développé depuis 30 ans et qui ne cesse de s’appuyer sur la fabrication d’images artificielles de responsables, de mises en scènes des évènements, de création de rôles étiquetés bons ou méchants, bref, de superficialité, ce marketing impose à ceux qui se jettent dans la lumière des projecteurs médiatiques de protéger leur part d’ombre avec les moyens appropriés. Le Président a droit à sa vie privée mais parce qu’il est Président et qu’il est en pleine lumière, il a l’obligation de résultat et non de moyens de protéger cette vie privée. A lui de se débrouiller pour y parvenir ; Si ce n’est le cas, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Un Président est un homme comme un autre, peut-être, mais il porte deux images dès qu’il apparaît en public : la sienne et celle de sa fonction. Le public-lecteur-citoyen-électeur ne va pas opérer un tri des images qu’il reçoit. Si d’aventures, l’été prochain, François Hollande envisageait de se rendre incognito  sur une plage naturiste à Montalivet ou Pen Bron, personne ne s’en offusquera du moment qu’il trouve le déguisement qui convient. A ce titre, « la hune » lui déconseille de porter son casque de scooter qui risque de le rendre un peu trop identifiable !

Plus sérieusement, dans un monde politique et médiatique où le désintéressement n’est pas la première vertu, la protection de la vie privée nécessite la mise en œuvre des moyens proportionnés au risque encouru. Encore plus sérieusement, que cela serve de leçon à tout ce personnel politique qui parfois, et par pure démagogie, exhibe complaisamment ce qui devrait demeurer dans l’intimité familiale. On ne peut pas jouer sur tous les tableaux et on a dans ces colonnes suffisamment fustigé l’exhibitionnisme Sarkozien pour n’avoir aucune compassion pour un Président qui n’a pas su être assez discret.

 

Scoop toujours prêt : Water « Closer » est un journal de cabinet, pour demeurer dans les limites d’une correction que ce torchon ne mérite pas. Qui plus est, comme toute la presse écrite, il reçoit des subventions de la part de l’Etat (400 000 €uros environ). Bien entendu, cela me fait mal au portefeuille de penser qu’une partie de mes impôts va aller dans l’escarcelle de cette publication pour matière grise nécessiteuse mais la démocratie a ses propres inconvénients, parfois. La démocratie exige qu’une presse libre puisse exister et il est normal que les pouvoirs publics y apportent une contribution. Par ailleurs, le montant des subventions accordées ne doit évidemment pas dépendre du contenu du journal sinon, on entre dans un système de censure. Conclusion, Water Closer a le droit de vivre, de recevoir des subventions et d’avoir des lecteurs intellectuellement indigents. Cela étant, qu’a donc été faire le reste de la presse dans cette galère nauséabonde ? Seul, le journal « La Croix » s’est refusé à évoquer l’affaire dans ses colonnes et il faut lui reconnaître qu’il a été l’honneur de la presse durant cette période. Les autres auraient pu tout aussi bien avoir la même éthique, celle qui avait prévalu en des circonstances similaires touchant la vie privée d’hommes publics. Mais non, à l’exception de « la Croix », la presse écrite, parlée et télévisée a rompu une digue de plus en sacrifiant au scoop pour certains, ou en emboitant le pas des autres médias, soit pour vendre du papier, soit pour ne pas apparaître en décalage avec l’air du temps, fut-il irrespirable. Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’un fait de la vie privée du Président revêt un caractère politique dès qu’il devient public ; l’excuse est trop facile et surtout, elle permet de s’affranchir de l’éthique dès lors qu’un « confrère » comme Walter Closer a commencé à rendre ledit fait public. Dans cette affaire, la majorité de la presse a fait preuve d’un suivisme qui n’est pas à son honneur. Un organe de presse digne de ce nom doit, de temps à autre, être capable de renoncer au scoop, de réaffirmer ses choix éthiques sans hésiter à égratigner les moutons noirs de la profession.

 

A l’heure où une enquête IPSOS vient de révéler les « nouvelles fractures de la France », et notamment, le manque criant de confiance des citoyens vis à vis du personnel politique et de la presse, il y a urgence pour ceux qui ont pour mission de diriger le pays et d’éclairer l’opinion de retrouver une véritable éthique.

 

dr

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 15:23

 

 

A ma droite, Monsieur Serge Dassault, sénateur maire de Créteil ; à ma gauche, un Sénat à majorité plurielle de gauche.

A ma droite, l’industriel constructeur des « rafales » ; à ma gauche, des sénateurs dont certains paraissent particulièrement sensibles à la direction du vent.

A ma droite, un notable que la Justice voudrait pouvoir entendre en raison des soupçons d’achat de votes qui pèsent sur lui ; à ma gauche, une Commission sénatoriale qui refuse cette possibilité aux juges.

A l’issue du combat, le Sénat perd sa crédibilité et une partie de sa légitimité par K.O.

 

Que penser de ce lamentable épisode de la vie parlementaire ?

 

En premier lieu, puisqu’il semble que ce soit plutôt un ou des sénateur de gauche qui aient voté avec ceux de droite contre la levée de l’immunité parlementaire protégeant Serge Dassault, disons tout net qu’il(s) ne mérite aucune considération, d’autant plus que jusqu’à présent, il(s) s’abrite sous le secret du vote pour ne pas révéler son identité. Bravo le(s) courageux ! Cela reste secondaire cependant car que l’on soit de droite ou de gauche, la question n’était pas politique mais uniquement de permettre à la Justice de poursuivre des investigations nécessaires dans une démocratie normale. Tous les Sénateurs auraient donc du lever cette immunité. Bravo les démocrates !

 

En second lieu, en le protégeant ainsi, le Sénat fait peser sur Serge Dassault une présomption de culpabilité : si la Justice avait pu faire normalement son travail, Monsieur Dassault qui se prétend innocent aurait pu en établir la preuve. En le protégeant sous un statut qui n’a rien à voir avec le délit qui peut lui être reproché, le Sénat accrédite la thèse d’une culpabilité probable de l’intéressé. Comme au tennis, on va s’apercevoir que le retour de service peut être plus dévastateur que le service lui-même. Bien joué !

 

Tout ceci est d’autant plus lamentable que le Sénat est une institution indispensable dans une démocratie comme la nôtre, pour assurer la continuité de l’Etat en cas de crise majeure, pour s’opposer aux tentations autoritaires, pour freiner l’arbitraire de l’exécutif, pour tempérer les ardeurs démagogiques ou populistes de certains. En raison du respect qu’il faut avoir pour une institution de ce type, on doit être particulièrement sévère lorsque l’institution commet ce qu’il faut bien appeler une faute d’Etat au regard de sa mission.

 

Mais le talon d’Achille du Sénat français, c’est sa culture profonde du maintien de ses avantages acquis, du parlementaire à la lingère. Tout le personnel de l’institution dispose d’avantages exorbitants : le salaire moyen net mensuel d’un chauffeur de sénateur est de 5 000 €uros, plus qu’un professeur d’université ou un médecin de campagne dont la disponibilité et l’utilité au regard de l’intérêt général ne sont pas comparables. Le Sénat est majoritairement contre l’interdiction du cumul des mandats. Il se protège des réformes, veut maintenir les avantages de tous ceux qui concourent à la marche de l’institution. La culture du marchandage permanent, des petits arrangements entre amis est partie intégrante des « valeurs ». Le mode d’élection des sénateurs, désignés par de grands électeurs titulaires eux-mêmes d’un mandat électif de conseil municipal ou général n’est pas étranger à cette culture des compromis et arrangements qui font souvent fi des clivages purement partisans. Comment s’étonner alors que la protection d’un sénateur soit pour certains parlementaires, plus importante que le fonctionnement normal de la Justice ? Protéger l’un d’entre nous, c’est nous protéger tous, doit-on penser sur certains bancs de la Haute Assemblée, sans compter qu’on ne peut exclure que toutes ces manœuvres de bas-étage masquent un éventuel renvoi d’ascenseur …

 

 

Cet épisode témoigne en tout cas de la nécessité de repenser notre fonctionnement institutionnel. La Vème République est née sur les cendres des précédentes, dans le contexte tourmenté de la guerre froide et du conflit Algérien. Il serait sage qu’une réflexion s’engage, au sein de toutes les formations politiques démocratiques et républicaines, sur ce que pourraient être de nouvelles institutions. C’est une nécessité politique mais devient aussi, après cette faute du Sénat, une exigence morale.

 

 

dr

 

 

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La Hune, pourquoi ?

La hune, sur les anciens navires, c’était la petite plate-forme située en haut du mât sur laquelle on envoyait un matelot pour surveiller la mer, les autres bateaux, voir s’il y avait des récifs… aujourd’hui, alors que les nuages de la crise économique ne cessent d’inquiéter, alors que celui qui a été élu capitaine du vaisseau « France » et ses courtisans semblent plus doués pour faire du vent plutôt que de s’occuper à rendre un peu moins pénibles les conditions dans lesquelles rame un équipage qui pourtant, avait souhaité atteindre de nouveaux horizons… disposer d’une modeste hune supplémentaire ne saurait faire de mal ; c’est la petite finalité d’un ènième blog comme celui-ci.

 

La hune, c’est aussi la « une » des journaux écrits, radios et télévisions, avec un « h » en plus… un h, parfois peut être aussi une hache, non pour pourfendre les journalistes qui dans leur ensemble font leur travail avec beaucoup de conscience, mais de temps en temps, pour rappeler que la médiatisation outrancière de l’information, sa mise en scène à grands coups de paillettes au mépris de règles élémentaires de ce qui doit être prioritaire, doivent être dénoncées comme la vigie le faisait du haut de la hune pour indiquer un danger.

 

Enfin, dans la pénombre dans laquelle nous tentons de nous diriger, on peut caresser le rêve que grâce à tous ceux qui apporteront leur contribution, la hune sera là de temps en temps pour donner un peu plus de clarté « hunaire » au milieu de la nuit dans laquelle voudraient nous laisser dormir des femmes et des hommes politiques de tous bords…

 

A vos plumes, mille sabords !

Bonnes Feuilles ...

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